Les doulas
Les doulas sont des femmes qui proposent aux futurs parents un accompagnement non médical, du début de la grossesse au post-partum, en complément du suivi médical normal, pour répondre aux questions et aux angoisses maternelles et paternelles. Leur connaissance est essentiellement empirique, fondée le plus souvent sur une expérience personnelle de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement, alliée à une formation théorique onéreuse et une formation pratique très limitée.
Le terme « doula », féminin de « doulo » qui signifie en grec ancien esclave, que certains préfèrent traduire par servante, est apparu pour la première fois il y a une trentaine d’années aux Etats-Unis.
Les organismes de formation sont nombreux et les programmes variés.Ils comportent habituellement une partie théorique et une partie pratique.
Les doulas revendiquent la création d’un statut spécifique d’aide à la personne, hors cadre médical ou para médical, hors bénévolat, avec une formation et une pratique reconnues par le ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité, tout en gardant contact avec le ministère de la santé et en recevant une formation très médicale, d’où une véritable ambiguïté.
L’apparition des doulas correspond à la conjonction de plusieurs facteurs concernant le comportement de l’individu, l’évolution de la société, l’exercice de la gynécologie obstétrique.
Elle est encore marginale. Le nombre de doulas en France est difficile à préciser. Une cinquantaine serait en exercice et plus d’une centaine en formation. Selon l’association « Doulas de France », 138 naissances ont été accompagnées en 2006, parmi lesquelles 34% ont eu lieu à domicile.
A priori, les doulas sembleraient pouvoir combler un vide, sans que l’Etat ait à débourser de l’argent, du moins tant qu’elles n’ont pas de statut. Cependant, les réserves sont nombreuses.
Les doulas n’ont aucun statut juridique. La « charte » de l’association des « Doulas de France » et « le code de déontologie » de l’association ALNA n’offrent aucune garantie. Elles peuvent, semble-t-il, s’exposer à l’accusation d’exercice illégal de la médecine.
Si certaines sages-femmes libérales considèrent favorablement l’accompagnement par des doulas, accompagnement qu’elles estiment ne plus être en mesure d’assumer elles-mêmes en raison de leur surcharge de travail, et que d’autres, très minoritaires, n’hésitent pas à collaborer à leur formation, l’Ordre national des Sages-femmes, alerté à maintes reprises par les Conseils départementaux constatant que le phénomène « doula » prend de plus en plus d’ampleur.
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