Prise en charge des personnes âgées dans les maisons de santé

Le 07.09.2018 par Jean-Jacques Cristofari
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La prise en charge des personnes âgées est un nouveau défi auquel, en tant que professionnel de santé, vous êtes amenés à répondre au quotidien. En maison de santé, certains outils existent déjà (ACI, ROSP…). D’autres se mettent en place. Décryptage.

Parcours de soins d’une maison de santé : focus sur la prise en charge des personnes âgées

Le vieillissement de la population et la prise en charge des personnes âgées constituent de nouveaux défis auxquels, en tant que professionnels de santé, vous êtes amenés à répondre. En maison de santé, les outils sur lesquels vous pouvez vous appuyer existent déjà et d’autres se mettent en place. 

La France compte à ce jour 65 millions d’habitants dont 19,6 % ont plus de 65 ans. En 2050, selon les projections de l’INSEE, elle en comptera 70 millions et un habitant sur trois sera âgé de plus de 60 ans et les plus de 75 ans formeront 15,6 % de la population. Vous êtes face aux conséquences sanitaires du vieillissement marqué de votre patientèle, et avec ce dernier, vous aurez à répondre à l’explosion des maladies chroniques qui accompagnent cette évolution démographique.

Des rémunérations ciblées pour la prise en charge des personnes âgées

La convention signée en 2016 et le récent accord conventionnel interprofessionnel (ACI) encouragent les praticiens à s’investir dans la prise en charge des personnes âgées. La convention a ainsi introduit dans sa nomenclature une consultation de visite longue pour des patients atteints de pathologie neurodégénérative (60 €). Et depuis 2018, les médecins traitants bénéficient d’une rémunération forfaitaire, versée trimestriellement, qui intègre la complexité de la prise en charge de la patientèle, en particulier pour les patients :

  • en ALD et ceux âgés de plus de 80 ans (42 euros),
  • voire pour les plus de 80 ans en ALD (70 euros).

Le montant moyen de cette rémunération forfaitaire est estimé à 14 640 euros par la CNAMTS.

A ces mesures s’ajoutent une rémunération sur objectif de santé publique (ROSP), par laquelle le suivi des pathologies chroniques contribue à valoriser cette rémunération spécifique.

L’ACI, qui bénéficie aux maisons de santé et aux centres de santé adhérant au contrat, permet à leurs professionnels de santé d’accéder à une rémunération modulée en fonction de l’atteinte d’indicateurs organisés autour de :

  • l’accès aux soins,
  • la qualité et de la coordination des soins.

Le tout appuyé par un système d’information partagé.

« L’ACI favorise la collaboration interprofessionnelle au sein des pôles et maisons de santé », explique le Dr Philippe Marissal, médecin généraliste au sein du pôle de santé Valromey-Bugey, dans l’Ain, qui rassemble une vingtaine de professionnels. Ces derniers ont ainsi établi entre eux :

  • un protocole de maintien à domicile des personnes âgées,
  • et un autre sur l’alimentation et la malnutrition, toujours à destination des patients âgés.

« L’ACI nous finance également des réunions axées sur les cas complexes dans le champ des personnes âgées », poursuit le médecin. L’infirmière ASALEE (Action de Santé libérale en équipe) recrutée sur sa maison de santé permet également d’opérer un meilleur repérage des personnes souffrant de maladies chroniques et d’en assurer une meilleure prise en charge.

 

Maison de santé et prise en charge des personnes âgées : vers un nouveau modèle économique

Plus au sud, dans le Tarn, la toute nouvelle maison de santé pluri-professionnelle de Réalmont, labellisée en avril 2017 et créée par une quinzaine de professionnels de santé libéraux, dont 4 médecins généralistes, s’est également attelée à mieux prendre en charge les personnes âgées.

Une infirmière ASALEE y fait du dépistage et des bilans de fragilité de ces populations, pour lesquelles elle est ainsi devenue la personne référente « L’objectif est d’améliorer le parcours des patients âgés, de travailler en équipe et de faire de la prévention pour éviter le recours à l’hospitalisation », souligne le Dr Margot Bayart, généraliste à la MSP. Reste que cette prise en charge n’est guère facilitée par le modèle économique qui prévaut à la maison de santé : « Je ne suis pas incitée à prendre le temps de coordination nécessaire face à l’afflux des demande », souligne la généraliste. « Nous faisons du maintien à domicile, mais sans les moyens », ajoute cette dernière.

L’augmentation des forfaits dans la rémunération des médecins généralistes a certes favorisé de meilleures prises en charge des patients âgés, en particulier pour celles qui sont chronophages. Pour l’heure, le Dr Bayart peaufine de nouveaux projets dans le cadre de la création des Plateformes Territoriales d'Appui (PTA) et des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé(CPTS) financées par les Agences régionales de santé. « Il faut développer les complémentarités sur les territoires », plaide la généraliste, qui fonde de gros espoirs sur les projets portés par les professionnels de santé de ville. « Un nouveau modèle économique peut en émerger », conclut-elle.

 

  
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