Portrait d’infirmière Épisode 6 - Laurie, celle qui voulait aider les mamans allaitantes

Le 20.09.2019
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Avec la série de podcasts Portraits d'infirmières, des soignants partagent au micro de la MACSF leur parcours, leurs idées, leurs projets et les valeurs qui les ont amenés à choisir ce métier. Dans ce sixième épisode, notre journaliste Anne Dhoquois a rencontré Laurie Poquérusse-Ravel, co-fondatrice du projet VanillaMilk, créé pour aider et entourer les femmes qui allaitent.

L’allaitement soulève beaucoup de doutes et d’interrogations chez les futures mères. Ces questions, Laurie les a étudiées de très près. À la fois dans son métier (elle est infirmière puéricultrice) et dans sa vie privée (elle a trois enfants, dont des jumeaux). Pendant son dernier congé parental, elle a rencontré l’entrepreneuse Stéphanie Habenstein, elle aussi concernée par le sujet. C’est ensemble qu’elles ont concrétisé en 2018 un projet ambitieux : vanillamilk.fr, un site qui met en relation les mères, les professionnels de santé et les associations autour de l’allaitement maternel.

« Ce qu’on veut, c’est que les mères qui souhaitent allaiter aient accès à la bonne information et au bon accompagnement. »

En quoi consiste VanillaMilk, concrètement ?

C’est un site internet qui permet aux mamans et futures mamans de trouver les personnes et les ressources dont elles ont besoin pendant l’allaitement. Elles peuvent notamment y trouver une carte qui géolocalise différents acteurs de l’allaitement.

La population prioritaire, ce sont les futures mamans et les mamans allaitantes, qui se posent des questions, peuvent ressentir un certain isolement et cherchent souvent de l'accompagnement et du soutien. Mais VanillaMilk s’adresse aussi à des mamans qui ont allaité et qui souhaitent partager leur expérience avec d'autres.

« Le site propose notamment une carte sur laquelle sont géolocalisés différents acteurs de l’allaitement : mamans et futures mamans, pédiatres, sages-femmes, osthéopathes, naturopathes… »

D’autre part, la carte répertorie les professionnels de santé qui le souhaitent : les professionnels formés à l'allaitement maternel (diplômés en allaitement maternel ou consultants en lactation IBCLC), mais aussi tous ceux qui gravitent autour de l’allaitement maternel, des mamans et de leur bébé : pédiatres, sages-femmes, ostéopathes, naturopathes, chiropracteurs, etc.

À quel besoin répond le projet ?

Aujourd’hui, une maman qui a un problème ou une question concernant l’allaitement a plutôt tendance à se tourner vers les réseaux sociaux. Avec VanillaMilk, on veut réintroduire un peu plus d’humain dans tout ça, et inciter les mamans et futures mamans à rencontrer des gens, à partager des expériences. L’idée, c'est de guider les mamans et de créer du lien autour d’elles, pour qu'elles puissent préparer et vivre leur allaitement le plus sereinement possible.

Notre but, c’est aussi d’essayer de moderniser l'allaitement maternel, qui n'a pas forcément une belle image en France. Ce n’est pas un site qui promeut l’allaitement spécifiquement, attention. On n’est pas pour ou contre l’allaitement. Ce qu’on veut, c’est surtout que les mères qui veulent allaiter puissent avoir accès à la bonne information et au bon accompagnement.

« VanillaMilk est totalement gratuit, que ce soit pour les mamans, les professionnels de santé ou les associations. »

J’ai cru comprendre que l’accès au site était gratuit ?

Oui, le site est totalement gratuit, que ce soit pour les mamans/futures mamans, les professionnels de santé ou les associations qu’on répertorie sur la carte.

Pour nous, c’était important de privilégier la qualité, de mettre en lumière des acteurs qui ont de vraies compétences en matière d’allaitement, plutôt que de proposer une carte payante où entrent ceux qui peuvent se le permettre financièrement…

Quelles évolutions prévoyez-vous pour le site et pour VanillaMilk en général ?

On est dans une démarche de co-création et d’échange. À l’avenir, on pense répertorier sur la carte des lieux publics et des commerces bienveillants envers l’allaitement, des endroits où les mamans peuvent allaiter sereinement.

On envisage aussi la création d’événements VanillaMilk. Et puis on veut sensibiliser le monde de l’entreprise à la question. Beaucoup de mamans qui allaitent arrêtent de le faire quand elles reviennent de congé maternité, parce que c’est compliqué d’allaiter tout en travaillant.

Pour nous, c’est donc important de travailler là-dessus et de sensibiliser les entreprises aux bénéfices de l’allaitement maternel. Des bénéfices pour les mamans, leur bébé, la famille, l’entreprise elle-même et l’ensemble de la société.

« À terme, on pense répertorier sur la carte des lieux bienveillants où il est possible d’allaiter sereinement. »

Quel est votre rôle au sein du projet ?

Je suis co-fondatrice et experte « Santé », alors que les domaines de Stéphanie sont plutôt le commercial, le web et la gestion. Je m’occupe de la communication santé, de l’accueil des populations sur la carte et de toute la réflexion santé dans les projets qu'on met en place. Je vérifie par exemple les diplômes, les compétences et l’expérience des professionnels qui souhaitent être répertoriés sur la carte, avant de les intégrer au site.

Cette année, j’ai passé un diplôme universitaire d'allaitement maternel à l’université de Marseille, pour gagner encore plus en expertise. Prendre en charge la section santé d’un projet comme VanillaMilk, ça n’est pas rien.

« On a choisi un modèle entrepreneurial plutôt qu’associatif, et c’est parfois mal compris. Mais il nous semblait difficile de faire évoluer un tel projet avec un statut d’association. »

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Nous avons fait le choix d’un modèle entrepreneurial, et ça suscite souvent des idées fausses sur nos intentions. L’idée par exemple, qu’on voudrait se faire l'argent sur le dos des mamans. On le comprend, mais ce n’est pas du tout notre but. VanillaMilk est simplement le projet de deux mamans qui ont vécu l’expérience de l’allaitement et veulent aider d’autres femmes confrontées au même sujet.

Dans le domaine de l’allaitement maternel, c’est plutôt l’associatif qui domine. Mais pour nous, c’était difficile de faire évoluer un projet aussi important et aussi ambitieux avec un statut d’association…

L’autre difficulté, bien sûr, c’est la recherche de financements. On en a besoin pour rendre la carte proposée par VanillaMilk viable et pérenne. Pour qu’elle serve, mais aussi qu’elle tienne dans le temps.

Le mot de la fin ?

Quand on a un projet, il faut y croire et se lancer à fond. Parce que finalement, l'envie et la réalisation de projets, c'est ce qui nous nourrit et c’est ce qui nous épanouit, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.

VanillaMilk, résumé en une minute :

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