Ça se passe en Europe : l'Italie vieillissante manque de médecins

Le 24.04.2018 par Olivier Tosseri

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La Fédération italienne des médecins généralistes s'inquiète de la baisse du nombre de médecins, alors que la population va être de plus en plus âgée.

Trouver un bon médecin de famille peut s'avérer difficile, encore plus en Italie qu'ailleurs. D'ici à cinq ans, 14 millions d'Italiens n'en auront tout simplement pas. La sonnette d'alarme a été tirée par la Fédération italienne des médecins généralistes. La faute aux massifs départs à la retraite, dans un pays où le vieillissement particulièrement accentué de la population pose de plus en plus de problèmes.

Plus de 50 % des membres du personnel hospitalier ont désormais plus de 55 ans, contre 17 % au début des années 2000. Dans les autres administrations, les fonctionnaires de plus de 55 ans ne sont « que » 30 %. Concernant les médecins, l'hémorragie sera donc de plus de 45.000 personnes ces cinq prochaines années. D'ici à 10 ans, près de 81.000 auront quitté la blouse blanche.

Fuite des médecins

 
La Fédération italienne des médecins généralistes s'inquiète de l'absence de réaction des pouvoirs publics concernant une évolution aussi importante, a fortiori dans une population où l'explosion du nombre de retraités entraîne l'explosion des exigences liées aux services de santé. Il n'en a ainsi pas été question lors de la dernière campagne électorale, où aucun parti ne l'avait inscrite parmi les priorités.

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Les revendications des professionnels sont pourtant récurrentes depuis des années : plus d'investissements, plus de formation, plus d'embauches. La Fédération ne mâche pas ses mots : « Que ceux qui veulent envoyer à la casse la médecine de famille avance à visage découvert. Comme médecins, avec les citoyens, les victimes de tant d'approximations et de superficialité. »

A cela s'ajoute la perte d'attrait de la profession pour les jeunes Italiens. Le nombre d'inscriptions à la faculté de médecine ne cesse de reculer ces dernières années, alors que bondit le nombre de ceux qui partent exercer à l'étranger à peine leur diplôme en poche. Si 396 sont partis hors des frontières de la Péninsule en 2009, ils ont été 2.363 à faire ce choix en 2014.

Le Sud particulièrement touché

 
Le problème concerne toutes les régions du pays mais, une fois encore, le sud est tout particulièrement touché. Les systèmes de santé y souffrent de corruption et de gabegie, les hôpitaux y sont moins nombreux et moins modernes. Pas étonnant, dans ces conditions, que le taux de mortalité pour cause de cancers et de maladies chroniques y soit plus élevé que dans le reste de la péninsule. La Campanie affiche en la matière le pire des résultats, supérieurs de 28 % à la moyenne.

Pour l'Observatoire national sur la santé des régions italiennes, cela signifie « la faillite du système sanitaire national qui perpétue des inégalités iniques » avec une espérance de vie plus faible dans le Mezzogiono.

Le prochain gouvernement devra trouver un remède rapide et efficace à cette situation. D'ici à 10 ans, 6,3 millions de personnes âgées ne seront plus autonomes.

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