L'économie française peine à accélérer

Le 16.12.2016 par GUILLAUME DE CALIGNON

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L'Insee table sur une progression du PIB de 0,3 % au premier trimestre 2017, puis de 0,4 % au deuxième. La hausse du pouvoir d'achat est rognée par la remontée de l'inflation dans le sillage des prix du pétrole. Toutefois, les créations d'emplois seraient assez dynamiques pour faire encore reculer un peu le chômage.

L'économie française peine toujours à passer à la vitesse supérieure. La croissance reste et restera plutôt molle début 2017 dans l'Hexagone, l'activité se montrant incapable de progresser à un rythme supérieur à 1,3 % par an. Dans ses dernières prévisions présentées jeudi, l'Insee prévoit en effet une hausse du PIB de 1,2 % cette année, équivalente à celle enregistrée en 2015. Et ce mouvement continuera au moins sur la première moitié de 2017. Les économistes de l'institut statistique tablent sur une croissance de 0,3 % au premier trimestre puis 0,4 % au deuxième. Décidément, la phase de reprise qui s'est amorcée début 2015 est bien plus lente que les précédentes périodes de rebond de l'économie tricolore. Pourtant, la France, tout comme les autres pays développés, a profité d'une conjonction de facteurs très favorable : taux d'intérêt historiquement bas, prix du pétrole bon marché et dépréciation de l'euro. Las, cela n'a pas suffi à faire redécoller le commerce extérieur français qui a plombé le PIB de 0,7 point cette année. Certes, grâce aux mesures du gouvernement telles que le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice), les créations d'emplois ont été dynamiques en 2016. L'économie devrait créer 190.000 postes cette année, ce qui permet de faire reculer le chômage. Mais sur la première moitié de 2017, les créations d'emplois seront un peu moins fortes : l'Insee en anticipe 70.000. Le taux de chômage en métropole ne baisserait qu'à 9,5 % fin juin.

C'est l'éternel verre à moitié vide ou à moitié plein. L'économie française va mieux qu'en 2012 mais elle ne peut visiblement dépasser un certain plafond. D'autant que l'an prochain, les facteurs auparavant positifs le seront de moins en moins. Au premier semestre, « le rythme de croissance du PIB reposerait pour l'essentiel sur la demande intérieure qui s'infléchirait toutefois », indique Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l'Insee. « Début 2017, la consommation des ménages ralentirait un peu car le regain d'inflation éroderait leur pouvoir d'achat », poursuit l'expert. Car, « tout en restant contenue, l'inflation s'élèverait d'ici à juin 2017. Sous l'hypothèse d'un baril de pétrole stable, autour de 50 dollars, l'inflation atteindrait 1 % à la mi-2017contre 0,5 % en novembre 2016 », précise Dorian Roucher, économiste à l'Insee.

Alors que le pouvoir d'achat devrait avoir progressé de 1,8 % en 2016, au premier semestre 2017, il n'augmenterait que de 0,6 %. « Les hausses de salaires resteraient modérées, car elles dépendent de l'inflation passée, tout comme les prestations sociales qui ne seraient que peu revalorisées, l'inflation en 2016 ayant été quasi nulle », explique l'économiste. Les ménages puiseront probablement un peu dans leur épargne encore très élevée.

Bâtiment : moral en hausse

L'investissement des entreprises, autre moteur de la reprise, restera bien orienté grâce aux taux d'intérêt toujours faibles - malgré l'amorce de remontée ces dernières semaines - et grâce aux marges que les entreprises ont pu reconstituer. Mais il ne sera pas aussi dynamique qu'en 2016, année où les entreprises, ayant prévu la fin de la mesure de suramortissement - finalement reconduite jusqu'à avril 2017 - ont anticipé leurs investissements.

Reste le commerce extérieur. Il ne devrait pas peser sur le PIB au premier semestre, profitant de la hausse de la demande mondiale adressée à la France, selon l'Insee.

Autre point positif, le climat des affaires s'est maintenu un peu au-dessus de sa moyenne de long terme malgré les incertitudes politiques. Ni le Brexit ni l'élection de Donald Trump ne l'ont fait flancher. « Le relatif optimisme des industriels nous pousse à prévoir une hausse de la production », selon Dorian Roucher. Mieux, dans le bâtiment, le moral des patrons est en franche amélioration depuis un an. Les permis de construire sont repartis à la hausse et après plusieurs années de disette, les ménages se remettent à investir dans le logement. Ce ne serait pas suffisant néanmoins pour que l'activité franchisse un nouveau palier.

Les chiffres clefs

L'investissement des ménages en logement devrait grimper de 0,6 % au cours des deux premiers trimestres de 2017 selon l'Insee.
Avec la stabilisation attendue du prix du baril de pétrole aux alentours de 50 dollars, l'indice des prix devrait grimper de 1 % à la fin juin 2017, ce qui rognera d'autant le pouvoir d'achat des Français.

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