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Amygdalectomie chez l'enfant
- 22 Mar 2007
- Auteur : Françoise BOUZITAT
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Indications et risques
L’amygdalectomie reste une intervention fréquemment réalisée, même si ses indications ont été définies de façon plus restrictive par rapport à celles retenues au début du XXème siècle.
A ce sujet, l’AFSSAP a récemment fait une mise au point. Les indications validées actuellement sont l’amygdalite aiguë récidivante, la tuméfaction unilatérale d’une amygdale, suspecte de malignité (dans ce cas l’intervention s’impose) et le syndrome d’apnée obstructive avec hypertrophie adenoïdo-amygdalienne. C’est ainsi que les otites moyennes aiguës, les otites moyennes récidivantes, les otites séro muqueuses ne sont plus redevables d’une amygdalectomie. Pour fréquente et banale qu’elle soit, cette intervention n’est pas dénuée de risques, le plus souvent mineurs, mais bien réels : troubles de la déglutition, vomissements, fièvre, douleurs et saignements de sang noir banal (sang dégluti pendant l’intervention) ou de sang rouge, témoignant d’un saignement actif (chute d’escarres) qui doit faire consulter rapidement. Cette dernière complication mérite d’être développée. Elle implique que les parents en soient informés et qu’ils sachent exactement ce qu’ils doivent faire si elle survient. Elle implique également que les médecins généralistes la connaissent et s’abstiennent de prescrire des médicaments facilitant et/ou aggravant.
En pratique
Ainsi, une petite fille, âgée de 11 ans est opérée sur une indication validée de ses amygdales. La mère reçoit les informations nécessaires de façon orale et écrite (formulaire signé par la maman) avec un numéro de téléphone inscrit sur les consignes données à la sortie de la clinique. L’intervention se déroule sans problème, l’hémostase est réalisée à la coagulation bipolaire. En post opératoire elle saigne un peu et par précaution la sortie est reportée au lendemain matin. L’enfant de retour chez elle se plaint de douleurs, ce qui est habituel après ce type d’intervention, mais continue, d’après la mère, à saigner. C’est ainsi qu’à une date inconnue mais avant J6, la mère consulte son médecin traitant qui prescrit du Nifluril. Loin de s’amender, les saignements vont s’aggraver, et l’enfant sera hospitalisée au 6ème jour post-opératoire dans un centre hospitalier. Le bilan à l’entrée montre l’existence d’un saignement de moyenne abondance, avec présence d’un gros caillot dans la loge amygdalienne. Après aspiration et bains de bouche, le saignement est actif, de type veineux. La numération formule sanguine faite immédiatement et comparée à la NFS préopératoire montre une déglobulisation modérée, ne justifiant pas de transfusion. La ré intervention est alors immédiatement réalisée : électrocoagulation simple et suites simples.
La famille, malgré les informations données, les coordonnées téléphoniques transmises lors de la sortie de l’enfant (et non utilisées…), va assigner le chirurgien ORL, n’hésitant pas à écrire dans le texte de l’assignation que leur enfant a été transfusée du fait de l’abondance des saignements post opératoires et qu’elle n’était pas informée des risques de l’intervention. L’expertise va fort heureusement rétablir la réalité des faits et aucune faute ne sera retenue à l’encontre du chirurgien, tant en ce qui concerne l’acte opératoire que l’information.
Au plan médical, il s’agit donc d’une chute d’escarre, responsable d’un saignement retardé par rapport à la chirurgie d’exérèse. Si les douleurs post opératoires sont connues, la chute d’escarre l’est moins, notamment en médecine générale, et il semble bien que le médecin généraliste ici consulté, n’ait pas envisagé cette hypothèse, sinon on comprend mal pourquoi il aurait prescrit un AINS à cette enfant, molécule dont on connaît le rôle délétère sur l’hémostase primaire. Il est donc prudent de ne pas administrer ce type de thérapeutique dans les suites rapprochées d’une amygdalectomie chez l’enfant, même si le motif de la consultation concerne des douleurs banales après ce type de chirurgie.
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