L'exécutif s'engage à baisser la pression fiscale dès 2018

Le 10.07.2017 par RENAUD HONORE

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La réforme de l'ISF devrait entrer en vigueur dès 2018, ainsi qu'une partie des exonérations de taxe d'habitation.

Quel gouvernement ne s'est pas retrouvé empêtré dans une polémique sur les impôts, de la « cagnotte » de Lionel Jospin au « ras-le-bol fiscal » de François Hollande ? L'exécutif d'Edouard Philippe a tenté ce week-end d'échapper à cette malédiction et aux reproches qui commençaient à grandir depuis quelques jours, en brandissant des chiffres importants de baisses d'impôt pour 2018. Les prélèvements obligatoires vont baisser « d'environ 7 milliards d'euros », a assuré le Premier ministre lors de la convention de La République En marche, samedi. « Je suis convaincu qu'on peut à la fois baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et pour les entreprises. Je pense qu'on peut faire les deux en même temps », a renchéri dimanche Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

Des mesures de Hollande

 « Il fallait arrêter cette petite musique de plus en plus forte, qui évoquait de façon erronée une hausse des prélèvements obligatoires pour l'an prochain », décrypte-t-on à Matignon. Il faut dire que la semaine avait été marquée par les annonces de report à 2019 de plusieurs baisses d'impôt promises par le candidat Emmanuel Macron (réforme de l'ISF, taux de prélèvement unique sur le capital autour de 30 %, bascule du CICE en baisse pérenne des charges et exonérations de taxe d'habitation), et des fortes hausses du prix du tabac ou de la fiscalité écologique.

Face à ces critiques, le chef de l'Etat a décidé finalement ce week-end, selon nos informations, de mettre en oeuvre une partie de ces mesures dès 2018. A savoir la réforme de l'ISF et une première tranche d'exonérations de la taxe d'habitation pour les ménages. « Le président souhaite que ce qu'il a appuyé durant la campagne soit mis en oeuvre rapidement », indique une source gouvernementale.

Outre ces décisions, la baisse des impôts viendra de mesures décidées par François Hollande en 2016. Si l'exécutif actuel critique beaucoup l'héritage budgétaire de son prédécesseur, il se garde bien de revenir sur ces décisions. « C'étaient des mesures non financées, des chèques en bois. Nous faisons en sorte qu'elles puissent se réaliser », justifie-t-on à Matignon.

Dans le détail, il s'agit de la montée en charge du CICE avec le passage du taux du crédit d'impôt de 6 à 7 % (de la masse salariale entre 1 SMIC et 2,5 SMIC), à quoi on peut également ajouter le crédit d'impôt nouvellement créé sur le même modèle au bénéfice des associations. Cela représente environ, selon nos informations, 4,5 milliards d'euros. Toujours pour les entreprises, le passage du taux de l'impôt sur les sociétés à 28 % devrait coûter environ 1 milliard. Ce à quoi il faut ajouter, pour les ménages, environ 1,1 milliard d'euros dépensé dans l'extension aux personnes retraitées non imposables du crédit d'impôt pour les services à la personne. De quoi aboutir aux « environ 7 milliards », d'autant plus si l'on ajoute les mesures d'attractivité assez peu coûteuses (allégement de la taxe sur les salaires et de la TTF) dévoilées vendredi.

Le taux de prélèvements en baisse de 0,3 à 0,4 % de PIB

 « La réalité est qu'on va vers une baisse du taux de prélèvements obligatoires en 2018 très significative, comprise entre 0,3 % et 0,4 % de PIB », souligne une source gouvernementale. Si ces chiffres se confirmaient, cela aboutirait à infléchir nettement ce taux, quasi stable depuis trois ans, à 44,3 % du PIB.

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