Bourse : l'Europe attire les investisseurs

Le 03.05.2017 par PIERRICK FAY

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Rassurés par la diminution du risque politique, les investisseurs reviennent sur les actions européennes. De quoi soutenir des marchés financiers quasi euphoriques depuis le début de l'année.

Nouveau record historique pour le Nasdaq à Wall Street, nouveau plus haut historique pour le DAX allemand, la Bourse de Paris au plus haut depuis janvier 2008 (après un gain de 4,53% depuis le 21 avril), les marchés financiers ont bien accueilli les résultats du premier tour de l'élection présidentielle française et la perspective d'une victoire d'Emmanuel Macron au second tour (sur la base de sondages qui ne se sont pas trompés au premier tour).

« Bonnes nouvelles, bons flux »

La plupart des analystes estimaient qu'une fois levé le risque d'une victoire de Marine Le Pen, les investisseurs, notamment étrangers, reviendraient massivement sur les actions européennes et françaises. C'est peut-être bien ce qui est en train de se produire. Les flux reviennent en effet vers l'Europe. Selon les chiffres collectés par Bank of America-Merrill Lynch, les fonds actions européennes ont enregistré leur cinquième semaine de collecte nette positive la semaine close au 27 avril, avec une accélération forte en cette semaine postélectorale, puisqu'ils ont connu leurs plus fortes entrées nettes depuis décembre 2015, avec 2,4 milliards de dollars. Ce sont les fonds passifs (fonds indiciels cotés, ETF) qui sont responsables de ce résultat.

« Bonnes nouvelles, bons flux », apprécient les analystes de Bank of America-Merrill Lynch. « Les marchés des actions et du crédit en Europe ont bien réagi au résultat du premier tour de l'élection. Les flux positifs illustrent le soulagement des investisseurs par rapport à l'affaiblissement du risque populiste. Il y a une preuve claire d'un mouvement vers les actifs risqués », poursuit la banque. « On a senti revenir les investisseurs américains », constate de son côté Michael Maruani, directeur général France de Market Securities, courtier britannique installé à Paris. « Ils se posent encore des questions, mais sont prêts à relancer les investissements. »

La diminution de l'aversion au risque se retrouve notamment au travers de l'indice de volatilité aux Etats-Unis, le VIX, appelé aussi indice de la peur. Il est tombé à près de 10% lundi et mardi, des niveaux jamais vus depuis dix ans et surtout deux fois inférieurs à sa moyenne historique. Il n'a jamais été aussi peu cher depuis la crise de 2008 de se couvrir contre une chute des marchés américains à court terme. Il en est de même en Europe, qui semble bien partie pour profiter des anticipations d'accélération de la croissance mondiale.

Alors que les statistiques publiées récemment aux Etats-Unis ont déçu, tels le chiffre du PIB pour le premier trimestre (le plus faible depuis trois ans), les dépenses de construction en mars ou le ralentissement plus marqué que prévu de l'activité manufacturière en avril, la zone euro continue sur sa lancée, comme en témoigne l'indice manufacturier (PMI), qui a atteint un pic de six ans. « Si les investisseurs internationaux se convainquent que la zone euro redevient une région économiquement stable et dotée d'une devise pérenne, des flux significatifs sont susceptibles de venir s'investir sur place. De quoi peut-être combler en partie l'écart de valorisation qui existe entre l'Euro STOXX et le S&P 500 », estime Aurel BGC. Avec un bémol : il faudra attendre quand même l'issue du second tour de la présidentielle.

Objectif à la hausse

En attendant, les stratégistes de Bank of America-Merrill Lynch viennent de réviser à la hausse leur objectif de cours sur l'indice STOXX Europe 600 à 420 points (contre 390 précédemment), soit un potentiel de hausse de 8%. « La diminution du risque politique en France et le retour des flux positifs pourraient pousser les multiples de capitalisation boursière à la hausse », estiment ces derniers. D'autant qu'il y a encore de la marge selon la banque. « Les flux positifs de 6 milliards de dollars nets (de janvier à fin avril) sur les fonds actions européennes ne sont qu'une goutte d'eau par rapport aux 103 milliards de sorties nettes cumulées en 2016. » D'ailleurs, le dernier sondage de BofA-ML montrait que les gérants interrogés en avril avaient l'intention d'augmenter massivement leurs investissements sur les actions allemandes et françaises.

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