Boom du crédit immobilier : les autorités françaises sur leurs gardes

Le 15.05.2018 par SOLENN POULLENNEC

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Les instances en charge de la stabilité financière sont vigilantes face à la solide progression du marché des prêts à l'habitat. Elles n'ont cependant pas pris de mesures contraignant les banques.

Les autorités françaises gardent l'arme au pied alors que les vannes du crédit sont grandes ouvertes pour les particuliers.« La dynamique du crédit à l'habitat justifie une vigilance particulière », soulignait ainsi l'instance hexagonale en charge de la surveillance du système financier lors d'une réunion en mars dernier.

Rattaché à Bercy, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) est d'autant plus vigilant que les banques ont tendance à assouplir leurs conditions d'octroi de crédit. Elles prêtent non seulement à des taux très bas mais aussi à très long terme. Une façon de permettre aux ménages de réaliser leurs projets d'achat de logement lorsqu'ils se heurtent à l'augmentation des prix de l'immobilier.
 

Autodiscipline

 
Récemment, le HCSF n'a pas pris de mesure spécifique pour endiguer la dynamique du prêt à l'habitat alors qu'au mois de décembre il a décidé de passer à l'action pour prévenir un emballement du crédit aux entreprises. Il faut dire qu'en France, les banques veillent à la solvabilité des ménages en plafonnant la part du revenu des emprunteurs affectée au remboursement de leur dette.

Ce ratio, calculé en divisant le montant annuel des mensualités du prêt par le revenu annuel de référence, est fixé à 33 %. « Il s'agit d'une bonne pratique de gestion du risque », soulignent des économistes de la Banque de France dans une étude publiée en début d'année. Pour autant, il ne s'agit que d'une pratique volontaire des banques.
 

Le ratio prêt-valeur souvent utilisé

 
En cas de flambée du crédit immobilier, les autorités pourraient considérer que cette pratique est insuffisante. Dans ce cas, elles pourraient s'inspirer de ce qui se fait au niveau international. Plusieurs outils existent pour s'assurer que les ménages s'endettent de façon soutenable et que les expositions des banques au risque immobilier n'explosent pas.

Parmi eux, figure le levier de l'apport personnel, qui limite le pourcentage de la valeur du bien qui peut être financé par crédit, relèvent les économistes. Les Pays-Bas ou l'Irlande font partie des pays qui y ont recours. Selon l'étude de la Banque de France, cela a permis de limiter les volumes de crédits à risques en Irlande. Cependant, l'impact de ce type d'outil sur les prix de l'immobilier resterait à démontrer.
 

L'endettement de certaines entreprises dans le viseur des autorités

 
Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a publié la semaine dernière les détails du dispositif visant à limiter les expositions des grandes banques françaises aux entreprises résidentes les plus endettées. Cette publication fait suite à la décision de l'autorité dévoilée en décembre dernier. Le dispositif entrera en vigueur au premier juillet prochain pour une durée de deux ans et pourra être prorogé. Il vise à renforcer la résistance des banques face au risque de défaut des entreprises très endettées ainsi qu'à « renforcer la discipline de marché » en sensibilisant à la question des risques liés à l'endettement de ces sociétés dans un contexte de prochaine remontée des taux. Enfin, la mesure doit indirectement encourager les entreprises en question à maîtriser leur endettement.

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