L'euro signe la meilleure performance des devises du G10 cette année

Le 25.08.2017 par PIERRICK FAY

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L'euro est au plus haut depuis huit ans face à la livre et se rapproche du seuil symbolique de 1,20 dollar. De quoi préoccuper les banques centrales réunies à Jackson Hole.

« L'euro a signé la meilleure performance des monnaies du G10 cette année et le dollar la moins bonne », c'est le constat des analystes de Bank of America-Merrill Lynch. De fait, l'euro a repris 12% face au dollar en 2017 et se rapproche de 1,20 dollar. L'euro a aussi touché un nouveau plus haut depuis huit ans face à la livre sterling. « Il surfe sur les bons résultats inattendus et persistants de la zone euro pour dépasser la marge de fluctuation dans laquelle il évolue depuis deux ans (entre 1,05 et 1,15 dollar) », souligne le Crédit Suisse. BofA ML évoque d'autres raisons, comme « de bonnes nouvelles politiques en France et en Italie, les attentes autour d'un tapering [réduction du programme d'achats d'actifs] de la BCE, des flux extrêmement forts sur les actions européennes ». Mais pour la banque, le problème vient surtout des Etats-Unis, le dollar ayant perdu de sa superbe, en raison notamment de la « déception autour des promesses économiques de Donald Trump et de la publication de statistiques d'inflation décevantes ». Des raisons politiques, économiques et monétaires qui font que le dollar ne profite pas de l'augmentation de l'écart des taux à deux ans américains et allemands.

Tour de vis de la Fed ?

L'euro peut-il filer vers 1,20 dollar et au-delà ? Peut-il aussi se rapprocher de la parité avec la livre ? Si le sterling est considéré comme historiquement bon marché, ce qui pourrait constituer un soutien à court terme, il risque aussi de souffrir du différentiel de croissance qui s'installe entre la zone euro et le Royaume-Uni. Surtout, la livre n'est pas à l'abri d'un nouveau choc si les négociations sur le Brexit devaient mal tourner. L'idée d'une parité avec la monnaie unique fait son chemin dans les marchés. « C'est l'un des paris forts du moment », confirme Naeem Aslam chez ThinkMarkets.

Concernant le billet vert, les avis divergent davantage. Credit Suisse estime que l'euro-dollar s'approche de sa juste valeur, estimée à 1,20 dollar. Selon la banque, d'ici à 12 mois, le risque est plus d'assister à « une reprise modérée du dollar ». Un pari que pourrait prendre aussi BofA ML, qui pointe le fait que « le marché ignore la prochaine réduction du bilan de la Fed et n'anticipe pas assez de hausse de taux ». Les investisseurs font l'hypothèse d'un tour de vis d'ici à la fin de 2018, alors que la Fed en prévoit 3 ou 4. Inversement, BofA souligne que la BCE ne « réduira ses achats d'actifs que très lentement à partir de cet automne ».

JP Morgan anticipe quant à lui un cours de 1,20 dollar à la fin d'année, contre 1,16 dollar précédemment. « L'inflation américaine continue de surprendre négativement et ce depuis cinq mois - ce qui n'est arrivé qu'une seule fois au cours des vingt dernières années. » Ce qui maintient les taux obligataires à des niveaux bas. « Ensuite, la cote de popularité de Donald Trump a chuté en raison de plusieurs faux pas, ce qui maintient le risque d'un débat compliqué sur le plafond de la dette avec le Congrès à la fin des vacances parlementaires. » La banque suggère même « une cible à 1,25 dollar pour le troisième trimestre 2018 ».

La question serait de savoir quelle serait alors la réaction de la BCE. Les « minutes » de la réunion de juillet montrent que le phénomène commence à préoccuper ses membres. La hausse de l'euro est perçue comme la plus grande menace aux efforts de la BCE pour relancer l'inflation en zone euro. Mario Draghi sera de ce fait très attendu lors du symposium de Jackson Hole. Ce pourrait être un premier test sur la voie des 1,20 dollar pour un euro.

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