Les soignants se mettent dans la peau des malades au CHU de Bordeaux

Le 30.01.2019 par FRANK NIEDERCORN

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Aux cotés de professionnels de santé, Catherine Fabre (à droite), la députée LREM de la 2e circonscription de Gironde, a participé à l'expérience « In their shoes » au CHU de Bordeaux. - CHU Bordeaux

Avec l'expérience inédite « In their shoes » menée au CHU de Bordeaux avec le laboratoire Takeda et l'association AFA, des professionnels de santé ont vécu pendant 48 heures les symptômes de la maladie inflammatoire chronique de l'intestin, afin de mieux comprendre le quotidien contraignant de ces patients.

Dans la peau d'un malade. C'est l'expérience qu'ont accepté de vivre à la mi-janvier 36 professionnels de santé au sein du service d'hépato-gastro-entérologie et oncologie digestive du CHU de Bordeaux.

Ce challenge, baptisé « In their shoes » et basé sur un jeu de rôle, a été mis au point par le laboratoire Takeda et l'AFA, une association qui se consacre aux maladies inflammatoires chroniques intestinales (Mici). Ces pathologies, qui recouvrent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, affectent des patients jeunes avec des phases douloureuses, des périodes de rémission et des manifestations principalement intestinales : douleurs abdominales, diarrhées (avec ou sans saignements), sans parler d'un état général dégradé (fièvre, fatigue…).

« C'est une maladie très invalidante pour les patients, car tous les moments de leur vie sont touchés jusqu'aux aspects les plus intimes comme la vie sexuelle. Ils ont l'impression que leur vie se rétrécit sans pouvoir en parler car, souffrir d'épisodes de diarrhées, de jour comme de nuit, est presque tabou », analyse le professeur David Laharie, qui a lui-même participé à l'expérience. « Je connais tous ces symptômes, mais le fait de vivre cela de l'intérieur renverse la position du soignant, dont le regard change. »

Expérience ultraréaliste

Chaque participant, dont l'un des directeurs du CHU et la députée LREM de la 2e circonscription de Gironde, Catherine Fabre, qui ont accepté de jouer le jeu, ont dû pendant 36 heures répondre aux dizaines d'injonctions envoyées par l'application de jour comme de nuit.

Par exemple, devoir trouver des toilettes dans les cinq minutes, enfiler une couche en pleine nuit ou cesser toute activité à cause de douleurs intenses. Pour ajouter au réalisme, ils devaient même par instants porter une ceinture abdominale simulant les douleurs ou utiliser des capsules de teinture rouge à jeter dans les toilettes pour reproduire des selles sanglantes.

« C'est une réelle satisfaction de voir que cela permet aux malades de sortir de leur isolement », explique Anne Buisson, vice-présidente de l'AFA.

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