Professionnels de santé libéraux : dans quelles régions êtes-vous installés ?

Le 13.03.2018

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une professionnelle de santé installée dans une MSP.

La garantie d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire est l’une des actions prioritaires de la stratégie nationale de santé 2018-2022. L’occasion de faire le point sur les régions de France qui ont les faveurs des professionnels de santé… ou pas !

 Dites-nous votre spécialité et vos tarifs, nous vous dirons vos régions de prédilection…

 
En 2015, 84% de la population dispose d’un médecin dans sa commune. 98% accède à l’un d’entre eux en moins de 10 minutes(1). Des pourcentages élevés qui indiquent une bonne couverture territoriale. En cela, ces professionnels se rapprochent des pharmaciens (dont l’installation est régulée). Néanmoins, la baisse régulière du nombre de généralistes pourrait changer la donne car les nouvelles installations ne suffisent plus à compenser les départs à la retraite. Il pourrait en résulter une concentration des médecins généralistes dans les principales zones urbaines au détriment de leurs périphéries et des territoires ruraux. Trois régions risquent de manquer sérieusement de généralistes dans les cinq prochaines années : la Bourgogne, la Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire.

La répartition géographique est plus hétérogène pour les spécialistes en accès directs, les sages-femmes et les masseurs-kinésithérapeutes, comme le souligne une étude de la Drees(2). Moins nombreux que les médecins généralistes, ils sont surtout présents dans les grands pôles urbains. Pour leur part, les infirmiers libéraux favorisent certes ces grands pôles, les couronnes urbaines de ces pôles et ceux de moindre taille, mais ils ne délaissent pas pour autant les communes isolées. Certaines zones suscitant un attrait plus marqué, comme la Gironde et les littoraux méditerranéen et breton.

Au-delà de ces observations générales, force est de constater l’attractivité de certains territoires, que sont le Sud de la France, les départements dotés de centres hospitaliers universitaires, les villes et plus particulièrement celles des zones côtières ou touristiques. A l’inverse, les espaces ruraux tendent à être délaissés, de même que les territoires ultra-marins, dont certains manquent de professionnels de santé alors même que les besoins sont croissants (comme à Mayotte ou en Guyane) ou urgents, en raison de situation inédite (comme à Saint Martin et Saint Barthélemy, qui nécessitent une reconstruction de l’offre de soin suite aux événements climatiques survenus en 2017).

On notera également le cas particulier de Paris et de sa région. Le nombre de médecins généralistes y est en forte baisse, du fait notamment des prix de l’immobilier prohibitifs qui limitent les installations. En revanche, les habitants bénéficient d’une forte accessibilité aux spécialistes en accès direct.

Enfin, outre le critère de la spécialité, des disparités géographiques apparaissent en fonction des conditions tarifaires. Toujours selon l’étude de la Drees, les professionnels de secteur 1 sont en effet moins concentrés dans les grands pôles urbains que leurs confrères de secteur 2.

Vous préférez l’exercice en groupe ? Alors, c’est par ici !

  

 
Lire aussi :

Chiffre clés de l’installation en libéral : êtes-vous plutôt cabinet de groupe ou MSP ?

 
D’après une étude de la Drees publiée en 2004(3), ce mode d’exercice ne se développerait de façon homogène en France. Ainsi, les professionnels de santé qui exerçaient le plus fréquemment en groupe étaient installés :

  • en région parisienne ;
  • dans l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou Charentes) ;
  • et le Centre-Est (Rhône Alpes, Auvergne).
     

Autrement dit, ce type de pratique était moins prisé dans le Nord, à l’Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté) et en Méditerranée (Languedoc Roussillon, PACA et Corse).

Dans le détail, des variations pouvaient être observées selon la spécialité. Par exemple, si les radiologues n’étaient que 68% à exercer en groupe en région parisienne, ils étaient plus de 90% à choisir ce mode d’exercice dans le Sud-Ouest (Aquitaine, Pyrénées et Limousin) et l’Ouest.

Oui, les MSP sont situées dans les zones à dominante rurale, mais…

 
Parmi les modes d’exercice en groupe, l’un d’eux bénéficie d’un soutien particulier des pouvoirs publics : les maisons de santé pluriprofessionnelles, l’une des solutions clés retenues pour lutter contre les déserts médicaux.  Voici comment se répartissent les 1 244 MSP actuellement recensées sur le territoire (910 ouvertes, 334 en projet).

Répartition des MSP

En 2013, l’Irdes(4) nous apprenait ainsi que ¾ des maisons et pôles de santé étaient situés dans des bassins de vie à dominante rurale, et plus précisément dans trois types de bassins de vie :

  • ceux défavorisés d’un point de vue socio-économique et sanitaire, dont l’offre de généralistes libéraux est moindre (majoritairement le quart Nord-Est de la France) ;
  • ceux à dominante industrielle et agricole, moins dotés que la moyenne en offre de soin de premiers recours et dont la densité de médecins généralistes diminue (principalement le quart Nord-Ouest de la France) ;
  • ou encore ceux ruraux profonds, bien dotés en offre de soins de premiers recours mais avec une offre de généralistes libéraux moindre.
     

A l’inverse, les maisons de santé implantées dans les espaces à dominante rurale sont moins nombreuses :

  • en périphérie des plus grandes villes très favorisées sur les plans socio-économiques et sanitaires, mais légèrement moins dotées en premiers recours ;
  • ou encore dans les bassins de vie attractifs du Sud de la France ou des littoraux.
     

Toutefois, ce constat dressé en 2013 pourrait être sur le point de changer, la DGOS soulignant depuis plusieurs années une tendance à la baisse du nombre de projets de MSP en milieu rural. En mars 2017, elle y dénombrait :

  • 43% des MSP ouvertes, contre 54% en mars 2014 ;
  • 37% des MSP en projet, contre 55% en mars 2014(5) .

Et la palme de la région comptant le plus de MSP va… à la région Auvergne-Rhône-Alpes !

 
Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région la plus peuplée de France (avec 7,7 millions d’habitants). Elle se caractérise par de forts contrastes démographiques, entre des zones très urbanisées et attractives qui regroupent 80% de la population (dans la métropole de Lyon, mais aussi à Saint-Etienne, Grenoble ou Clermont Ferrand), et des territoires ruraux et montagneux, moins densément peuplées (comme l’Allier, le Cantal ou encore la Haute-Loire). 

Le cadre d’orientation stratégique du projet régional de santé 2018-2028 de la région fait état d’une dispersion de l’offre de soin, avec une problématique majeure quant à l’accès aux médecins généralistes. Celle-ci concerne en priorité :

  • l’Ouest de la région ;
  • certaines zones du Sud (Drôme et Ardèche) ;
  • l’Est (l’Ain et les zones montagneuses) ;
  • des quartiers urbains défavorisés des grandes villes.
     

Pour y remédier, différentes actions ont été mises en œuvre ces dernières années, dont celle d’encourager le développement des formes d’exercices regroupés, comme les maisons de santé pluriprofessionnelles et les centres de santé. 

Ainsi, entre 2016 et 2018, la région Auvergne-Rhône Alpes a notamment augmenté de 50% le nombre de maisons de santé, avec une soixantaine de nouvelles installations. A cette fin, elle a doublé le montant des aides à l’investissement (passée de 100 000 à 200 000 euros). Entre 2014 et 2016, l’Auvergne est de son côté passée de 9 MSP labellisées par l’ARS à plus de 25.

Début 2018, la région a dressé un bilan positif de cette politique : des maisons de santé sont réparties sur l’ensemble de son territoire et notamment dans les zones définies comme « fragiles » (tandis que les centres de santé polyvalents sont plutôt implantés en zone urbaine). Elles ont contribué à apporter « un début de réponse qu’il faudra poursuivre et amplifier »(6). Plus de 100 créations de MSP y sont annoncées dans les années à venir.

(1) « Déserts médicaux : comment les définir ? Comment les mesurer », Les Dossiers de la Drees, mai 2017.
(2) « Portraits des professionnels de santé - Edition 2016 », Drees, juillet 2016.
(3) « L’exercice en groupe des médecins libéraux », Drees, juin 2004.
(4) « Répartition géographique des maisons et pôles de santé en France et impact sur la densité des médecins généralistes libéraux », Irdes, septembre 2013.
(5) « Observatoire des MSP », DGOS, mars 2017.
(6) « Cadre d’orientation stratégique 2018-2028 » et « Données de santé », ARS Auvergne Rhône Alpes, décembre 2017.

  
Et vous, où êtes-vous installés ? Venez partager vos expériences et vos questions avec d’autres pros de santé sur le forum.
 

 

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