Urgences : Buzyn dévoile de nouvelles mesures pour tenter d'éteindre la crise

Le 05.09.2019 par SOLVEIG GODELUCK

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services d'urgence

La ministre de la Santé a donné ce lundi les grandes lignes des nouvelles mesures en faveur des urgences hospitalières qu'elle détaillera dans une semaine. Elles visent à limiter l'afflux de patients en amont et à décharger les médecins de tâches pouvant être assumées par les infirmiers. Des dispositions spécifiques sont prévues pour la prise en charge des personnes âgées.

Les grandes vacances sont terminées, mais les urgentistes ne désarment pas. Au dernier décompte du collectif Inter-Urgences, il y avait fin août 233 services en grève, contre une centaine début juillet. Les prises de position de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la prime de risque de 100 euros par mois promise en juin aux paramédicaux n'ont en rien apaisé la colère des soignants face à des conditions de travail dégradées par l'afflux des patients .

C'est pourquoi Agnès Buzyn est de nouveau montée au front ce lundi sur la crise des urgences, lors d'un déplacement à Poitiers, dans un centre hospitalier universitaire qui a échappé à la grève . Elle a défloré une partie des annonces qu'elle fera lundi prochain, le jour où elle a prévu de réunir les syndicats d'urgentistes, les acteurs hospitaliers et libéraux, le collectif Inter-Urgences afin de « compléter et formaliser un ensemble de premières mesures, propres à refonder le modèle des soins d'urgences », selon le communiqué du ministère.

En attendant ce grand raout, les mêmes acteurs doivent être reçus ce mardi par le député LREM Thomas Mesnier et le professeur Pierre Carli, chargés d'une mission de réforme des urgences, et dont les recommandations ont inspiré les pré-annonces d'Agnès Buzyn lundi.

Une filière pour les personnes âgées

Pour désengorger les urgences, il faut libérer du temps médical, denrée rare. Le premier train de mesures vise donc à éviter les hospitalisations qui ne sont pas nécessaires, en permettant aux patients de consulter directement en ville. Les Samu pourront les déposer non pas à l'hôpital, mais dans un cabinet libéral ou bien une maison de santé. Par ailleurs, ces libéraux pourront pratiquer directement certains examens de biologie qu'ils n'ont pas le droit d'effectuer aujourd'hui - ce qui contraint les patients à un long parcours de santé, incompatible avec l'urgence.

Par ailleurs, des mesures spécifiques aux personnes âgées sont prévues, car elles arrivent nombreuses aux urgences, alors qu'elles sont suivies en cardiologie ou ailleurs. Elles pourront être admises en direct en médecine, comme cela se fait déjà dans certains hôpitaux. Des moyens budgétaires seront dégagés à cet effet lors de la prochaine campagne tarifaire.

Un financement sera également accordé aux Samu pour qu'ils s'équipent afin de transmettre des vidéos des résidents d'Ehpad afin de vérifier si une hospitalisation est nécessaire - c'est ce qui se fait déjà à Poitiers.

Des infirmiers urgentistes de pratique avancée

L'expérience de Poitiers, où une cellule informatisée de gestion des lits a été mise en place, va également être reproduite et généralisée, avec pour objectif de couvrir 50 % des groupements hospitaliers de territoire fin 2020.

Enfin, à plus long terme, la ministre compte sur les paramédicaux pour assumer une partie des tâches aujourd'hui confiées aux seuls médecins. Cela passe par deux nouveaux protocoles de coopération infirmiers, pour l'imagerie et les sutures de plaies, rémunérés via la nouvelle « prime de coopération ». Puis à la rentrée 2020, des infirmiers pourront débuter une formation de « pratique avancée urgences », qui leur permettra à terme de diagnostiquer les patients à l'aide d'un algorithme, de prescrire de l'imagerie, de réaliser certains actes techniques.

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