Maisons de santé et pharmacies d’officine : comment travailler en coordination ?

Le 17.04.2018 par Jean-Jacques Cristofari

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Des médecins et un pharmacien d’officine travaillant en coordination.

Les maisons et les pôles de santé pluriprofessionnels ont engagé de nouveaux modes de collaboration avec les pharmaciens de ville ou de campagne. Ensemble, ils ont noué de nouvelles relations de travail en vue d’un parcours de soins des patients mieux coordonné.

Pharmacie et MSP, même combat !

 
Avec les MSP, bien des pratiques ont changé depuis 10 ans. « L’évolution des métiers et les frontières entre les activités des différents professionnels de santé ont évolué pour répondre aux défis que sont le vieillissement de la population et l’explosion des maladies chroniques » explique Pascal Gendry, généraliste à Renazé, en Mayenne, et président de la Fédération Française des Maisons et Pôles de Santé (FFMPS). 

Pour ce dernier, l’heure n’est plus au maintien des prés carrés, mais bien à la coordination des professionnels autour des patients dans des structures formelles (MSP) ou informelles (pôles de santé) sur des territoires donnés.
 

Direction l’Aubrac, pour un exemple de coordination avec les pharmaciens d’officine

 
Les professionnels des plateaux de l’Aubrac, au Nord de l’Aveyron, partagent pleinement cette vision. 65 acteurs d’un réseau de santé de proximité qui comprend à ce jour 4 sites, dont 3 MSP et un pôle ou maison « hors les murs », et s’étend sur quatre cantons, ont ainsi choisi de s’organiser en intégrant les pharmaciens du territoire concerné.

« L’objectif initial a été de mettre en place une réponse adaptée au risque de désertification médicale et d’offrir à la population du Nord Aveyron un réseau de professionnels de proximité permettant une prise en charge globale des problèmes de santé », explique le Dr Philippe Nekrouf, cofondateur, animateur du réseau et généraliste à Laguiole.
 

Et au quotidien, comment ça se passe ?

 
En 2016, un groupe de réflexion est mis en place en vue d’analyser les événements indésirables associés aux soins. Il se réunira une fois par mois pour préparer les mesures à mettre en œuvre en vue d’apporter des solutions aux événements rencontrés.

Des actions de santé publique – sur l’alcool, le diabète, l’utilisation des anticoagulants oraux – seront également conduites et un autre groupe de travail sera mis en place avec le pilote MAIA du département en vue de créer des fiches d’informations sur les patients de plus de 75 ans du réseau, utilisées dans les navettes de ces derniers entre leur domicile et l’hôpital.

Catherine Bors, installée à Sainte-Genevève-sur-Argence, a accompagné ces groupes. Elle est une des deux pharmaciennes associée au réseau sur les cinq que compte le territoire. « Nous avons profondément changé notre façon d’exercer », souligne cette dernière, pour qui « l’amélioration continue de la communication a grandement facilité le travail de coordination entre professionnels du secteur. »
 

Prochain défi : la iotrogénie médicamenteuse

 
Médecins et pharmaciens vont prochainement s’atteler au problème de la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées. Le projet a reçu le soutien du nouveau Parc naturel régional de l’Aubrac qui entend favoriser des expérimentations dans le domaine de la mobilité en santé et en montagne.

« L’objectif du projet, qui intègre les pharmaciens du nord de l’Aveyron, est de prendre en charge le déplacement à domicile de ces derniers afin qu’ils puissent faire des expertises sur place », précise le Dr Didier De Labrusse, généraliste à Laguiole et promoteur du dossier. A ses yeux, il faut sécuriser le circuit du médicament et favoriser son bon usage.

Le projet, soutenu par les communes du territoire, devrait ainsi compléter la mise en œuvre du bilan partagé de médication des plus de 65 ans en ALD et des plus de 75 ans atteints d’au moins deux maladies chroniques et mis en place avec le récent avenant 12 à la convention des pharmaciens. « Avec ces deux outils, la coordination entre médecins et pharmaciens va encore se renforcer », souligne Catherine Bors.
 

La coordination MSP-pharmacie, « une belle aventure humaine »

 
« La coordination entre professionnels de santé, c’est faire tomber toutes les cloisons », note de son côté Brigitte Bouzige, pharmacienne à les Salles du Gardon, dans le Gard, depuis 30 ans et membre de la MSP du Grand Combes. « C’est une belle aventure humaine. A nous d’innover et d’imaginer », ajoute celle qui est également vice-président de la FFMPS et travaille aux côtés de Pascal Gendry pour renforcer une coordination qu’elle qualifie de « ciment des soins primaires ».
 

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