Les marchés rient jaune

Le 13.01.2016
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Semaine du 2 au 8 janvier 2016. La semaine dernière, les marchés financiers ont enregistré leur pire début d’année depuis quinze ans.

Marchés financiers

Comme en août dernier, ce sont les incertitudes entourant la Chine qui ont entraîné le recul des places boursières mondiales. Malgré les tensions entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, le prix du pétrole poursuit sa dégringolade à un niveau de plus en plus préoccupant pour les entreprises du secteur. En dépit de ces facteurs d’inquiétude, les publications des pays avancés confirment le scénario d’une poursuite de la croissance, à un rythme plus ou moins modéré.

Dès le premier jour de cotation de cette année 2016, la sortie d’un indicateur manufacturier chinois en baisse pour le 5e mois consécutif et une nouvelle dévaluation du yuan orchestrée par les autorités ont ravivé les craintes des investisseurs quant à l’état réel de l’économie chinoise. Les interrogations se cristallisent sur l’ampleur du ralentissement du pays ainsi que sur la capacité du gouvernement à gérer la situation. De plus, les mesures mises en place pour limiter la volatilité des marchés financiers semblent inefficaces. A deux reprises au cours de la semaine, les bourses de Shanghai et de Shenzhen ont dévissé de plus de 7% en moins d’une demi-heure de cotation, entraînant la fermeture des échanges pour le restant de la séance. Loin d’entraver la tendance baissière, ce mécanisme a amplifié le mouvement de repli, y compris sur les autres places boursières mondiales. Alors que le CSI 300 chinois chute de près de 10%, l’Eurostoxx européen termine en recul de plus de 7%, de même que le Nasdaq américain, le Nikkei japonais et le Hang Seng hongkongais. Le S&P 500 fait à peine mieux avec une performance négative de 6%.

Pour l’instant, les craintes liées à la Chine ont pris le pas sur la lecture des statistiques économiques des autres régions du monde qui confirment pourtant la résistance des économies avancées à la crise des pays émergents. Aux Etats-Unis, la principale publication de la semaine a été le rapport sur l’emploi au mois de décembre. La tendance reste solide avec des créations de postes supérieures aux attentes et des révisions à la hausse sur les deux mois précédents. Le taux de chômage est stable à 5%. En ce qui concerne la politique monétaire, le compte rendu de la dernière réunion de la Fed a mis en lumière un point important. Si la décision de remonter les taux a été prise à l’unanimité, plusieurs membres ont fait part de leurs doutes quant à la dynamique de l’inflation. Ce devrait donc être un des principaux paramètres qui dictera le rythme de relèvement des taux dans les mois à venir.

En zone euro, l’indicateur d’activité du mois de décembre a légèrement progressé en décembre, retrouvant le plus haut de plusieurs années touché en août. C’est le secteur industriel qui contribue à l’augmentation de l’activité, tandis que les services se maintiennent. La progression de l’indicateur italien compense les légers reculs enregistrés en France, en Allemagne et en Espagne. Dans le même temps, le climat des affaires est resté bien orienté. Le recul du chômage se poursuit sur le même rythme, avec 10,5% de chômeurs en novembre contre 10,6% en octobre et 10,7% en septembre. Quelques chiffres ont néanmoins été décevants. Attendue en légère hausse, l’inflation est restée stable en décembre à 0,2% sur un an. Les productions industrielles de la France et de l’Allemagne sont également sorties inférieures au consensus.

Valeurs 

Dans ce contexte, le CAC 40 clôture la semaine en baisse de 6,54% à 4 333,76 points.

Une seule valeur parvient à échapper à la zone rouge : Nokia, qui a fait son entrée dans l’indice en remplacement d’Alcatel Lucent qu’il a racheté, gagne 2,64%. Orange et Bouygues, qui ont confirmé être en discussion pour l’avenir de Bouygues Telecom limitent leur repli à 1,19% et 2,27% respectivement. Sans surprise, les entreprises pétrolières occupent le bas du palmarès à l’image de Technip qui chute de 15,73% et Total qui cède près de 9,50%. En une semaine, ArcelorMittal perd déjà 13,22%. Les constructeurs automobiles ont également été délaissés, Peugeot reculant de 12,25%, Valeo de 9,89% et Renault de 9,56%.

Marché des changes

Sur le marché des changes, la monnaie unique progresse légèrement par rapport au billet vert et s’échange à 1,0922 dollar pour un euro. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat français à 10 ans est en baisse à 0,88%.

 

 

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