Immobilier : les taux de crédit remontent au niveau de juillet 2016

Le 05.04.2017 par EDOUARD LEDERER

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Les taux de crédit ont atteint 1,51 % en mars, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. La hausse reste très sage.

Il est toujours possible de faire de bonnes affaires en matière de crédit immobilier, mais moins qu'avant. Les taux des crédits immobiliers accordés en mars ont connu un nouveau mois de hausse, certes très léger, mais qui ramène le loyer de l'argent à son niveau de juillet 2016, selon les données publiées mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Les taux de crédit ont ainsi atteint 1,51 % en moyenne le mois dernier (toutes durées confondues et hors coût des garanties), ce qui reste malgré tout un niveau historiquement faible.

« Depuis décembre 2016, les taux remontent et ils ont repris 20 points de base au total. Mais l'essentiel de la hausse s'est constaté en février, alors qu'en mars l'augmentation n'a été que très modérée (2 points de base) », analysent les auteurs de l'étude, pour qui « la hausse des taux des crédits immobiliers reste donc très modérée et n'a guère affecté le dynamisme de la demande. La solvabilité de cette dernière est préservée, aucun des marchés n'ayant eu à subir une dégradation brutale des conditions de crédit ». De fait, outre les taux qui restent encore assez sages, la durée moyenne des prêts est elle aussi restée assez longue. A titre d'exemple, ceux accordés à plus de 25 ans - une durée très longue - ont vu leur part s'effriter légèrement, à 26 % de la production de mars. Mais cette jauge reste élevée, ce qui est une bonne nouvelle pour les ménages les plus modestes, qui ont besoin d'emprunter sur de plus longues périodes pour boucler leur projet.

Monter les prix… en douceur

Cette légère remontée des taux d'intérêt des crédits immobiliers tient en partie à celle des taux d'emprunt de l'Etat à 10 ans. Les OAT sont en effet passées de 0,1 % en septembre dernier à environ 1 % actuellement. Or, parmi d'autres facteurs, cet indicateur aide les banquiers à fixer le prix du crédit immobilier puisqu'il est censé refléter le coût d'un prêt peu risqué sur une dizaine d'années, durée moyenne de remboursement du crédit par les particuliers. Toutefois, le mouvement est loin d'être mécanique. Les banques se refinancent en effet toujours facilement grâce à la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE). Pour l'heure, elles restent donc largement maîtresses de leur tarification, indépendamment des OAT. Autrement dit, si les prix montent actuellement, c'est bien une politique voulue par les prêteurs.

Comment expliquer cette tentation de monter les prix ? En 2015 et en 2016, les banques ont largement ouvert les vannes du crédit bon marché, mais, lorsque la politique de la BCE se fera moins généreuse et que l'environnement de taux remontera, les ressources bancaires deviendront plus onéreuses. Ce alors même que les revenus des intérêts perçus sur les prêts de 2015 ou 2016 resteront toujours aussi faibles. Les banques cherchent donc à engranger des revenus d'intérêt plus élevés… mais en douceur. Car elles savent le risque qu'il y aurait à remonter trop rapidement leurs prix alors qu'elles se disputent les faveurs des emprunteurs. La moins-disante perdra immédiatement du terrain face à ses concurrentes.

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