Quel avenir pour les doulas ?
Si certaines sages-femmes libérales considèrent favorablement l’accompagnement par des doulas, accompagnement qu’elles estiment ne plus être en mesure d’assumer elles-mêmes en raison de leur surcharge de travail, et que d’autres, très minoritaires, n’hésitent pas à collaborer à leur formation, l’Ordre national des Sages-femmes, alerté à maintes reprises par les Conseils départementaux constatant que le phénomène « doula » prend de plus en plus d’ampleur, a manifesté, depuis 2005, année après année, son opposition formelle à la création de cette nouvelle profession, du moins tant qu’elle ne correspondra pas à une formation reconnue et validée.
En septembre 2007, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français, dans une lettre signée par son Président, son Secrétaire Général et la Présidente du Collège National des Sages-femmes, conclut : « Il ne nous paraît pas utile de créer une nouvelle profession autour de la femme enceinte en charge du soutien du couple. En revanche, il paraît important que les équipes soient assez nombreuses pour avoir le temps d’entourer le jeune couple légitimement inquiet souvent éloigné de sa famille et donc isolé dans la foule anonyme des villes. La demande d’aide est réelle, on doit pouvoir y répondre avec des professionnels formés non seulement aux besoins du corps mais bien sûr aussi à ceux de la psyché ».
Quant à l’Académie nationale de médecine, convaincue qu’il convenait de trouver un juste équilibre entre l’exigence de soutien et de confort psychologiques et l’exigence de sécurité, elle a pris acte de la mise en œuvre du plan périnatalité, et de la synthèse des recommandations professionnelles de la Haute Autorité de Santé, spécialement :
- de la mise en place de la consultation supplémentaire du 4ème mois de la grossesse, occasion d’évoquer les questions peu ou mal abordées avec la future mère lors des examens médicaux ;
- du développement des réseaux en périnatalité ;
- de l’amélioration de la préparation à la naissance (8 séances remboursées) ;
- de la discussion de projets de naissance permettant aux mères d’exprimer leurs désirs, mesure d’ores et déjà appliquée dans certains services hospitaliers ;
- de l’éventuelle possibilité pour des sages-femmes libérales de venir travailler dans les services hospitaliers, possibilité prévue par les textes ;
- de la mise en place de salles de naissance physiologique au sein des maternités ouvertes aux accompagnants familiers ou choisis par la parturiente, mais soumis à l’obligation de ne pas interférer dans les décisions médicales.
En conséquence, elle a mis en garde, dans sa séance du 10 juin 2008, contre toute reconnaissance officielle de la formation et de la fonction des doulas. Elle a souhaité en revanche que soient renforcés les effectifs de sages-femmes dans les structures hospitalières publiques ou privées et les effectifs de sages-femmes libérales, pour leur donner plus de disponibilité et leur permettre de mieux accompagner les femmes au cours de la grossesse, du travail et dans les suites de couches. Elle a recommandé la promotion de sages-femmes à domicile, mais aussi d’aides à domicile en raison des sorties précoces de maternité.


