Les biotech attendent plus de la France

Le 08.02.2018 par Catherine Ducruet

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La France bénéficie d'un climat favorable à la création d'entreprises de technologies dans le secteur de la santé. Mais leur développement tient ensuite du parcours du combattant.

Au-delà de la high-tech et de ses innovations, le gouvernement d'Emmanuel Macron a-t-il aussi la volonté de promouvoir la biotech ? France Biotech, l'association qui réunit les acteurs français du secteur, veut y croire. « Nous avons des contacts avec différents ministères et nous y trouvons une véritable écoute », explique sa présidente, Maryvonne Hiance. Alors que se tenait ce mercredi à Paris les Rencontres internationales de biotechnologies (RIB), l'association espère des mesures concrètes d'ici à l'été. Et pour convaincre les pouvoirs publics, elle met en avant les atouts de la France.

Tout d'abord, « l'Hexagone peut compter sur l'excellence de sa recherche scientifique », explique un rapport du Boston Consulting Group (BCG), commandé par France Biotech et publié en fin d'année dernière. « La France est le seul pays en dehors des Etats-Unis à figurer dans le Top 10 mondial des centres de recherche en santé avec deux établissements, l'Inserm et l'AP-HP. »

Autre point fort du pays, « les nombreux dispositifs de financement des entreprises innovantes : crédit impôt recherche, participations de bpifrance, avantages du statut de la Jeune entreprise innovante, Programmes d'investissements d'avenir, etc. », indique le BCG.

A côté de ces sources de financements publics d'amorçage, la France abrite aussi les deux plus importants fonds dans les sciences de la vie. A côté du fonds mixte biotech/énergies vertes de 300 millions d'euros de Sofinnova, Edmond de Rothschild Investment Partners (EDRIP) a annoncé la levée d'un fonds spécialisé de 345 millions d'euros. Enfin, Euronext, est devenu au fil des dix dernières années le principal hub boursier du Vieux Continent avec 84 sociétés cotées, et 79 introductions en Bourse depuis 2006.

Pour autant, « on est dans une situation paradoxale, observe Bernard Gilly, fondateur de IBionext (développement de sociétés de healthtech), car une série de freins demeurent, qui empêchent la France d'exprimer son potentiel dans ce domaine ». Au premier rang, la quasi-absence, à l'exception de Large Ventures de la BPI, de fonds d'investissements pour financer la croissance des entreprises au-delà de l'amorçage et des premiers tours de table. « Cette carence conduit les entreprises à aller en Bourse à un stade trop précoce », déplore le fondateur de IBionext.

Délais administratifs non tenus

Mais le plus gros problème pour les biotech françaises est l'environnement administratif. Faute de moyens suffisants, l'ANSM ne peut pas faire son travail. Le délai maximum fixé par l'Europe de 190 jours pour l'autorisation d'un essai clinique n'est jamais tenu. Comment s'étonner alors que, selon le BCG, 68 % des essais cliniques des sociétés technologiques dans le domaine de la santé soient réalisés uniquement à l'étranger ?

De même, la Haute Autorité de santé (HAS) qui procède à l'évaluation médico-économique, empêche, par son fonctionnement actuel, les patients français d'accéder aux nouveaux traitements au même rythme que les autres citoyens européens. C'est le constat du rapport du BCG qui souligne qu'il faut en France, en moyenne 408 jours pour commercialiser un produit, là où il n'en faut que 120 en Allemagne.

Si le rapport commandé par France Biotech formule une série de recommandations pour lever ces freins, aucune ne s'imposera véritablement « tant que le gouvernement Macron n'aura pas la volonté politique de réconcilier la France avec son industrie de la santé », estime Maryvonne Hiance. S'il ne le fait pas, nous allons finir par importer tous nos médicaments, alors qu'aujourd'hui, cette industrie est encore la troisième en France, en matière d'exportation ».

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