Fonds en euros : comment faire face à une baisse logique ?

Le 28.11.2019

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Baisse fonds euros

La performance des fonds en euros est durablement atteinte par un contexte d’investissement défavorable, qui devrait provoquer une augmentation des frais de la part des assureurs. Pour autant, ce nouvel environnement pourrait permettre à l’assurance vie de renouveler le rapport risque/rendement grâce à l’émergence de nouveaux produits et de nouvelles pratiques.

Fonds en euros : une baisse de rendement logique

Investis majoritairement sur des obligations d’Etat dont les taux se sont effondrés, devenant parfois même négatifs, les fonds en euros ont vu logiquement leurs performances s'éroder ces dernières années. Tous les fonds en euros sont concernés. Avec des investissements affichant des performances inférieures de 0,5 à 1 point à celles passées, il est impossible de servir aux détenteurs des contrats un rendement comparable.

Dans ce contexte, les assureurs ont commencé à soutenir la performance de leurs fonds en recourant à de nouvelles classes d’actifs, comme les actions ou l’immobilier, qui présentent néanmoins des profils de risque plus accentués.

Mais certains d’entre eux, les mutualistes, tirent parti également d’un avantage consubstantiel à leur nature: "N’ayant pas d’objectifs de rentabilité sur nos fonds propres, ces derniers sont utilisés dans l’intérêt de nos sociétaires" explique Guillaume Rosenwald, directeur général de la MACSF Epargne retraite. Qui ajoute : "Et cette capacité est particulièrement utile lorsqu’une prise de risque est nécessaire par des investissements renforcés sur des supports plus risqués."

Sur les trois prochaines années, quels taux anticiper ?

Pour le millésime 2019, la place se prépare à une nouvelle baisse du rendement moyen des fonds en euros. Et sur les trois prochaines années, il semble d’ailleurs acquis que le rendement devrait atteindre pour le marché un seuil à 0,80%, soit une perte de 1 point au regard du rendement moyen servi l’an passé selon la Fédération française de l’assurance.

Vers une augmentation des frais

La baisse des taux a un autre effet, plus indirect. Plus les taux servis sont proches de zéro, plus la probabilité est grande de voir la garantie en capital des fonds en euros s’appliquer. Or, tant que des rendements existent, cette garantie est surtout théorique. Mais, dès lors que les taux sont nuls ou négatifs, la nature d’une telle garantie devient concrète. Réserves et fonds propres des assureurs seraient alors utilisés pour garantir ce capital, cette garantie a donc un coût beaucoup plus élevé qu’auparavant.

Pour conforter ces fonds propres, les assureurs vont ainsi devoir augmenter leurs frais.  Et il semble que les assureurs se scinderont en deux catégories. Certains, les plus sensibles aux intérêts de leurs clients et sociétaires, pratiqueront cette augmentation sur les frais d’entrée. Plusieurs acteurs anticipent une augmentation aux alentours de 2%. D’autres compagnies seraient, elles, tentées d’augmenter également les frais sur encours.

Sur ce sujet sensible, Guillaume Rosenwald précise avec raison : "Dans le domaine de l’assurance, on appelle «frais» ce qui est en fait, en partie, une cotisation d’assurance. A la MACSF par exemple, sur les 0,5% prélevés sur les encours, 0,2 point correspond à des frais de gestion et 0,3 point va directement en fonds propres afin de garantir les capitaux de nos sociétaires."

De nouveaux enjeux pour les assureurs

Pour les assureurs et pour leurs clients, la nouveauté va découler d’une nouvelle culture de la sécurité à mettre en place. D’une approche basique, opposant les fonds investis de manière sécurisée, à ceux ne l’étant pas, il faudra passer à une approche plus graduelle, comportant davantage de degrés de sécurisation.

Le développement de cette culture permettra un recours plus marqué aux fonds patrimoniaux, plus rentable à moyen terme que l'emploi des fonds en euros, et présentant un risque de perte réel, mais mesuré, de l’ordre de 1,5 à 2 % par an. En outre, jusqu’à présent la notion de garantie était permanente. Il sera sans doute désormais nécessaire de faire émerger des produits avec une garantie à terme, mais moins ou pas du tout liquides.

Quelles nouvelles pratiques à l'avenir ?

Rendre visibles différents paliers de sécurité va réclamer la création de fonds et leur promotion auprès des clients. Le couple "rendement / sécurité" sera l’argument principal. Mais, selon les compagnies d’assurance, il ne sera plus nécessairement traduit par un engagement contractuel. Certaines pourraient en effet être tentées de promouvoir des fonds gérés avec un objectif de perte limité à x % par an, sans être tenues pour autant à une obligation de résultat. En somme, une promesse de gestion sans garantie. Une approche qui serait d’ailleurs soutenue par le gouvernement, très désireux de rester fidèle à la notion de prise de risque, érigée en valeur.

Des alternatives attractives

Une bonne partie de l’épargne longue est constituée en vue de la retraite. Et de nombreux épargnants, soucieux de ne pas être bloqués par une sortie en rente, ont opté pour l’assurance vie. Ainsi, le Plan d’épargne retraite, créé par la loi Pacte, constitue une solution complémentaire à l’assurance vie en offrant, lui aussi, une sortie en capital.

Sur un horizon long, il permet une prise de risque et organise une sécurisation de l’épargne à l’approche de la retraite. Fiscalement, il permet une déduction au fur et à mesure que l’épargne est constituée. Et lors de la sortie, il faut veiller à l’organiser sur une année où l’on est moins imposé et à bien utiliser la méthode du quotient. De quoi coller à l’adage selon lequel tout investisseur doit veiller à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

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