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La majoration des charges de copropriété
- 14 Sep 2009
- Auteur : Nicolas WOZNJAK, Juriste
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Sommaire
- Que dit la loi ?
- La modification est-elle possible dans toutes les situations ?
- Qu'appelle-t-on un changement de l'usage d'une partie privative?
- La modification de la répartition des charges concerne-t-elle toutes les charges ?
- Quelles sont ces charges exactement ?
- En quoi consiste cette modification de la répartition des charges ?
- Existe-t-il une majoration maximale ?
- A partir de quand s'applique la majoration ?
- Combien de temps s'applique cette majoration ?
Que dit la loi ?
L'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété dispose, qu'à la majorité des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée générale peut voter une résolution modifiant la répartition des charges lorsque cette modification est rendue nécessaire par un changement de l'usage d'une ou plusieurs parties privatives.
La modification est-elle possible dans toutes les situations ?
Le règlement de copropriété permet l'exercice d'une activité libérale dans l'immeuble.
La modification de la répartition des charges est-elle malgré tout possible?
La réponse est affirmative.
La modification de la répartition des charges est possible dès qu'il y a eu un changement de l'usage d'une ou plusieurs parties privatives. La modification est donc possible dès qu'un local d'habitation est utilisé à des fins professionnelles que l'utilisation concerne l'intégralité ou une partie seulement des locaux.
Qu'appelle-t-on un changement de l'usage d'une partie privative?
Depuis une décision de la Cour de cassation en date du 20 juin 2001, le changement d'usage se juge par rapport à l'affectation prévue dans le règlement de copropriété.
Ainsi, si le règlement de copropriété stipule que votre lot est à usage d'habitation, si vous y installez votre cabinet, pour les magistrats il y aura changement d'usage.
Même si depuis la création de la copropriété vous exercez dans l'immeuble, même si le règlement de copropriété permet l'exercice d'une activité libérale, pour la Cour de cassation, dès l'instant où l'usage qui est fait des lieux est différent de celui prévu par le règlement de copropriété, il y a changement d'usage qui peut permettre une modification de la répartition des charges.
La modification de la répartition des charges concerne-t-elle toutes les charges ?
La réponse est négative.
Seules les charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun, appelées également charges spéciales, sont concernées.
Quelles sont ces charges exactement ?
Les charges qui peuvent être modifiées sont l'entretien et le nettoyage de l'ascenseur, le nettoyage de l'escalier (s'agissant de l'entretien de l'escalier [comme une réparation ou une réfection], la question est discutée car il est considéré d'une manière générale que l'escalier fait partie du gros oeuvre et sur ce point la jurisprudence n'est pas fixée), l'éclairage de l'escalier ou du hall de l'immeuble (surtout s'il existe un compteur séparé pour ces endroits), l'eau chaude et froide s'il n'existe pas de compteurs individuels.
En quoi consiste cette modification de la répartition des charges ?
Généralement il est appliqué un coefficient de majoration aux charges concernées pour des raisons de simplicité.
Existe-t-il une majoration maximale ?
La loi n'a aucunement précisé dans quelle limite les charges pouvaient être majorées. Les tribunaux statuent au cas par cas. Dans l'affaire ayant abouti à la décision du 20 juin 2001, les charges étaient presque multipliées par 5 pour le professionnel et copropriétaire concerné.
Dans la mesure où bien souvent il est difficile de pouvoir s'opposer à cette majoration (car autorisée par la loi), lorsqu'une résolution prévoyant une majoration de charges est inscrite à l'ordre du jour, il est important d'essayer de négocier avec le syndic, les membres du conseil syndical, les autres copropriétaires pour avoir le coefficient multiplicateur le plus faible possible.
La nouvelle répartition est donc fixée par l'assemblée générale sous contrôle éventuel du Tribunal. Elle ne peut en aucun cas être fixée à l'avance et déterminée forfaitairement par le règlement de copropriété. Toute clause en ce sens serait illicite. S'il y a plusieurs professionnels dans l'immeuble, ils ont intérêt à se regrouper pour voter contre cette résolution afin que cette résolution n'obtienne pas la majorité nécessaire (majorité de l'article 25 : majorité de tous les copropriétaires).
A partir de quand s'applique la majoration ?
La majoration s'applique à partir du moment où l'assemblée générale qui l'a votée est devenue définitive.
S'il y avait des absents à l'assemblée ou des opposants à la résolution, la majoration s'applique dès que le délai de deux mois pour saisir le Tribunal pour contester l'assemblée est expiré.
S'il y a une contestation, la majoration s'applique à compter de la décision de justice définitive qui valide cette majoration.
Si le Tribunal annule la décision, bien évidemment la majoration ne s'applique pas.
Combien de temps s'applique cette majoration ?
Tout dépend de la résolution votée et surtout de la manière dont elle a été libellée.
Une résolution peut disposer que la majoration s'appliquera tant qu'il y aura un changement d'usage du lot. Dans cette éventualité, dès que les lots retrouvent l'usage d'origine, il ne devrait plus y avoir de majoration applicable. Toutefois la Cour de cassation n'a pas statué sur ce point à ce jour. Il est donc important, avant que la résolution ne soit votée, de négocier avec le syndicat des copropriétaires pour avoir une résolution le stipulant précisément et surtout pour avoir une résolution rédigée correctement pour qu'il n'y ait pas de difficulté quant à son interprétation. Si la résolution est floue, la majoration s'applique tant qu'une autre assemblée générale n'a pas statué pour dire que la majoration ne devait plus s'appliquer ou en cas de désaccord avec l'assemblée générale (si cette dernière par exemple ne veut pas supprimer la majoration alors que le lot a retrouvé un usage d'habitation) tant qu'une décision judiciaire définitive disant qu'il ne doit plus y avoir de majoration n'a pas été rendue.
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... et dans un programme neuf, pour lequel il n'y a pas encore de règlement de copropriété? Comment s'assurer que les charges ne seront pas (trop) majorées avant de signer un compromis? Le promoteur m'assure que ca ne posera pas de pb, mais après tout, qu'en sait-il? Quelqu'un connait-il la marche à suivre pour : -être sur qu'une profession de santé pourra s'installer, même en étage (on me propose un lot au 4ème...) - que les charges ne seront pas trop élevées... Merci d'avance pour vos réponses...
Bonjour,
Un promoteur ne peut vous faire aucune promesse de non majoration des charges ou plutôt il ne faut pas croire une promesse de promoteur que les charges ne seront pas majorées.
La loi est claire: si un lot d'habitation est utilisé à des fins professionnelles, les charges pourront être majorées (et même si le lot a été utilisé professionnellement dès la création de la copropriété a ajouté la cour de cassation dans l'arrêt de 2001 précité).
Un promoteur ne peut prendre aucun engagement à ce niveau puis que la décision de majoration relève du pouvoir souverain de l'assemblée générale (donc même si le règlement de copropriété prévoyait qu'il n'y aura pas de majoration risquerait selon moi d'être jugée contraire à la loi et inapplicable).
La meilleure des précautions pour ne pas avoir de majoration est d'acheter un lot commercial ou professionnel (ou à usage de bureau) mais pas un lot d'habitation si une utilisation professionnelle est envisagée.
Si le règlement de copropriété n'est pas encore établi lors de la réservation ou de la signature du compromis, le mieux est de faire stipuler dans l'acte que le lot réservé ou acquis sera à usage commercial ou professionnel (ou de bureau). Si le promoteur ne respecte pas son engagement lorsqu'il fera établir le règlement de copropriété, un désistement sera possible ou un recours sera envisageable contre le promoteur (sous réserve de solvabilité).
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21 personnes sur 30 l'ont trouvée utile.
J'exerce dans un local d'activité d'un immeuble construit en 1989. Le règlement de copropriété établi à l'époque n'est pas conforme. S'il cite dans la description la présence de biens d'équipements, dans celle définissant la répartition des charges, la rubrique imposée par la loi "charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement communs" est remplacée par charges d'ascenseurs. Depuis 20 ans, les charges de portier, d'antenne, interphone, etc ont été incorporées aux charges générales et les locaux d'activités en rez de chaussée ont payé pour des services dont ils n'ont ni l'usage, ni la faculté d'usage. Questions : une résolution votée en assemblée générale suffit'elle à remédier à cette omission où faut'il modifier ce réglement non conforme? Qu'elle majorité est nécessaire? En effet il ne s'agit pas d'une modification de la répartition des charges demandant l'unanimité, mais la mise en conformité d'un règlement illégal?
J'exerce dans un local d'activité d'un immeuble construit en 1989. Le règlement de copropriété établi à l'époque n'est pas conforme. S'il cite dans la description la présence de biens d'équipements, dans celle définissant la répartition des charges, la rubrique imposée par la loi "charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement communs" est remplacée par charges d'ascenseurs. Depuis 20 ans, les charges de portier, d'antenne, interphone, etc ont été incorporées aux charges générales et les locaux d'activités en rez de chaussée ont payé pour des services dont ils n'ont ni l'usage, ni la faculté d'usage. Questions : une résolution votée en assemblée générale suffit'elle à remédier à cette omission où faut'il modifier ce réglement non conforme? Qu'elle majorité est nécessaire? En effet il ne s'agit pas d'une modification de la répartition des charges demandant l'unanimité, mais la mise en conformité d'un règlement illégal?
Bonjour,
Vos questions nécessitent une étude personnalisée par notre service de protection juridique. Comme vous êtes bénéficiaire d'un contrat MACSF, vous allez être contacté par un juriste.
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Cet article présente une synthèse instructive et intéressante