Introduction à l'article sur les doulas
Le terme « doula », féminin de « doulo » qui signifie en grec ancien esclave, que certains préfèrent traduire par servante, est apparu pour la première fois il y a une trentaine d’années aux Etats-Unis. En 1980, des pédiatres américains [1,2] menant une étude randomisée chez des primipares guatémaltèques montrent l’importance d’une présence et d’un soutien continus d’une femme envers une autre pendant le travail, ce qui est confirmé par plusieurs autres études au cours des années suivantes [3]. Les auteurs notent dans l’ensemble, lorsque les femmes sont accompagnées au cours de l’accouchement, une diminution de la durée du travail, du recours à une perfusion d’ocytocine, de médications contre la douleur, d’extractions instrumentales, d’accouchements par césarienne, ainsi qu’une diminution des transferts de l’enfant en unité de soins intensifs. En outre, on aurait noté une réduction du nombre de dépressions du post-partum.
En 1992, l’association Doulas Of North America « DONA » est fondée sur ce principe aux Etats-Unis, organisation rebaptisée « DONA International » [4] en raison de la progression du nombre des membres et de leur origine. On y distingue, à la différence de la France, les « birth doulas » qui accompagnent le couple avant et pendant la naissance et les « post partum doulas ». « DONA international » est à l’origine d’autres associations aux Etats-Unis, au Canada, puis dans d’autres pays, dont des pays européens : Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Finlande, Danemark, Suède. En Europe, on comptabiliserait un peu plus de mille doulas en exercice et près de mille en apprentissage.
En France, l’association la plus ancienne qui porte le titre « d’accompagnantes à la naissance » (ALNA) [5] a été créée à Lyon. Les doulas sont regroupées au sein de plusieurs associations [7,8,12,13], la plus importante étant celle des Doulas de France [6]. Cependant, un certain nombre exerce à titre personnel. Leur mode de travail est similaire. Toutes, qu’elles aient un « code de déontologie » ou une « charte », s’engagent à accompagner les femmes enceintes sans empiéter sur le domaine médical, et à respecter le secret professionnel.
Références:
1-SOSA R., KENNELL J., KLAUS M., ROBERTSON S., URRUTIA J. The effect of a supportive companion on perinatal problems, lenght of labor, and mother-infant interaction. N. Engl. J. Med. 1980, 303, 597-600.
2-KLAUS M.H., KENNELL J.H., ROBERTSON S.S., SOSA R. Effects of social support during parturition on maternal and infant morbidity. B.M.J. 1986, 293, 585-587.
3-KENNELL J., KLAUS M., McGRATH S., ROBERTSON S., HINKLEY C. Continuous emotional support during labor in a US hospital. JAMA, 1991, 265, 2197-2201.
4-Association DONA international. www.dona.org
5-Association des Accompagnantes à la naissance (ALNA). www.alna.fr
6-Association Doulas de France. www.doulas.info
7-Association des Accompagnantes périnatales (A.Strada). www.astrada.fr
8-Ecole Mère et Monde. www.mereetmonde.com
12-Paramanadoula. www.paramanadoula.com
13-Nurturing birth. www.nurturingbirth.co.uk/
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