La médecine dans les yeux de la génération Y

Le 26.07.2018
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La médecine dans les yeux de la génération Y

Entre passion et désillusion, les jeunes actifs ayant décidé d’embrasser une carrière dans le secteur de la médecine évoquent un milieu rude, qu’ils souhaiteraient faire davantage rimer avec humanité. Attentifs à leur qualité de vie au travail, ils sont prêts à faire bouger les lignes. Voici trois témoignages exclusifs, à la fois sincères et sensibles !

« Je ne conseillerais pas à mes petits cousins de tenter médecine plus tard. Il faut avoir les épaules très solides pour encaisser la charge de travail et la piètre reconnaissance. Toutefois, pour ma part, si je devais revenir en arrière, je referais ce choix. » Cette déclaration de Pauline Fagnen, 26 ans, interne depuis début 2018 en cardiologie au sein de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, aussi paradoxale soit-elle, résume assez bien l’état d’esprit des membres de la génération Y (nés entre 1980 et 2000), au moment d’entamer leur carrière dans le secteur médical. Car cela ne se dément pas, le choix d’exercer la médecine reste avant tout guidé par « la passion, le cœur, une envie bien ancrée de se rendre utile, d’apporter son aide à l’autre » raconte Elisa Pommet, 22 ans, étudiante infirmière en 3e année à Lyon.
 

Un secteur public exsangue

 
Pour autant, nombreux sont ceux à pointer du doigt des conditions de travail qui se détériorent. Les raisons ? Un manque de moyens et de personnels flagrant, qui pèse sur les épaules des équipes médicales. « L’hôpital public est géré comme une entreprise lambda. On est dans une logique de performances économiques au détriment des patients et du staff hospitalier. Mais les pouvoirs publics ne semblent pas prendre au sérieux nos doléances. Il y a un vrai manque de considération » déplore Pauline Fagnen, qui craint que le nombre de burn-out ne cesse ainsi de croître. Notamment dans les rangs des jeunes soignants. Il faut dire qu’il n’est pas rare que les internes soient contraints d’effectuer de très longues journées sans pause, à enchaîner des tâches parfois à haute responsabilité. Par ailleurs, Elisa Pommet dénonce une situation frustrante : « ce contexte nuit à la bonne prise en charge des patients. Dans les services classiques, nous n’avons quasiment pas de temps à leur accorder. Au final, prend-on bien soin d’eux ? La question mérite d’être posée. Alors que c’est là le cœur de nos métiers. C’est notre rôle d’être présents, de les accompagner, des les mettre en confiance, de les aider au maximum ».
 

L’envie de réinventer les règles du jeu

 
Face à un tel état des lieux, la génération Y semble opposer une vision plus éthique du travail. Et ambitionne de contribuer à faire bouger les lignes. L’objectif principal : replacer l’humain au centre de l’exercice de la médecine. « Les anciennes générations de professionnels de la santé considèrent souvent qu’il est tout à fait normal de se sacrifier pour son métier. Ainsi, elles n’hésitent pas à demander un investissement considérable aux jeunes, sans vraiment d’encouragements ou de gratitude en retour. Mais aujourd’hui, la question de la qualité de vie au travail est devenue un enjeu de société et je pense que les choses vont changer. En tant que future cheffe de service, comme la loi l’impose, je sais que je n’imposerai pas des semaines de plus de 48 heures à mes internes par exemple. Il est temps de taper du poing sur la table. C’est une condition sine qua non pour pouvoir travailler de manières optimales. Et ainsi pouvoir apporter un véritable service de qualité aux patients, qui eux aussi peuvent se montrer très exigeants. Voire parfois manquer d’indulgence. De façon générale, les rapports humains méritent d’être plus respectueux et courtois » explique Pauline Fagnen. Déjà, des améliorations ont vu le jour puisque, sur le plan des gardes, des repos de sécurité sont désormais quasiment systématiques.
 

Des jeunes avides de liberté

 
Cependant, si les choses n’évoluent pas dans le bon sens suffisamment rapidement, la jeune génération exclut de moins en moins de s’orienter vers l’option libérale. C’est le choix qu’a directement fait Alice Maudret, 27 ans, qui exerce depuis environ 1 an le métier de psychologue à Paris. « Je voulais absolument être indépendante, pouvoir gérer mon planning comme bon me semble, évoluer dans mon propre cadre. Cela me permet de travailler dans d’excellentes conditions. Mais aussi de pouvoir concilier ma vie professionnelle et ma vie privée. Un point absolument essentiel pour mon épanouissement. Je n’ai ainsi aucun problème à dire à mes patients que je suis absente pendant quelques jours pour partir en week-end. Je ne suis pas dans cette rigidité-là. » Un discours qui a de quoi séduire. A commencer par Pauline Fagnen qui admet penser à ce statut, estimant que cela lui apporterait davantage de souplesse dans son existence de femme. Car tous accordent une importance toute particulière à ne pas sacrifier leur vie personnelle, amicale, familiale, etc, sur l’autel de la médecine. Gage d’un équilibre nécessaire à la bonne pratique d’un métier souvent intense.

En fin de compte, malgré les défis qui l’attendent, la génération Y se montre foncièrement optimiste pour l’avenir. Née à l’ère d’Internet, elle estime notamment, comme Alice Maudret, que « les nouvelles technologies vont contribuer à améliorer l’exercice de la médecine ». Sans compter que « le secteur médical français reste l’un des meilleurs du monde » rappelle Pauline Fagnen. A titre personnel, si leurs métiers peuvent s’avérer ingrats, fatigants psychiquement, nerveusement, physiquement, toutes trois s’avouent confiantes, heureuses et préfèrent retenir le positif : la chance de pratiquer la profession de leur rêve ; d’évoluer dans un milieu extrêmement stimulant, enrichissant et épanouissant, tant sur le plan intellectuel que relationnel, tout en défendant des valeurs profondément humanistes.

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