Japon : Nippon ni mauvais

Publié le 03.05.2016
Epargne & Retraite - Actualité financière
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La semaine a été rythmée par les annonces des banques centrales. Le statu quo des politiques monétaires japonaises et américaines n’a pas été reçu de la même manière par les marchés.

Marchés financiers

Alors que la BCE avait rassuré le marché la semaine dernière, par des annonces accommodantes, cette semaine, la Banque du Japon surprend le marché, en faisant le choix de ne pas modifier sa politique monétaire. Elle a maintenu son taux directeur à -0,1%, ainsi que le montant de son quantitative easing. Au regard de la faiblesse de l’économie japonaise actuelle et de la forte hausse du Yen, qui est au plus haut depuis un an et demi, le marché attendait de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire. La banque centrale a également pris acte du risque de ralentissement de l’activité, et a reporté de six mois son horizon de retour à l’objectif d’inflation de 2%. La Banque du Japon souhaite probablement conserver une marge de manœuvre future si la situation devait se dégrader, mais donne finalement une image inquiétante de sa politique monétaire. En réaction à l’annonce, le Yen s’est brutalement renchéri, pesant ainsi sur les valeurs exportatrices et faisant chuter le Topix et le Nikkei respectivement de 3,2% et 3,6%

A l’inverse de la communication japonaise, le FOMC annonce sans surprise le maintien de ses taux. Cependant, des changements notables sont apparus dans son communiqué : la Réserve Fédérale semble avoir pris acte du ralentissement économique et ne mentionne plus l’économie mondiale comme étant risquée. Elle note également l’amélioration de la situation des pays émergents, notamment de la Chine. La banque centrale affiche donc toujours une logique prudente au regard des statistiques publiées cette semaine. En effet, la croissance du PIB au 1er trimestre 2016 est sortie en-dessous du consensus à 0,5% (contre 0,7% attendu). Les dépenses de consommation sont en progression de 1,9% (contre 1,7% attendu), alors que l’investissement des entreprises inquiète, en baisse de 5,8%, contraction la plus importante depuis 2009.

Les chiffres économiques publiés en zone euro surprennent positivement, contrastant avec l’économie américaine. La croissance du PIB au 1er trimestre 2016 s’établit à 0,6%, au-dessus des attentes à 0,4%. En France, le chiffre sort également en hausse à 0,5% (contre 0,4% attendu) grâce à un rebond de la consommation des ménages et à la progression des investissements. L’indice des prix à la consommation est retombé à -0,2% sur un an, baisse expliquée principalement par la retombée des prix des services.

Les cours du pétrole sont restés orientés à la hausse encore cette semaine, pour se situer aux plus hauts depuis six mois à 48 USD le baril pour le Brent et 46 USD le baril pour le WTI. Cette hausse reste alimentée par la faiblesse du dollar, une poursuite de la baisse de la production américaine et la croissance de la demande en essence aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, les marchés émergents sont les grands gagnants. Après le statu quo de la Fed, la hausse du prix du pétrole, et l’augmentation des cours de certaines matières premières, les places boursières des pays producteurs de matières premières comme la Russie ou le Brésil enregistrent des performances remarquables depuis le début de l’année, respectivement de 25,6% et de 24,4%.

Valeurs

Vendredi soir, le CAC 40 clôturait en baisse à -2,3% proche des 4 450 points, après plusieurs semaines de hausses consécutives. Depuis le début de l’année l’indice parisien reste en baisse de -3,17%.

Les performances des titres sont majoritairement impactées par la publication des résultats. Ainsi, Capgemini enregistre la plus forte hausse de la semaine (+3,60%), après la publication d’un chiffre d’affaires en progression. Le secteur automobile affiche également une performance positive, avec les valeurs Valeo et Peugeot qui enregistrent respectivement 2,40% et 0,18% de hausse. Du côté des valeurs en baisse, Sanofi recule significativement de 8,34% après la publication de mauvais résultats, et l’annonce d’une probable OPA hostile sur la société de biotechnologies Medivation. Airbus cède 6,87% sur la semaine après des résultats décevants impactés par des difficultés de livraison et des problèmes techniques sur l’avion militaire A400M.

Marché des changes

Sur le marché des changes, la parité Euro Dollar est en hausse de 0,41% et s’est établie vendredi à 1,1268. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à 10 ans s’affiche en hausse à 0,63%.

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