Dernière ligne droite pour réduire ses impôts

Le 09.12.2016 par ANNE-SOPHIE VION

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A trois semaines de la fin de l'année, il est encore possible d'alléger le montant de l'impôt dont vous devrez vous acquitter sur les revenus de 2016. Ce qu'il faut savoir.

Il ne vous reste plus que trois semaines pour souscrire à des solutions de défiscalisation « expresses » en vous adressant à vos intermédiaires financiers habituels ou en passant par des sites Internet spécialisés avant le 31 décembre. Mais il faut prendre garde aux décisions hâtives et décrypter avec soin les avantages et les contraintes de chaque formule. Trois placements passés au crible.

SCPI fiscales

Par rapport à l'investissement locatif en direct, qui permet aussi de bénéficier de dispositifs fiscaux comme le régime Pinel, les SCPI fiscales vous dégagent de l'achat du bien, de sa location et de sa possible revente. Ce sont les promoteurs de ces sociétés civiles de placement immobilier qui s'en chargent pour vous. Autre atout, votre placement est en principe moins risqué, car la SCPI investit elle-même dans une variété de logements et de zones géographiques. Les bons résultats d'un bien peuvent donc compenser les faibles résultats d'un autre.

Par ailleurs, le ticket d'entrée est très inférieur à un achat en direct et vous pouvez l'ajuster à votre capacité d'épargne et à la réduction fiscale souhaitée. Enfin, la carotte fiscale s'applique dès l'année de la souscription, mais n'est attachée qu'au premier souscripteur.

Contrepartie de ces avantages, votre argent est bloqué jusqu'à la dissolution complète de la SCPI, soit en général un délai de quinze ans, voire plus ! En outre, à la différence des SCPI de rendement, leurs cousines qui servent une rémunération attrayante (environ 4,60 % net, en moyenne, attendus en 2016, selon MeilleureSCPI. com), celle des SCPI fiscales reste faible, autour de 2 %. Le placement n'est pas garanti. Ne pas oublier non plus les frais élevés de ces produits : des droits d'entrée, quelque 10 %, auxquels s'ajoutent des frais de gestion, entre 8 et 12 %, par an.

Quatre types de SCPI fiscales sont actuellement ouverts à la souscription : Pinel, Malraux, déficit foncier et monuments historiques. Elles permettent à leurs associés (les souscripteurs de parts) de profiter de dispositifs fiscaux spécifiques (lire ci-dessus). Le premier type investit principalement dans des appartements neufs, livrés ou en cours de construction, éligibles au régime Pinel. Les trois autres se distinguent par une réduction d'impôt, issue des dépenses engagées pour des travaux de rénovation.

L'investissement en parts de SCPI Pinel entre, à l'instar des FCPI et FIP (lire ci-contre), dans le plafonnement des niches fiscales à 10.000 euros. A noter qu'une récente étude de MeilleureSCPI. com, et qui a porté sur 500 actifs détenus par des SCPI fiscales, révèle, comme l'explique Jonathan Dhiver, son fondateur, « que la qualité de la localisation du patrimoine est, sauf exceptions, meilleure pour les SCPI qui se positionnent sur le neuf [le cas des Pinel, et précédemment, des Duflot, Scellier, Borloo, Robien...] contrairement aux SCPI déficit foncier ou Malraux, davantage au coeur des villes qui se paupérisent ».

PERP

Produit d'épargne destiné à vous constituer un supplément de revenus à la retraite, qui vous sera versé sous forme de rente viagère imposable, le PERP (plan d'épargne retraite populaire) offre un puissant outil pour atténuer la pression fiscale. Les sommes versées chaque année sur un PERP sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond global de déduction (soit, en 2016, un maximum de 30.432 euros).

Celui-ci est commun aux autres formes de cotisations d'épargne retraite versées. Pour le PERP, vous pouvez aussi bénéficier des plafonds de déductibilité non épuisés des trois années précédentes ainsi que de ceux de votre conjoint.

Pour que l'avantage fiscal soit le plus gratifiant possible, il faut que vous soyez fortement imposé, 30 % au minimum. L'économie d'impôt se calcule en multipliant votre taux de TMI (tranche marginale d'imposition) par le montant versé. La déduction annuelle ne peut dépasser 13.694 euros (TMI à 45 %). Par ailleurs, le plan retraite n'est pas concerné par le plafond global des niches fiscales.

Dons

Vous pouvez allier avantage fiscal et philantropie. Les dons consentis à certains organismes reconnus d'intérêt général par la loi, français ou européens, ouvrent droit à de substantielles économies d'impôt sur le revenu (IR). La réduction d'impôt s'élève à 66 % du don dans la limite de 20 % du revenu imposable, avec un report sur cinq ans en cas de dépassement. Les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté (Croix-Rouge, Apprentis d'Auteuil, Restos du coeur...), permettent une réduction d'IR égale à 75 % des sommes versées, limitée à 530 euros. Au-delà de cette borne de 530 euros, la réduction d'impôt redescend à 66 %. Naturellement, à la différence des autres solutions de défiscalisation, ces investissements ne donnent lieu à aucune plus-value ni aucun revenu.

Faire un don déductible des impôts à retrouver sur lesechos.fr/patrimoine

Le chiffre de la semaine

La reprise de l'activité immobilière en France, amorcée début 2015, se confirme avec un volume de 840.000 logements vendus en 2016, en hausse de 4,6 % par rapport à l'an dernier, selon les prévisions de la Fnaim. « Ce bon crû doit être relativisé, tempère Jean-François Buet, son président. Seuls 2,4 % du parc devraient changer de main cette année, contre 2,3 % en 2015. »

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