Podcasts Portraits d’infirmières - Hossam, infirmier avancé

Le 02.07.2019
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Avec la série de podcasts Portraits d'infirmières, des soignants partagent au micro de la MACSF leur parcours, leurs idées, leurs projets et les valeurs qui les ont amenés à choisir ce métier. Dans ce cinquième épisode, notre journaliste Anne Dhoquois a rencontré Hossam Zaouch, l’un des premiers étudiants à suivre le Master d’infirmier en pratique avancée. Il nous parle de ce nouveau métier et de ce qu’il en espère.

Parfois, les vocations prennent des détours avant d’éclore. Ça été le cas pour Hossam, 31 ans. D’abord agent d’escale commerciale dans une grande compagnie aérienne, c’est l’AVC d’un proche qui l’a poussé à reprendre des études pour réaliser un projet qu'il mûrissait depuis longtemps : devenir infirmier. Son besoin d’explorer toutes les facettes de ce métier n’a fait que grandir depuis. Aujourd’hui, Hossam suit même l’un des tous premiers Masters infirmier en pratique avancée ouverts en France. Il nous parle de ce nouveau métier et de ses enjeux.

« L’Infirmier en pratique avancée, ce sera un infirmier mieux formé aux besoins des patients chroniques, qui sont de plus en plus nombreux en France. »

Retrouvez ci-dessous la version écrite et condensée de l’interview

C’est quoi, un infirmier en pratique avancée ? Qu’est-ce que ça implique, dans la pratique du métier ?

C’est un élargissement de nos compétences, et c'est très bien que ça arrive en France. L’infirmier en pratique avancé va pouvoir adapter des prescriptions médicales, faire des examens cliniques, des gestes plus précis… Tout ça en suivant les protocoles définis par un médecin.

Ce sera un infirmier mieux formé aux besoins des patients chroniques, qui sont de plus en plus nombreux en France. L’IPA pourra donc être le relais du médecin, et prendre en charge les patients chroniques. Ça permettra au médecin de libérer du temps pour les patients qui en nécessitent un peu plus.

En néphrologie, par exemple, certains patients chroniques ont besoin de consultations tous les trois mois, mais les médecins sont débordés.  L’IPA pourra être un relais et s’occuper de ces consultations, sous la responsabilité du médecin. Ce sera vraiment une bonne chose dans la prise en charge du patient.

« En néphrologie, par exemple, certains patients chroniques nécessitent des consultations tous les trois mois, mais les médecins sont débordés.  L’IPA pourra être un relais et s’occuper de ces consultations, sous la responsabilité du médecin. »

Est-ce que ça va changer des choses dans votre relation aux médecins ? 

On travaillera en collaboration avec eux, en pluridisciplinarité. On ne va pas leur faire concurrence. Les médecins élaborerons un protocole et pourrons nous confier certains de leurs patients pendant quelques mois ou une année… Et dès que la situation le nécessitera, si les limites de nos compétences sont atteintes, les patients seront redirigés vers le médecin.

À l’hôpital, je pense qu’il y aura des consultations dédiées aux Infirmiers en pratique avancée, qui auront un rôle à part entière à jouer. Par exemple, l'infirmier qui s'est spécialisé en néphrologie et transplantation pourra être expert dans les dialyses, ce sera lui le coordinateur pour les transplantations, etc.

Notre priorité c'est le patient, et on va tous ensemble faire en sorte que son confort, sa sécurité et sa santé soient garantis.

« Je voulais passer un cap, être plus près du patient, être un peu plus dans la globalité de sa prise en charge… C’est qui m’a dirigé vers l’IPA. »

Qu'est-ce qui vous a donné envie de suivre ce master IPA, qui est assez nouveau en France ? 

Je voulais passer un cap, être plus près du patient, être un peu plus dans la globalité de sa prise en charge… Avoir une mission plus large me convenait, et c'est ce qui m'a dirigé vers l’IPA. On a davantage de responsabilités, un peu plus autonomie, aussi… Pour moi c'est parfait.

Il y a trois mentions dans le cursus : pathologies chroniques stabilisées, néphrologie et transplantation, et oncologie. Moi, normalement, je choisirai la mention pathologies chroniques stabilisées. Parce que c'est plus large, et que ça permet de suivre plus de patients différents.

Et plus tard, j’irai peut-être vers une pratique avancée libérale, pour avoir un peu plus d’autonomie et aller voir les patients en grande difficulté, ceux qui ne peuvent pas sortir de chez eux. 

Est-ce que vous attendez aussi de ce cursus une autre forme de de reconnaissance, un autre statut ?

On est là première promo à suivre cette formation, donc on verra comment comment ça va se développer… En tout cas, on aura le grade de Master, on est reconnus par l’État et la grille salariale va être négociée.

Un syndicat a été créé pour promouvoir la profession, aussi. Il faudrait que le syndicat et tous les étudiants en pratique avancée s’unissent pour faire évoluer la pratique et la faire reconnaître. Dans les pays anglo-saxons, d’où vient le modèle, les infirmiers de pratiques avancée cliniciens sont bien implantés. Donc on espère qu'en France, l’IPA trouvera le même écho…

« Dans les pays anglo-saxons, d’où vient le modèle, les infirmiers de pratique avancée cliniciens sont bien implantés. On espère qu'en France, l’IPA trouvera le même écho. »

Est-ce que l’IPA français est calqué sur le modèle anglo-saxon, ou est-ce qu’il y a des différences ?

C’est un peu différent, oui. Les IPA ont peut-être un peu plus d'autonomie aux États-Unis. Mais là-bas, la pratique est implantée depuis plusieurs années : ils ont à peu près trente ans d'avance sur nous.

Peut-être qu’avec le temps, le syndicat et la volonté des pouvoirs publics, on pourra se rapprocher de plus en plus du modèle anglo-saxon. Mais pour l’instant, c'est déjà une bonne chose que la pratique avancée existe en France. 

Un mot de la fin ?

J'espère que j’obtiendrai mon Master, et j’espère qu’on prouvera que la pratique avancée est vraiment une évolution essentielle. Une prouesse et une avancée. 

Le CV express d’Hossam :
31 ans, Infirmier en réa’ à l’hôpital Lariboisière (Paris)

  • Débute comme agent d’escale commerciale en 2009
  • En 2015, il se reconvertit et sort diplômé de l’IFSI
  • Il suit actuellement la première promo du Master IPA de Paris Diderot
  • Et aussi un DU d’hypnose analgésique
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