En meilleure santé, les géants du CAC 40 se mettent en quête de croissance

Le 06.07.2017 par PIERRICK FAY

logo les échos

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn

Les stars de la cote sont aussi rentables qu'avant la crise. Désendettées, elles doivent renouer avec la croissance. L'investissement redémarre après quatre ans de baisse.

Des bénéfices et des marges en nette hausse, des dividendes record , des investissements qui redémarrent… Les membres de l'indice CAC 40 abordent 2017 dans de biens meilleures conditions. C'est ce que montre la 11e édition du « Profil financier du CAC 40 » établi par Ricol Lasteyrie CF et EY. Les bénéfices ont augmenté l'an dernier de 39%, à 77 milliards d'euros. « Ils atteignent des niveaux jamais vus depuis dix ans et, hormis Arcelor, toutes les entreprises vont distribuer des dividendes », souligne Marc Lefèvre, associé chez EY France.

Elles ont apuré le passé, selon Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante chez Ricol Lasteyrie : « Ce retour à la profitabilité est en partie dû à une forte baisse des dépréciations d'actifs, car la marge opérationnelle courante des entreprises est à peu près stable. Le CAC 40 est sans doute parvenu à la fin de son exercice de nettoyage. Tous les indicateurs importants sont dans le vert. »

Des fondamentaux solides

Le CAC 40 a aussi poursuivi son désendettement et sort renforcé de la crise de 2008. Le ratio qui rapporte la dette nette aux fonds propres (hors banques et assurances) est tombé à 20% en 2016, contre 25% en 2015 et un pic de 58% en 2008. Si leur dette n'a reculé que de 1% l'an dernier, à 178 milliards d'euros, elles ont surtout renforcé leurs fonds propres (+7%, à 936 milliards), en étant très active sur les marchés financiers. « Les entreprises ont complètement revu leur base de coût, elles ont des fondamentaux solides. Elles vont pouvoir désormais penser de nouveau à la croissance de leur chiffre d'affaires, et investir dans des opérations structurantes », juge Sonia Bonnet-Bernard.

Car il reste un point noir pour les entreprises du CAC 40 : leur difficulté à retrouver le chemin de la croissance. « C'est le seul indicateur qui ne soit pas positif cette année », reconnaît Sonia Bonnet-Bernard. En 2016, le chiffre d'affaires du CAC 40 a certes progressé de 1%, pour la première fois depuis 2011, mais essentiellement en raison des changements de périmètre à l'intérieur de l'indice (entrée de Sodexo à la place d'Alstom, Nokia qui a absorbé Alcatel).

A périmètre comparable, les ventes ont même diminué de 0,9%, à 1.199 milliards. Dix-sept entreprises ont connu une baisse de leur activité. En 2016, le CAC 40 a notamment souffert d'un « contexte devises plus défavorable qu'en 2015 », mais elles ont aussi été plus enclines à céder des actifs qu'à en racheter (21 cessions d'activité pour 16 acquisitions), signe qu'elles n'ont pas encore fini de s'adapter à un environnement mouvant marqué notamment par l'irruption de nouveaux acteurs portés par la digitalisation de la société.

Aujourd'hui, on sent un certain enthousiasme de la part des chefs d'entreprise. Le climat devient plus serein

Le moment semble toutefois venu pour que le CAC 40 reparte à l'offensive, comme en témoigne la vitalité des opérations de fusions-acquisitions depuis le début de l'année. La croissance accélère enfin en zone euro et les entreprises semblent en mesure d'augmenter plus facilement leur prix dans un contexte un peu plus inflationniste. « Les stratégies de réorganisation et de maîtrise des coûts ont porté leurs fruits, et les entreprises commencent à entrer dans une nouvelle phase de croissance et de développement », témoigne Marc Lefèvre. A ce titre, les sociétés du CAC 40 ont augmenté leurs dividendes moins vite que leurs bénéfices, et elles semblent privilégier un peu plus les investissements, en hausse pour la première fois depuis 2012 (81 milliards d'euros). Même si Total, Orange et Engie restent les principaux contributeurs (39 % du total).

Des fondamentaux solides

 « Elles ont retrouvé une marge de manœuvre significative qui fait qu'elles investissent de nouveau et on peut espérer le retour des grandes opérations de fusions-acquisitions », estime Marc Lefèvre. « Il y avait beaucoup d'attentisme ces dernières années, parce que l'économie n'allait pas très bien, qu'il y avait des incertitudes sur l'Europe, les émergents », ajoute Sonia Bonnet-Bernard.

 « Mais aujourd'hui, on sent un certain enthousiasme de la part des chefs d'entreprise. Le climat devient plus serein. » D'autant plus que la hausse de la Bourse - la capitalisation du CAC 40, à 1.461 milliards d'euros, dépasse celle de 2007 - leur permet sans doute d'être plus ambitieux auprès de leurs actionnaires.

envoyer un email envoyer un email Partager sur LinkedIn

Découvrez les articles sur le même sujet

Le 30.06.2017 par logo les échos

Les 7 dossiers qui attendent les marchés au second semestre

Croissance, inflation, pétrole, élections : ces thèmes vont encore influer les marchés d'ici à la fin de l'année.

Le 03.07.2017 par logo les échos

Immobilier : quel est le prix à payer pour habiter près des meilleures écoles ?

Les établissements publics cotés sont dans les quartiers les plus chers et contribuent à en faire monter les prix. A quel surcoût faut-il s'attendre pour être sectorisé sur une école...

Le 04.07.2017 par logo les échos

Fiscalité : toutes les annonces d'Edouard Philippe

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a confirmé une série de reports, répondant aux craintes de l'exécutif sur le budget 2018. Et laissé planer le doute sur...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une navigation optimale et bénéficier de contenus et services adaptés.

×