Lunettes, couronnes, audioprothèses : ce que va annoncer Macron

Le 12.06.2018 par Solveig Godeluck

logo les échos

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn

Le chef de l'Etat va présenter mercredi au congrès de la Mutualité française les conditions de la mise en place du reste à charge zéro en santé. Opticiens, dentistes et audioprothésistes seront mis à contribution.

Bientôt, les Français auront tous accès à des prothèses dentaires, auditives et des lunettes gratuites et de bonne qualité. Emmanuel Macron va annoncer ce mercredi au congrès de la Mutualité française, à Montpellier, la mise en place par étapes du reste à charge zéro en santé. Il avait formulé cette promesse pendant la campagne présidentielle en mars 2017, lors d'une conférence organisée - déjà - par le mouvement mutualiste.
De fait, les complémentaires santé sont les principaux financeurs de ces soins. L'Assurance-maladie s'est progressivement désengagée pour faire des économies, d'où un renoncement aux soins croissant, que tente aujourd'hui d'endiguer le gouvernement.
 

De nouvelles nomenclatures

 
Après six mois de négociation avec l'Assurance-maladie pour les dentistes, et de concertation avec le ministère pour les filières optique et auditive, de nouvelles nomenclatures ont été élaborées. Les prix seront révisés par la voie réglementaire, et commenceront à s'ajuster à la baisse dès 2019, avec une prise en charge intégrale de certains soins dès 2020.
Concrètement, les Français pourront sans aucune condition de revenus accéder gratuitement à des prothèses auditives valant jusqu'à 950 euros par oreille à partir de 2021. En dentisterie, la couronne céramo-métallique facturée en moyenne 542 euros sera intégralement remboursée dès 2020, et le dentier d'une valeur de 1.175 euros tombera à zéro en 2021.
 

Un véritable tremblement de terre

 
Dans le panier « reste à charge zéro », il y a également des lunettes à 95 euros (verres simples) ou 190 euros (verres progressifs) à partir de 2020. Les consommateurs pourront sélectionner les verres gratuits pour 30 euros de moins que le prix de la paire de lunettes, puis acheter séparément une monture de marque, chère et non remboursée.

Pour les professions de santé concernées, c'est un véritable tremblement de terre. Toutefois, les deux syndicats d'opticiens signataires du protocole « reste à charge zéro » estiment l'avoir échappé belle. L'administration avait prévu de ponctionner fortement la filière optique, appelée à se restructurer. Les professionnels évoquaient des économies de 1 milliard d'euros réalisées sur leur dos.

Entre mars et juin, les tarifs du reste à charge zéro ont augmenté de plus de 72 %, et seront proches ou supérieurs aux planchers actuels des contrats responsables, se félicite ainsi le Rassemblement des opticiens de France sur son site Internet. Autre motif de satisfaction : il demeure possible de renouveler gratuitement ses lunettes tous les 2 ans et non 3 comme envisagé au départ. Enfin, on pourra quand même les renouveler si la vue se dégrade un tout petit peu : de 0,25 dioptrie, et non plus 0,50 dioptrie.
 

Un panier de soins à tarifs libres

 
Surtout, les professionnels conserveront tous un panier de soins à tarifs libres, au nom du libre choix et de l'innovation. Cela leur permettra de regonfler leurs marges, même s'il est probable que la gratuité va attirer les foules et provoquer une hausse des volumes.

Pour les aider à passer le cap de la réforme, des revalorisations tarifaires sont prévues. A terme, dans cinq ans, les dentistes toucheront 287 millions d'euros de plus. Grâce à un effort financier de la Sécurité sociale et des complémentaires, les audioprothésistes vont pouvoir augmenter leurs ventes, alors qu'aujourd'hui le niveau très faible de la prise en charge rend leurs tarifs prohibitifs. Les opticiens, quant à eux, ont obtenu une revalorisation du « tarif CMU-C ».

Ces concessions arrachées de haute lutte devront bien être financées. L'addition totale du reste à charge zéro pour les complémentaires santé n'a pas encore été dévoilée. Pour le dentaire, elle est déjà de 500 millions d'euros par an, auxquels s'ajoutent 700 millions d'euros d'efforts pour l'Assurance-maladie. Les gestes consentis dans la dernière ligne droite sur les prix des audioprothèses vont aussi alourdir la charge pour la Sécurité sociale.

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn

La communauté MACSF

Un forum avec plus de 500 000 professionnels de santé prêts à échanger sur vos pratiques professionnelles, votre mode d’exercice ou votre matériel…

Solliciter la communauté

L'application MACSF

Accédez à votre espace personnel et toutes ses fonctionnalités sur votre mobile !

Les newsletters

Recevez toute l’actualité sur votre profession/spécialité ainsi que nos offres dédiées.

S'abonner

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une navigation optimale et bénéficier de contenus et services adaptés.

×