Ce qui va guider la Bourse en 2017

Le 20.12.2016 par PIERRICK FAY

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Trump a suscité beaucoup d'espoir. Les banques centrales s'effacent peu à peu. Le risque politique persiste. L'année 2017 pourrait encore réserver son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, pour les investisseurs.

Après une année 2016 dominée par les mauvaises surprises politiques, que réserve l'année 2017 ? Les grandes banques ont phosphoré sur les événements qui pourraient guider les marchés l'an prochain. Nous en avons retenu trois.

Un nouveau président pour l'Amérique

Pour Daniel Morris, chez BNP Paribas, l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche est l'un des « facteurs clefs qui vont changer radicalement la donne en 2017. Elle a fortement modifié les perspectives d'investissement pour 2017 et les risques sont désormais aussi importants que les opportunités.Le nouveau président pourrait influer de manière spectaculaire sur l'évolution de l'inflation, des taux d'intérêt, des marchés actions et de la croissance du PIB américain ». Il a déjà commencé à le faire fin 2016, mais, en 2017, il devra passer à l'action, avec le risque de décevoir ou d'inquiéter des investisseurs, sous le charme de son programme « pro-croissance ». « Les marchés sont affamés de croissance », note Goldman Sachs. « Cela s'est vu à la vitesse à laquelle ils ont abandonné le scénario d'incertitude après l'élection surprise de Trump, qui va inscrire comme priorité un agenda fiscal agressivement favorable à la croissance, entre baisses d'impôt, dérégulation, dépenses d'infrastructure et de défense. » Et d'ajouter : « La majorité républicaine au Congrès donne à ce calendrier une bonne chance d'être appliqué. » Malgré tout, pour BlackRock, « l'agenda du nouveau président des Etats-Unis, sa mise en oeuvre et son calendrier suscitent des incertitudes ».

Des banques centrales moins accommodantes

Est-ce la fin de trente-cinq années de surperformance des obligations ? Les taux aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ont commencé à se tendre, signe d'un changement profond de l'appréciation des politiques monétaires. Si le ton reste encore accommodant, pour rassurer les marchés, dans la pratique, les grandes banques centrales sont devenues plus « hawkish » et devraient l'être un peu plus au fil de l'année. « Certaines banques centrales pourraient commencer à ajuster leurs politiques d'assouplissement quantitatif, ce qui signifie que la baisse tendancielle des rendements des obligations d'Etat pourrait enfin arriver à son terme », selon Daniel Morris. « Le phénomène amorcé aux Etats-Unis va s'intensifier. La politique monétaire va progressivement laisser place aux mesures d'expansion budgétaire dans l'espoir d'alimenter la croissance et la hausse des marchés dans le monde », ajoute BlackRock, qui juge aussi que les rendements des obligations mondiales ont atteint un point bas. « Les politiques budgétaires sont de retour, réduisant ainsi le besoin d'une politique monétaire ultra-accommodante », estime de son côté Société Générale. La banque anticipe une poursuite de la normalisation aux Etats-Unis (trois hausses des taux), mais aussi le début du « tapering » de la BCE.

Quoi qu'il en soit, cette transition risque de provoquer des tensions ponctuelles sur le marché et notamment des pics de volatilité sur les obligations. Pour BNP Paribas, « le principal risque pour les prix des actifs reste globalement celui d'une accélération de l'inflation découlant d'une politique budgétaire de relance et des effets durables de la politique monétaire accommodante, et donc de hausses de taux plus offensives de la part de la Fed ».

Un risque politique omniprésent

Le calendrier politique devrait encore occuper l'espace en 2017 (élections en France, en Allemagne…) alors que le contexte politique est devenu « plus complexe » des deux côtés de l'Atlantique, selon Philippe Ithurbide, chez Amundi. La question du Brexit reviendra sur le tapis à la fin du premier trimestre. « Le référendum a été voté, mais nous n'en sommes en réalité qu'au début. L'essentiel reste à venir. Les négociations ajouteront de la volatilité aux marchés financiers et des doutes sur l'avenir de l'Europe », poursuit Amundi, qui compte malgré tout sur la présence apaisante du QE de la BCE sur les marchés obligataires.

Pour BlackRock, « les élections en France et en Allemagne viendront tester la cohésion de la région dans un contexte mondial de montée du populisme ». Mais, pour Philippe Ithurbide, la question n'est pas « seulement de voir arriver au pouvoir des partis désireux d'en finir avec l'austérité budgétaire, mais plutôt de voir de nouveaux leaders hostiles à la globalisation et à l'Union monétaire européenne ». Le thème de la déglobalisation devrait rester clef sur les marchés, avec les risques que cela fait peser sur le commerce mondial en cas de remise en question des traités internationaux. Le principal risque pourrait d'ailleurs venir du retour sur le devant de la scène de la rhétorique du Donald Trump de la campagne présidentielle.

Conclusion de Bank of America-Merrill Lynch : « L'optimisme prudent apporté par l'accélération de la croissance économique aux Etats-Unis et dans le monde améliore les fondamentaux des entreprises, une hausse modeste des actions et des rendements un peu plus élevés. Mais il est tempéré par les répercussions d'une hausse de l'inflation, un dollar plus fort, des marchés de crédit plus faibles, des prix des matières premières plus incertains et des événements politiques qui peuvent augmenter les turbulences sur les marchés. » En 2017, la gestion d'actifs ne s'annonce pas plus simple qu'en 2016.

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