Médicaments et vaccins : un Français sur quatre concerné par les pénuries

Le 18.01.2019 par Claude Fouquet

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Selon un sondage réalisé pour France Assos Santé, 45 % des personnes confrontées à ces pénuries ont été contraintes de reporter leur traitement, de le modifier, voire d'y renoncer ou de l'arrêter.

Les Français ont de plus en plus de mal à se soigner. En octobre dernier, des associations de malades de Parkinson et des neurologues avaient lancé un « cri d'alerte » face à la pénurie de certains traitements.

Le Sénat avait alors fait une trentaine de propositions pour tenter de résoudre la situation. Ce jeudi, un sondage réalisé pour France Assos Santé vient confirmer l'ampleur du phénomène. Selon cette enquête, un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments.

Selon ce sondage réalisé fin 2018 par BVA sur un échantillon représentatif de la population française de 955 personnes, 25 % des personnes interrogées disent s'être déjà vu refuser la délivrance d'un médicament ou d'un vaccin pour cause de pénurie. Une proportion qui atteint 31 % pour les personnes atteintes d'une affection de longue durée (AVC invalidant, cancers, maladie coronaire, Parkinson, Alzheimer, atteintes rénales, insuffisances respiratoires et cardiaques et autres maladies graves).

Les vaccins concernés dans un cas sur trois

Dans 36 % des cas, ces ruptures d'approvisionnement concernent des vaccins.

« Au-delà du risque évident pour la santé individuelle des personnes, ces pénuries de vaccins constituent une menace potentielle pour la santé publique », s'alarme Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé.

L'impact est « délétère » sur le suivi du traitement, la qualité de vie des personnes et la santé publique, note France Assos Santé. Quelque 45 % des personnes dans cette situation ont en effet « été contraintes de reporter leur traitement, de le modifier, voire d'y renoncer ou de l'arrêter complètement ».

En outre, 21 % des patients ont jugé anxiogène cette situation. Et pour cause, les conséquences de la non-disponibilité d'un médicament peuvent être graves : augmentation des symptômes dans 14 % des cas, erreurs dans la prise de médicaments de substitution (4 %) et plus inquiétant encore, hospitalisation nécessaire pour une personne sur 20.

Les industriels pointés du doigt

Pour les personnes interrogées comme pour l'association, les industriels du secteur sont les principaux responsables de cette situation, même si les pouvoirs publics et grossistes sont également tenus pour responsables. Plus d'un Français interrogé sur deux (56 %) estime en effet que la raison de cette pénurie tient au fait que les industriels du médicament privilégieraient la production de certains médicaments ou vaccins au détriment d'autres.

« Les industriels sont très largement responsables de ces pénuries, principalement dues à des stratégies financières contestables, à un désengagement de certains médicaments et à une concentration des sites de productions », dénonce France Assos Santé.

Qui réclame, vu la situation, « une régulation plus efficace de la part des autorités sanitaires nationales et européennes », une « information claire et transparente sur les causes de ces ruptures, les plans de gestion des pénuries (PGP) mis en place, ainsi que sur les sanctions imposées en cas de manquement aux obligations de notification et de mise en oeuvre de ces plans ».

Le nombre des médicaments manquants a décuplé en 10 ans

Entre 2008 et 2018, le nombre de médicaments signalés comme manquants a été multiplié par au moins 10, selon les données de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Dans son dernier bilan social, l'ANSM rappelle qu'en 2017, elle a reçu 538 signalements de rupture de stocks ou de difficulté d'approvisionnement pour des traitements considérés comme essentiels.

En octobre 2018, l'Ordre des pharmaciens dénombrait déjà sur l'année 431 médicaments en rupture d'approvisionnement. Dont 14 vaccins.

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