- Accueil
- Vous Informer
- Archives
- Les réserves concernant les doulas
Les réserves concernant les doulas
- 27 Jul 2009
- Auteur : Professeur Roger HENRION, membre de l'Académie nationale de médecine.
- Vous Informer
- Archives
A priori, les doulas sembleraient pouvoir combler un vide, sans que l’Etat ait à débourser de l’argent, du moins tant qu’elles n’ont pas de statut. Cependant, les réserves sont nombreuses.
Les doulas disent vouloir informer leurs clientes sans influencer leur choix et rester parfaitement neutres, ce qui est impossible tant est ténue la frontière entre l’ingérence et la non ingérence. En effet, elles participent à l’élaboration du projet de naissance et, ce faisant, privilégient l’accouchement dit physiologique, ce qui est normal, à condition qu’en soient bien précisées les limites. On peut en prendre conscience en consultant le tableau intitulé « choix pour la naissance » sur le site Internet des « Doulas de France » où figurent côte à côte les diverses options de « la voie médicale » et de « la voie physiologique ». Si certains désirs relèvent à l’évidence du choix de la patiente, par exemple le recours à une analgésie péridurale, d’autres, potentiellement dangereux, doivent demeurer de la responsabilité de l’obstétricien. On peut citer : la présence de plusieurs personnes dans la salle de naissance d’où risque infectieux, la liberté de manger pendant le déroulement du travail d’où risque, si une anesthésie ultérieure est nécessaire, d’une régurgitation et d’un syndrome de Mendelson, l’autorisation d’une durée expulsive supérieure à deux heures et le refus d’extraction instrumentale d’où risque de souffrance fœtale grave, l’absence de désobstruction du nouveau-né d’où risque d’encombrement, la durée de la délivrance pouvant aller jusqu'à une heure d’où risque d’hémorragie. Il ne s’agit alors plus seulement de prendre en compte les désirs de la patiente, mais d’accepter ou de refuser l’éventualité d’un désastre néonatal. N’y a-t-il pas contradiction entre la nécessité pour le médecin et la sage-femme d’appliquer toutes les données de la science sous peine de procès, de sanctions et d’indemnisations en cas de complications et, à l’opposé, de respecter les souhaits des patientes, fussent-ils dangereux ?
Dans d’autres circonstances, les doulas peuvent sortir de leur cadre strict d’accompagnantes, interférant sur la décision des femmes, parfois en toute bonne foi, en interprétant mal certains signes cliniques, faisant ainsi différer une hospitalisation nécessaire.
Un autre risque est l’emprise que peuvent avoir des doulas, éventuellement initiées à des méthodes psychologiques, sur des jeunes femmes fragiles et vulnérables, dans cette période si particulière et si émotionnelle de la grossesse et de l’accouchement. Il arrive que des jeunes femmes recherchent l’assentiment de leur doula avant d’accepter une intervention indispensable. De même, on peut s’interroger sur leur rôle vis-à-vis du père et de son implication pendant ce moment unique que représente la naissance de l’enfant.
Une autre préoccupation est de voir réapparaître les accouchements à domicile dont on pensait qu’ils appartenaient définitivement au passé, et le retour à des pratiques de « matrones » (terme désignant des accoucheuses exerçant illégalement), qui ont mis de longues années à disparaître en France et que l’on s’efforce de faire disparaître en Afrique.
En résumé, les doulas ne sont ni des auxiliaires de vie, car elles n’aident pas les femmes enceintes dans leurs besoins quotidiens, ni des sages-femmes, ni des psychologues, dont elles n’ont pas la compétence. Elles se font honorer, sans aucun contrôle, ni responsabilité légale, ni aucune assurance professionnelle, alors même qu’une profession existe, celle de sage-femme, pour remplir le rôle qu’elles prétendent assumer.
Restez informé !
Nous contacter
-
Par téléphone au
32 33*
ou au 01 71 14 32 33 -
Votre conseiller
vous rappelleLa MACSF vous rappelle tous les jours de la semaine, de 9h00 à 18h00
