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Les sages-femmes et l'échographie de dépistage et de diagnostic
- 22 Nov 2007
- Auteur : F.NGUYEN, sage-femme, présidente de l'ASFEF
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Sommaire
parag 1
Dans le cadre des compétences de la sage-femme DE définies par le code de déontologie (article R. 4127-318 CSP), après validation du diplôme universitaire d’échographie obstétricale, selon les recommandations professionnelles :
- la sage-femme réalise l’échographie du 1er trimestre entre 11 et 14 semaines, pour localiser et dater la grossesse, confirmer son évolutivité, diagnostiquer les grossesses multiples et préciser le type anatomique, dépister certains états pathologiques ou complications gynécologiques, effectuer un premier bilan morphologique, rechercher les signes d’appel d’anomalies chromosomiques.
- la sage-femme réalise l’échographie du 2e trimestre entre 20 et 24 semaines, pour vérifier la vitalité fœtale, évaluer la croissance fœtale par l’étude biométrique, dépister des malformations fœtales par l’étude morphologique, étudier les annexes fœtales.
- la sage-femme réalise l’échographie du 3e trimestre entre 31 et 34 semaines, pour étudier la trophicité fœtale, évaluer le bien-être fœtal, étudier les annexes et la morphologie fœtales, déterminer la présentation fœtale.
Outre ces trois échographies pratiquées pendant la grossesse, la sage-femme peut prescrire et/ou pratiquer l’échographie obstétricale pour confirmer ou infirmer un diagnostic clinique, dépister une pathologie, par exemple l’échographie du col dans la menace d’accouchement prématuré, l’examen biophysique dans le terme dépassé, la vérification de l’insertion placentaire en cas de métrorragie, des examens échographiques de surveillance fœtale dans le cadre des explorations fonctionnelles sur prescription d’un médecin.
Formation
Les sages-femmes échographistes doivent avoir reçu l’enseignement théorique dispensé sous forme de cours magistraux, travaux dirigés sur bandes vidéo et photos, enseignements dirigés : notions élémentaires de physique des ultrasons et de l’échographie ; topographie de la grossesse, nombre d’embryons, présentation ; localisation placentaire ; évaluation de la quantité de liquide amniotique ; diagnostic de vitalité fœtale ; biométrie fœtale, écho-anatomie, âge gestationnel, courbe de croissance ; effet doppler et ses applications ; diagnostic anténatal et médecine fœtale ; organisation et législation du centre pluridisciplinaire de DAN ; imagerie fœtale ; échographie, méthode : calendrier, analyse de la morphologie et biométrie normale, principales anomalies morphologiques et biométriques ; prélèvements ovulaires : amniocentèse, technique et indication, prélèvement de sang fœtal, choriocentèse, ponctions fœtales directes ; thérapeutiques : drainage, ponctions, amnio-infusions, exsanguino-transfusions, thérapeutiques médicamenteuses.
La sage-femme échographiste doit avoir suivi l’enseignement clinique et pratique réalisé sous forme de vacations (environ 30 vacations) afin de réaliser les actes minimums de diagnostic, de mesures, de dépistage selon le niveau d’apprentissage.
Les sages-femmes exercent leur activité en unité de diagnostic anténatal. Les sages-femmes ne signent pas les comptes-rendus des échographies obstétricales faites de seconde intention, après un examen échographique de dépistage dans le cadre du suivi standard de la grossesse.
La pratique de l’échographie obstétricale par les sages-femmes est essentielle dans l’organisation actuelle du suivi de la grossesse, elle n’est pas reconnue et objectivée dans la plupart des structures car les sages-femmes codifient de manière insuffisante les actes qu’elles réalisent elles-mêmes. Les problèmes médico-légaux de la pratique de l’échographie obstétricale seront plus importants pour le dépistage échographique à bas risque que pour l’activité de diagnostic échographique anténatal réalisée par les médecins.
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2 avis
Bonjour, dans le cadre de mon mémoire de fin d'études portant sur les sages-femmes et l'échographie, j'aurais aimé savoir si des sages-femmes échographistes avaient été impliquées voir condamnées lors de procès. J'espère que vous pourrez accéder à ma requête. Cordialement, Robin étudiant sage-femme.
Bonjour,
vous trouverez sur la page "Le risque des professions de santé 2009" un rapport sur la sinistralité en responsabilité médicale. (Profession Sage-femme, page 69).
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Bonjour nous souhaiterions que les sages-femmes assurant les suivis de termes et termes dépassés puissent pratiquer une échographie de mesure de la quantité de liquide amniotique. selon le code de déontologie, il n'apparait pas clairement qu'un DIU soit nécessaire. est-ce le cas? une formation propre à l'établissement pour cet examen peut-il être pratiqué? Cordialement, Christine S. SFCS Maternité des Bluets Paris
Bonjour,
Vous trouverez ci-dessous la réponse de Marie Josée Keller, Présidente du Conseil National de l'Ordre des Sages-Femmes :
"Conformément à l’article L.4151-1 du code de la santé publique, « l’exercice de la profession de sage-femme comporte la pratique des actes nécessaires au diagnostic, à la surveillance de la grossesse et à la préparation psychoprophylactique à l'accouchement, ainsi qu'à la surveillance et à la pratique de l'accouchement et des soins postnataux en ce qui concerne la mère et l'enfant, sous réserve des dispositions des articles L. 4151-2 à L. 4151-4 et suivant les modalités fixées par le code de déontologie de la profession, mentionné à l'article L. 4127-1 ».
A ce titre, l’article R.4127-318 du code de la santé publique précise que, pour l’exercice des compétences qui lui sont dévolues, la sage-femme est autorisée, notamment, à pratiquer l’échographie dans le cadre de la surveillance de la grossesse.
Par ailleurs, la circulaire DGS/SDO/OA n°38 du 29 juillet 1992 précise que l’échographie est pratiquée par une sage-femme uniquement au cours de la surveillance de la grossesse, pour « l’identification du contenu utérin, le diagnostic de présentation, la localisation du placenta, la mensuration d’au moins deux paramètres tenant compte de l’âge embryo-fœtal avec présentation d’un compte-rendu ».
Les sages-femmes qui ne sont pas titulaires d’un diplôme ou certificat en échographie obstétricale peuvent ainsi réaliser, sans prescription préalable d’un médecin, les échographies de surveillance de la grossesse normale et notamment l’examen échographique du premier, du deuxième et du troisième trimestre.
De plus, l’article L.4151-1 du code de la santé publique a été complété récemment par la loi HPST du 21 juillet 2009. Dorénavant, celui-ci précise que « L'exercice de la profession de sage-femme peut comporter également la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique ».
Les sages-femmes peuvent ainsi assurer les échographies dans le cadre des consultations de suivi gynécologique de prévention.
Néanmoins, dans tous les cas, la sage-femme adressera la femme à un médecin en cas de situation pathologique.
Cela dit, il est à noter que la formation en échographie dispensée actuellement lors de la formation initiale des sages-femmes parait nettement insuffisante pour donner à ces dernières toutes les compétences nécessaires afin de réaliser les échographies obstétricales de dépistage.
De plus, avec l’évolution des connaissances et des techniques, il devient aujourd’hui impossible pour tout professionnel de santé ne disposant pas d’une formation spécifique adaptée d’être en mesure de réaliser tous les actes d’échographies obstétricales.
Ainsi, nous estimons qu’il est indispensable que les sages-femmes échographistes disposent d’une formation adaptée (AUEC, DU, DIU d’échographie obstétricale).
Enfin, nous tenons à vous rappeler que, conformément à l’arrêté du 23 juin 2009 fixant les règles de bonnes pratiques en matière de dépistage et de diagnostic prénatals avec utilisation des marqueurs sériques maternels de la trisomie 21, seules les sages-femmes titulaires du diplôme interuniversitaire d’échographie en gynécologie-obstétrique ou de l’attestation en échographie obstétricale sont habilitées à effectuer l’examen échographique de mesure de la clarté nucale et de la longueur cranio-caudale nécessaire au dépistage de TR21."
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