Portrait d'un jeune médecin qui a fait le choix de l’hôpital public

Le 05.12.2019
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Jeune médecin diplômé

Jeune médecin diplômé depuis trois ans, Renaud C. est aujourd’hui chef de clinique – assistant universitaire dans un des établissements de l’AP-HP à Paris. En 2012, il a fait le choix de la spécialité de néphrologie, attiré très tôt par cette discipline qu’il souhaite exercer dans le monde hospitalier public. Syndiqué, il porte un regard critique sur le récent plan gouvernemental pour l’hôpital.

À quel moment avez-vous fait le choix d’une spécialité médicale pour l’exercer à l’hôpital ?

Renaud C. : J’ai fait ce choix en 2012, à l’issue de l’examen classant national, et antérieurement lors de mon externat. J’ai été intéressé par cette discipline dès que j’ai commencé à étudier le fonctionnement du rein lors de mes études. Puis la rencontre avec des enseignants passionnés à l’hôpital, le passage dans un service de néphrologie ont conforté ma curiosité et mon envie de me consacrer à cet organe.

Qu’est-ce qui a marqué votre préférence pour une carrière à l’hôpital ?

Renaud C. : Ce que j’apprécie beaucoup c’est la plus grande diversité dans la prise en charge des patients. On est souvent amenés à prendre en charge des patients dans des situations complexes pour des soins de deuxième, voire de troisième recours. J’ai fait durant mes études des remplacements en libéral, en clinique privée. J’ai pu comparer les deux modes d’exercice, mais je préfère le travail en équipe de l’hôpital public, qui est à mes yeux plus collégial et plus stimulant. En outre, l’hôpital est, pour le moment encore, une structure privilégiée pour participer à la recherche clinique.

Que souhaitez-vous pour l’hôpital public ?

Renaud C. : Qu’il puisse fonctionner dans de bonnes conditions avec les moyens de ses missions et du personnel motivé. Je me suis syndiqué pour participer à la défense les droits des soignants et les moyens mis à notre disposition pour soigner correctement les patients. Je fais partie de certaines commissions pour accompagner les réflexions et faire avancer le débat d’idées.

Que pensez-vous du récent plan d’urgence proposé par le gouvernement ?

Renaud C. : Ce plan se traduit surtout par des effets d’annonces sans que les représentants des soignants aient été consultés. Il ne relâche pas la pression économique imposée à l’hôpital et ne donne pas les moyens financiers nécessaires pour résoudre les questions d’attractivité pour les personnels soignants. L’Ondam a été revalorisé de 2,1 % à 2,4 % alors que la Cour des comptes préconise 4,4 %. Les hôpitaux ont de plus en plus de difficultés pour trouver et garder des infirmiers, des manipulateurs radios, des brancardiers, etc. Ces personnes qui font que les rouages de l’hôpital sont fluides. Ce plan a également négligé le sort des internes qui sont considérés comme en formation quand il s’agit de les rémunérer. Alors qu’ils sont de fait, des indispensables au fonctionnement de l’hôpital public. En octobre dernier, les internes de médecine générale ont vu leur choix annulé, car suite à une erreur de répartition de poste par l’ARS, plusieurs hôpitaux franciliens ont menacé de fermer leurs services d’urgences pédiatriques.

La rémunération associée au statut de praticien hospitalier a-t-elle été un critère dans votre choix ?

Renaud C. : Non ! Sans doute parce que je n’ai pas la conviction que l’argent à lui seul rende heureux. Même s’il peut être frustrant de voir des personnes à niveaux d’étude équivalents gagner davantage. Notre travail à l’hôpital n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Parmi les primes avancées dans le plan gouvernemental, je note qu’un certain nombre d’entre elles concerne uniquement les débuts de carrière. D’autres seront laissées à la discrétion du chef de service, qui devra décider qui privilégier parmi les médicaux et paramédicaux. Il y a donc sur cette question de nombreuses incertitudes. Enfin, la question du statut des universitaires à l’hôpital est repoussée à plus tard, espérant probablement que la gronde des hospitaliers sera calmée et qu’ils ne pourront pas se mobiliser.

Pensez-vous aller plus loin vers un statut de PH-PU ?

Renaud C. : Oui, cela fait partie de mes projets dans ma trajectoire actuelle. Avec l’inconvénient que ce parcours universitaire présente en termes de rémunération. Elle baissera de 30 % environ pendant les trois années de préparation d’une thèse de sciences. C’est un investissement d’une dizaine d’années minimum au-delà du clinicat pour atteindre ce statut.

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