Plan santé : comment le gouvernement va redessiner la carte hospitalière

Le 17.09.2018 par SOLVEIG GODELUCK
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Le gouvernement souhaite ouvrir les hôpitaux locaux aux professionnels de santé libéraux. La carte hospitalière va ainsi être revue.

Redessiner la carte hospitalière, mais sans déclencher une tempête. C'est le pari que devrait faire Emmanuel Macron mardi, avec la présentation de son plan de transformation du système de santé. Selon nos informations, le président va annoncer la création d'un réseau d'établissements hospitaliers de proximité ouverts aux professionnels de santé de ville. Ces structures légères disposeront de lits. On pourra éventuellement s'y faire opérer de jour, y réaliser une radio ou une prise de sang, mais ils ne seront pas équipés de lourds plateaux techniques, contrairement aux hôpitaux de plein exercice.

Pour y parvenir, le gouvernement ne souhaite pas créer de nouveaux établissements, alors que le système hospitalier compte déjà bien plus de lits par habitant qu'en Allemagne. Il préfère reconvertir les hôpitaux de proximité, qui bataillent pour leur survie, pour le maintien d'une maternité ou d'un bloc opératoire. Mais 240 établissements, c'est bien peu pour mailler le territoire. Des unités dédiées aux besoins locaux pourraient aussi être ouvertes au sein d'hôpitaux plus grands, dans des CHU.

Cette restructuration nécessitera des moyens financiers. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a plaidé pour un assouplissement de l'objectif de dépenses d'assurance-maladie l'an prochain, et pour que les tarifs hospitaliers ne baissent plus. Selon la Fédération hospitalière de France, la hausse du volume d'activité devrait rester inférieure à 1,5 % en 2018, pour la deuxième année consécutive.

Au service des médecins de ville

Le gouvernement va donc mettre en oeuvre la proposition formulée par le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie (HCAAM) , celle de créer des « établissements de santé communautaires ». Ces structures de premier recours - il en faudrait 550 à 600 idéalement - doivent, selon le HCAAM, être mises au service des médecins de ville et s'intégrer aux filières de soins locales, médecine générale, gériatrie, soins de suite, prévention tabac ou obésité, médecine infantile et scolaire… Pilotées par les acteurs de terrain, elles auraient trois missions : limiter le recours non pertinent à l'hôpital, organiser les sorties d'hospitalisation, faciliter la permanence et la continuité des soins sur leur bassin de vie.

Dans ce schéma, ce sont les « communautés professionnelles territoriales de santé » (CPTS) créées par la loi Touraine de 2015 qui prennent le pouvoir à l'échelle locale pour organiser et garantir l'accès aux soins - un rôle aujourd'hui largement dévolu à l'hôpital, vers lequel on se tourne quand il n'y a plus de solutions en ville. Mais les quelque 200 CPTS créées à ce jour sont encore « très largement virtuelles », selon Jacques Battistoni, le président de MG France, car elles sont peu nombreuses, hétérogènes, et manquent de moyens.

Cette faiblesse risque de compromettre le renversement de perspective. Car que pèse localement une CPTS encore embryonnaire face à un CHU ? De plus, les futurs établissements communautaires devraient rester inscrits dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT), pilotés par les grands établissements. Autrement dit, la gouvernance des nouveaux établissements, même partagée, devrait rester marquée de l'empreinte puissante des hôpitaux.

 

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