Loi santé : le recrutement de 400 généralistes dans les déserts médicaux est lancé

Le 18.02.2019 par SOLVEIG GODELUCK

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loi santé : recrutement de 400 généralistes

Emmanuel Macron avait promis en septembre d'envoyer 400 généralistes dans les déserts médicaux en 2019. L'instruction gouvernementale prévoit de recruter la moitié en exercice mixte et l'autre en salariat pur.

Il y a urgence. Les déserts médicaux occupent 18 % du territoire et 9 % des Français n'ont pas de médecin traitant. Pour s'attaquer au plus vite à ce problème, Emmanuel Macron a annoncé le 18 septembre dernier, que 400 généralistes seraient envoyés dans les zones sous-dotées en 2019.

Des groupes de travail ont planché sur le sujet avec les représentants des médecins depuis la fin 2018. Le 1er février, le ministère de la Santé a envoyé une instruction aux Agences régionales de santé (ARS) détaillant les modalités d'application et la répartition régionale des postes et des financements.

Un exercice mixte taillé sur mesure

« L'idée est de créer un exercice mixte, libéral et salarié, taillé sur mesure. C'est le meilleur des deux mondes », se réjouit Lucie Garcin, porte-parole du syndicat d'internes généralistes Isnar-IMG. Pour les jeunes qui débutent dans la carrière et ne connaissent encore que l'hôpital, l'exercice en ville peut en effet paraître un peu rebutant. Ces nouveaux contrats aidés font donc figure de sas - même s'ils ne sont pas réservés aux jeunes médecins.

Sur ces 400 postes, au moins 200 pourront combiner un exercice hospitalier à temps partiel (40 % à 60 %) avec un exercice en ville - soit dans un cabinet libéral, soit en tant que salarié d'un centre de santé. Les ARS iront recruter les internes de médecine générale en dernière année dès le printemps (27 en Ile-de-France, 20 dans le Grand-Est, 20 en Auvergne-Rhône-Alpes, etc.). Elles pourront leur proposer des contrats d'engagement de service public qui donnent droit à une protection sociale plus généreuse. Les hôpitaux paieront leur part via leurs dotations pour la recherche et l'enseignement (MERRI).

Une garantie de ressources

Mais dans certaines zones sous-denses ou quartiers prioritaires de la ville où les carences sont particulièrement importantes, seul le salariat intégral semble en mesure d'attirer les médecins. Il est donc prévu de recruter 200 généralistes pas encore installés (jeunes, remplaçants) ou bien exerçant dans une zone bien dotée.

Leurs employeurs bénéficieront pendant deux ans d'une garantie de ressources permettant de couvrir l'écart entre ce qu'ils rapportent et les charges qu'ils entraînent. Deux ans, c'est le temps nécessaire pour constituer une patientèle. Le coût salarial maximal pouvant être garanti sera de 9.000 euros avec les charges patronales, ce qui revient au brut garanti aux praticiens territoriaux médecins généralistes (PTMG), 6.900 euros par mois.

Ils seraient embauchés par des centres de santé, y compris des centres dentaires ou infirmiers. Des établissements de santé pourront également créer un poste affecté exclusivement à l'exercice ambulatoire. Et les libéraux installés sont encouragés à salarier directement un généraliste.

Consacrer du temps au planning familial, à un Ehpad…

« Nous sommes extrêmement réservés sur l'exercice mixte, car on fait croire aux généralistes qu'ils pourront rester à l'hôpital indéfiniment », explique Yannick Schmitt, du syndicat de jeunes médecins Reagjir. Or, explique-t-il, d'une part « il n'y aura jamais autant de postes pour des généralistes à l'hôpital », d'autre part, il y a un moment où il vaut mieux s'installer pour de bon. « Si vous êtes à mi-temps pendant deux ans, par exemple, pensez-vous que beaucoup de patients vont vous choisir comme médecin traitant ? » interroge-t-il. Une partie de la rémunération du libéral repose sur le forfait médecin traitant. Selon lui, cette option ne sera réaliste qu'à condition d'exercer avant tout en libéral, et de consacrer un peu de temps au planning familial, à un Ehpad, une PMI, ou autre.

En revanche, le jeune médecin applaudit l'idée de salarier à 100 % des médecins. « Cela permet de sécuriser les débuts, avec une garantie du niveau d'activité et un niveau de protection sociale équivalent à celui du PTMG », se félicite-t-il. Un désir partagé par un nombre croissant de jeunes médecins.

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