Epargne retraite post-Covid : cinq raisons d'ouvrir un PER

Le 01.06.2020 par LAURENCE DELAIN

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Après un démarrage sur les chapeaux de roues en octobre dernier, le nouveau plan d'épargne retraite a connu un brutal coup de frein sous l'effet de la crise sanitaire. Pourtant les raisons de souscrire ce placement de long terme spécifiquement dédié au financement complémentaire de la retraite demeurent d'actualité. Explications.

L'épargne retraite bénéficiera-t-elle du bond du taux d'épargne des Français qui, selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne, est passé « de 15 % avant la crise à 30 %, voire 35 % durant le confinement » ? Rien n'est moins sûr. Certes, nombre de Français ont profité de la chute de la Bourse pour prendre date sur les marchés (les achats d'actions françaises des particuliers ont quadruplé au mois de mars).

Mais, dans leur grande majorité, les épargnants privilégient la sécurité et la liquidité des dépôts à vue et des livrets bancaires (2,7 milliards d'euros de collecte pour le Livret A en mars, soit deux fois plus qu'en février) plutôt que de s'engager sur des horizons de long terme jugés trop incertains. Pourtant, au moins cinq arguments pérennes plaident en faveur du PER .

1. Un besoin structurel

Conscients de l'érosion des taux de remplacement (pourcentage du revenu d'activité conservé à la retraite), les Français sont, selon une enquête récente du Cercle de l'Epargne, « 72 % à estimer que leur pension sera insuffisante pour vivre correctement au moment de la retraite », indique Philippe Crevel. Et ils n'ont pas tort. Comme le résume Renaud Célié, directeur général adjoint du pôle financier du groupe Apicil, « la situation conjoncturelle induite par la grave crise sanitaire du Covid-19 ne remet nullement en cause notre besoin structurel d'épargne retraite complémentaire identifié de longue date et auquel la loi Pacte du 22 mai 2019 apporte une réponse pertinente avec le PER ».

Commercialisé depuis huit mois, le nouveau plan d'épargne retraite ouvert à tous « constitue un couteau suisse de l'épargne retraite à optimiser dans ses trois dimensions utilitaire, financière et fiscale », confirme Stellane Cohen, directrice générale du courtier en ligne Altaprofits, qui, convaincu du potentiel de ce plan, a maintenu le lancement de sa nouvelle offre début avril.

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2. Une enveloppe retraite multicarrière

L'épargne retraite facultative n'a rien de nouveau. Cela fait plusieurs décennies maintenant que les particuliers ont, selon leur statut professionnel, accès à des contrats spécifiques - PERP (plan d'épargne retraite populaire, ouvert à tous), Préfon et assimilés (pour les fonctionnaires), Madelin (réservé aux travailleurs non salariés) et autres plans d'entreprise (Perco, article 83) -, bloqués jusqu'à la retraite et convertibles, à cette échéance, en un complément de revenus versé à vie (rentes viagères). Mais cet empilement complexe de solutions rigides n'a jusqu'à présent guère convaincu le grand public.

D'où l'idée de proposer avec le PER une « enveloppe retraite » unique aux règles harmonisées et assouplies. Susceptible d'être souscrit à titre individuel (auprès de son banquier, assureur, courtier, etc.) ou collectif (par l'entreprise pour le compte de ses salariés), le PER s'organise dans ces deux dimensions, autour de trois compartiments respectivement dédiés aux versements individuels volontaires ; aux primes d'épargne salariale (intéressement, participation et abondement de l'employeur) et aux cotisations obligatoires des régimes catégoriels d'entreprise. Désormais, quelle que soit l'évolution de son parcours professionnel, le futur retraité pourra transférer ses droits retraite cumulés d'un réceptacle PER à un autre moyennant des frais de transferts réduits (1 % pendant les cinq premières années de souscription puis 0 % au-delà).

3. Une souplesse inédite

Le PER gagne également en flexibilité. « On améliore sensiblement l'offre existante », glisse Renaud Célié. Certes, par définition, ce plan retraite PER reste un produit tunnel, bloqué jusqu'à cette échéance, mais il permet désormais au souscripteur de récupérer à terme le fruit du placement de ses versements individuels (et de ses primes d'épargne salariale) sous la forme d'un capital. « On peut toujours opter pour une rente viagère, mais le PER offre la possibilité de fractionner la sortie en capital dans le temps pour profiter d'un complément de revenu régulier sans aliéner l'épargne constituée pour autant, qui, si l'on décède prématurément, reviendra aux bénéficiaires désignés dans le contrat », remarque Alexandre Boutin, directeur adjoint de l'ingénierie patrimoniale du groupe Primonial, qui vient de lancer son nouveau plan retraite (PrimoPER).

Autre avancée, le PER est non seulement dénouable en cas d'accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire), mais il peut être « cassé » à tout moment, moyennant imposition, pour acheter sa résidence principale.

4. Une gestion diversifiée au long cours

Afin d'inciter les souscripteurs de PER à profiter des vertus financières de la diversification dans le temps, la gestion par horizon s'impose par défaut. Pilotée en fonction de la durée qui sépare le souscripteur de l'âge de la retraite, cette gestion déléguée respecte une grille d'allocation d'actifs évolutive (dix ans avant la date de liquidation, la part de supports peu risqués grimpe progressivement pour devenir largement majoritaire), susceptible d'être affinée en profils de risque plus ou moins marqués.

Par ailleurs, tous les PER sont ouverts sur une large palette de fonds en euros et d'UC (unités de compte) investies en fonds mobiliers et immobiliers, voire même parfois en titres vifs (chez Altaprofits par exemple), laissée à la main du souscripteur, qui peut les arbitrer librement s'il le souhaite. « Sur un horizon moyen-long terme, le PER ménage de belles opportunités de valorisation avec les points d'entrée actuels de marché », note Alexandre Boutin. Dès lors qu'il est assorti de versements réguliers, « le PER est un support d'investissement particulièrement adapté pour lisser sa performance au long cours en période de forte volatilité boursière », juge Stellane Cohen. Certains comme l'Afer (en partenariat avec Rotschild & Co AM Europe et Aviva Investors France) proposent également des gestions mandatées conseillées par des sociétés réputées et la plupart des offres comporte des gammes ISR (investissement socialement responsable).

5. Une fiscalité attractive

A l'entrée, les souscripteurs de PER peuvent, comme ils le faisaient précédemment avec un Perp ou un Madelin, déduire leurs cotisations individuelles de leur revenu imposable dans des limites indexées chaque année sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (32.419 euros et jusqu'à 76.100 euros pour les travailleurs non-salariés en 2020). Autre bonus, l'épargnant a la possibilité de profiter rétroactivement de ses plafonds de déductibilité non épuisés les trois années précédentes ainsi que de ceux de son conjoint. « Ce large champ de déductibilité associé à la sortie en capital constitue pour les indépendants une véritable valeur ajoutée par rapport aux dispositifs Madelin », relève Guillaume Rosenwald, directeur Assurance et services du groupe Macsf. D'autant que comme l'observe Alexandre Boutin, « l'effet de levier fiscal qui est évidemment d'autant plus fort que l'on est soumis à une tranche d'imposition élevée de 30 % ou plus, se révèle très efficace en termes de capitalisation finale ».

A la sortie l'épargne récupérée est imposable selon des modalités variables. Si le retraité touche un capital, cette somme sera (y compris en mode fractionné) soumise au barème de l'IR (impôt sur le revenu) hors plus-values, celles-ci étant taxées au PFU (prélèvement forfaitaire unique de 30 %, dont 17,2 % de prélèvements sociaux). S'il opte pour une rente viagère, elle sera fiscalisée sur la base du régime des pensions de retraite après abattement de 10 %, mais les prélèvements sociaux seront dus uniquement sur 40 % de la rente entre 60 et 69 ans et 30 % au-delà. Quant aux personnes peu ou non imposables, qui n'auront pas déduit leurs cotisations à l'entrée, elles profiteront à la sortie d'un capital défiscalisé (plus-values taxées au PFU) ou d'une rente imposée sur la base d'une assiette réduite (40 % ou 30 %) selon leur âge.

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