L'intelligence artificielle au chevet d'un pays en manque de médecins

Le 14.11.2018 par FREDERIC SCHAEFFER

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Prise de rendez-vous, délivrance de médicaments, consultation... l'e-santé se développe à marche forcée en Chine.

Des malades parcourant des centaines de kilomètres pour consulter dans les hôpitaux congestionnés des grandes villes, des attentes interminables pour obtenir un rendez-vous, une absence cruelle de généralistes… Le système de santé chinois souffre de nombreuses défaillances.

Et, comme souvent en Chine quand un service est défaillant, la solution passe par l'usage intensif des technologies. Après le commerce et le paiement, c'est au tour de la santé de connaître sa révolution digitale, notamment via l'Internet mobile aujourd'hui dans la poche de 788 millions de Chinois.

En matière d'e-santé, « la Chine est un laboratoire du monde », estime Pierre Faury, responsable du développement commercial de Sanofi en Chine. Cette digitalisation intervient à tous les niveaux dans un secteur encore très peu régulé : de la prise de rendez-vous à la délivrance de médicaments en passant par la consultation et le diagnostic.

A côté de milliers de start-up, les géants de la tech Baidu, Tencent et Alibaba ne sont pas en reste, misant sur l'intelligence artificielle et le Big Data pour combler une pénurie de médecins.

La Chine compte seulement 12 millions de médecins pour 1,4 milliard d'habitants. Et les bons praticiens sont surtout concentrés dans les métropoles de l'Est. Résultat, la moitié des patients sont traités dans les 10 % d'hôpitaux chinois considérés comme de haut niveau. Intégrée dans l'écosystème WeChat (1 milliard d'utilisateurs) de Tencent, la plate-forme Miying s'appuie sur l'IA pour analyser des images médicales et détecter les cancers.

Prédiagnostic

De son côté, Ping An Good Doctor est, avec 228 millions d'inscrits, l'une des plus importantes plates-formes de soins médicaux en ligne.

Elle dit gérer quotidiennement 500.000 demandes de consultations. Les patients entrent dans l'application mobile leurs données personnelles et antécédents médicaux puis décrivent leurs symptômes.

Sur cette base, l'intelligence artificielle émet un prédiagnostic, qui est transmis si besoin à un praticien qui pourra rédiger une ordonnance numérique avant que les médicaments (non remboursés) soient délivrés au domicile du malade.

Environ 80 % des consultations sont gratuites mais Ping An, premier assureur avec plus de 400 millions de clients, y trouve son compte. « En améliorant l'accès aux soins de nos clients, nous limitons l'ampleur des demandes de remboursement », explique Yuan Ni, une responsable de la division e-santé de Ping An.

Les groupes pharmaceutiques font eux aussi leur révolution numérique. Sanofi a, par exemple, noué divers partenariats avec Alibaba, Tencent et Ping An dans la télémédecine, le suivi en temps réel des patients ou la formation à distance de médecins.

 

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