Comment le vieillissement et l'innovation transforment la dépense de soins

Le 13.06.2019 par SOLVEIG GODELUCK

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Pour la sixième année d'affilée, l'assurance-maladie s'apprête à publier une « cartographie » des 140 milliards d'euros de dépenses de soins remboursés et individualisables. Les hospitalisations ponctuelles demeurent le principal poste budgétaire. Le coût du traitement des cancers s'envole.

Pour la sixième année de suite, l'assurance-maladie s'apprête à publier sa « cartographie médicalisée » des dépenses de soins. Pour cela, elle a croisé ses propres données de remboursement (consultations, médicaments, transports, indemnités journalières…) avec les bases des hôpitaux et le registre des décès. Ces travaux sont exhaustifs, puisqu'ils portent sur 140 milliards d'euros de dépenses remboursées directement attribuables à 57,6 millions d'assurés du régime général. L'objectif est de mieux cerner les déterminants de l'augmentation des dépenses de santé pour guider les politiques publiques.

La carte qui se dessine n'a évolué qu'à la marge depuis l'année dernière, mais des lignes de force se confirment : d'un côté, le vieillissement de la population, qui provoque la multiplication de certaines pathologies ; de l'autre côté, les progrès thérapeutiques, dopant le coût moyen des traitements.

Hospitalisation ponctuelle

Ainsi, le principal poste de dépenses demeure l'hospitalisation ponctuelle, à plus de 31 milliards d'euros par an. Ce n'est pas la résultante de l'augmentation de fréquentation des urgences, puisque les patients qui s'y présentent sont classés en fonction de leur pathologie et non de leur point d'entrée dans le système de santé.
Cela traduit plutôt la multiplication des motifs d'hospitalisation chez des assurés de plus en plus vieux et fragiles : pose d'une prothèse de la hanche ou du genou, chirurgie de la cataracte, coloscopie…

Ce sont les mêmes facteurs démographiques qui provoquent l'augmentation régulière du nombre de maladies cardioneurovasculaires (infarctus et AVC), pour 14 milliards d'euros par an. La croissance a été très rapide en six ans, avec 566.000 patients de plus pour un total de 4 millions.
Le diabète, avec 3,2 millions de patients traités et une facture de 7 milliards, est lui aussi associé à l'âge. Il se nourrit de la sédentarité et de l'évolution des habitudes alimentaires. L'augmentation est importante : 400.000 patients de plus en un an.

Innovation thérapeutique

Deuxième moteur de la hausse des dépenses, l'innovation thérapeutique. L'assurance-maladie a fait le point sur certains cancers dont le coût s'envole. Au total, 2,6 millions d'assurés sont traités pour un cancer, dont 1,2 million en phase active, pour 15 milliards d'euros annuels.
Le cancer du poumon coûte en moyenne 20.000 euros par an par patient, avec une dépense totale de 1,6 milliard.

Le poste de dépenses numéro un pour les 80.000 patients concernés reste l'hospitalisation, qui revient à plus de 7.000 euros par personne et par an. Mais les données sur six ans montrent que cette somme a un peu baissé, probablement du fait de l'arrivée des chimiothérapies orales qui permettent de se soigner hors de l'hôpital . En regard, on note une augmentation constante du coût des traitements médicamenteux, passé de 2.600 à 3.400 euros.

En 2017, le poste « liste en sus » passe de 1.600 à 4.000 euros. Cette réserve spéciale permet aux hospitaliers de recourir aux médicaments les plus innovants et les plus coûteux sans plomber le budget normal de l'établissement.
C'est l'année où les immunothérapies Keytruda et Opdivo sont arrivées sur le marché.

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