Les petits hôpitaux critiquent l'inaction du gouvernement

Le 07.01.2019 par SOLVEIG GODELUCK

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Les établissements locaux sont satisfaits des perspectives ouvertes par le plan Santé. Mais dans l'immédiat, des services ferment et des directeurs disparaissent.

Pour les petits hôpitaux, il est temps que le gouvernement joigne les actes à la parole. En septembre, ils ont applaudi le plan santé , qui prévoit de redéfinir le rôle des établissements de proximité , de façon plus large - ils seraient plutôt 500 à 600 au lieu de 250 - et en dégageant des moyens supplémentaires.

Une première réunion de concertation a eu lieu en novembre, et la seconde est prévue en février. Dans l'intervalle, le quotidien se fait de plus en plus pesant sur le terrain.

L'association nationale des centres hospitaliers locaux (ANCHL) a donc écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 18 décembre, pour l'alerter sur ce qui se passe dans les établissements, « en totale contradiction avec la réforme que vous annoncez ».

Certains services vidés

« On continue à nous enlever des lits de médecine pour les donner aux centres hospitaliers de référence », s'offusque Valérie Tendron, porte-parole de l'association.

Ces lits ne sont pas destinés à des patients nécessitant une opération chirurgicale et un plateau technique sophistiqué, mais plutôt à des personnes âgées ou souffrant de pathologies chroniques. Ils devraient en théorie rester au plus près de la population, dans des structures légères, au lieu d'être centralisés dans les grands centres urbains.

Certes, on ne ferme pas d'hôpitaux de proximité - c'était la promesse d'Agnès Buzyn. Mais on vide certains services, comme la gériatrie ou la rééducation, qui sont le coeur de métier et l'avenir de ces établissements. C'est un coup de canif dans le contrat, plaide l'ANCHL.

Des directeurs disparaissent

L'association n'accuse pas la ministre, mais les représentants de l'Etat : « Des agences régionales de santé profitent des départs de directeurs de centres hospitaliers locaux pour placer ces établissements en direction commune », reproche Valérie Tendron. Que ce soit pour économiser un poste ou pour prendre les manettes à distance, la conséquence est une perte d'autonomie locale.

« Comment pourra-t-on doter de moyens nouveaux et restructurer ces établissements s'ils sont pilotés par un directeur délégué rattaché à un gros centre hospitalier ? », s'inquiète la porte-parole.

Dans la même veine, les hôpitaux locaux se plaignent de la façon dont se passe leur intégration forcée au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT), dominés par les puissants hôpitaux universitaires.

« Des directions communes voire des fusions des établissements parties du GHT avec l'établissement support se préfigurent… financièrement, des charges abusives sont facturées », écrit l'ANCHL dans sa missive, en parlant même de « véritables assistances publiques départementales » en voie de création, suradministrées et sous-dotées.

« Nous demandons une gouvernance autonome dans le cadre des GHT, pour que nos médecins ne passent pas leur temps dans les réunions du groupement », poursuit Valérie Tendron, en rappelant que les effectifs locaux sont réduits. Comme les professionnels libéraux du territoire sont censés s'investir dans la gestion des hôpitaux de proximité, le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie avait envisagé que ces établissements ne rejoignent pas les GHT. Mais le gouvernement n'a pas voulu faire d'exception à la règle.

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