Coronavirus : les professionnels de santé en ville vont être aidés financièrement

Le 17.04.2020 par Solveig Godeluck

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Aides financières médecins

Médecins, pharmaciens, kinésithérapeutes, dentistes, et autres soignants libéraux ont connu une chute brutale de leur activité depuis le début de l'épidémie. Les charges professionnelles correspondantes seront compensées par l'Assurance-maladie. Ceux qui ont continué à travailler toucheront une sorte de prime d'activité.

De la gloire et des primes pour l'hôpital , et rien pour les professionnels de santé en ville. Infirmiers, médecins, kinés et autres soignants libéraux ressentent comme une injustice le fait que le Premier ministre, Edouard Philippe, n'ait pas eu un mot pour eux, lorsqu'il a annoncé mercredi une prime pour tous les personnels hospitaliers. Car eux aussi se battent contre le coronavirus.

Il y a ceux qui se sont organisés, souvent à plusieurs, pour ouvrir des consultations Covid-19. Ceux, tels les infirmiers, qui ont volé au chevet de malades confinés et contagieux. Ceux qui ont subi la désertion des patients. Enfin, ceux qui ont fermé boutique, faute de masques FFP2 et de blouses, tels les kinésithérapeutes ou les dentistes. Hors coronavirus, le renoncement aux soins prend des proportions très inquiétantes

Ces soignants-là ne seront pas oubliés. Depuis quelques semaines, l'Assurance-maladie discute avec les syndicats professionnels pour imaginer un dispositif efficace qui puisse, d'une part, éviter les drames personnels et les faillites, d'autre part, gratifier ceux qui ont contribué à l'effort de guerre contre le coronavirus. Il ne s'agit pas d'une négociation mais d'une simple consultation, qui devrait déboucher sur une ordonnance fin avril-début mai.

Compenser les charges professionnelles

« Sur le principe, nous sommes tombés d'accord avec l'Assurance-maladie : il faut compenser les pertes d'activité sur la base des charges professionnelles, pour éviter des difficultés de trésorerie, notamment pour les jeunes médecins qui viennent de s'installer et ont beaucoup de frais », indique Claude Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France. L'Assurance-maladie financera la totalité des charges correspondant à la fraction de la rémunération à l'acte envolée : charges sociales, mais aussi loyer ou mensualités de crédit, salaire de l'assistant médical, du secrétaire, du personnel de ménage…

Une formule qui convient bien aux pharmacies pour lesquelles les charges de personnel représentent près de 13 % du chiffre d'affaires : « C'est ce que nous attendions pour pouvoir nous concentrer sur nos missions de santé au lieu de se préoccuper de faire des économies », opine Philippe Besset, président du syndicat FSPF. L'activité des officines a chuté « entre deux tiers et trois quarts de son niveau habituel », et certaines ont dû mettre en place du chômage partiel pour leurs salariés.

Ces dépenses en moins seront bien sûr déduites du montant de charges compensables. Mais le dispositif pourrait surtout amener les officines à préférer le maintien en activité au chômage partiel : « Le gouvernement préfère que les pharmacies fonctionnent », souligne Philippe Besset.

Valoriser l'activité

De manière générale, les pouvoirs publics tiennent à récompenser ceux qui auront maintenu un flux de consultation en pleine tempête du coronavirus. La compensation des pertes financières sera dégressive en fonction de la quantité de travail, mais il ne faudrait pas qu'un soignant ayant travaillé à 50 % ou à 100 % soit défavorisé par rapport à celui qui n'aurait travaillé qu'à 25 %. Il est donc prévu d'instaurer une sorte de prime à l'activité, à l'instar du dispositif existant pour les travailleurs pauvres ou modestes, qui ajoute un supplément dès lors qu'ils augmentent leurs revenus jusqu'à un montant plafond. Ce mécanisme est encore à l'étude au ministère de la Santé.

Reste la question de l'urgence. Certains libéraux ne pourront pas attendre des mois sans aide. « Nous aurons probablement une avance sur les aides courant mai », avance Claude Battistoni. MG France avait proposé à l'origine d'avancer la date de versement des rémunérations forfaitaires, mais cette solution n'a pas été retenue car certaines professions de santé n'en bénéficient pas.

Crédit photo : PRPicturesProduction - stock.adobe.com

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