L'or galvanisé par l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche

Le 01.02.2017 par MURYEL JACQUE

logo les échos

envoyer un email envoyer un email

En janvier, les cours ont grimpé de plus de 5 %, leur plus forte hausse depuis juin et le vote sur le Brexit.

L'or n'avait pas connu une telle performance mensuelle depuis que les Britanniques ont opté pour le Brexit en juin dernier. Le métal précieux vient de reprendre plus de 5 % en un mois (il avait engrangé plus de 8 % en juin 2016). Cette hausse tranche avec la chute des trois mois précédents au cours desquels l'or avait lâché 13 %. Elle est en outre bien supérieure aux gains accumulés en moyenne en janvier sur les quinze dernières années (+3,3 %), note la Société Générale.

Pour expliquer ce mouvement, les spécialistes du métal se tournent immédiatement vers les Etats-Unis. Car l'incertitude, générée par la présidence de Donald Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche, il y a dix jours, et les premières mesures mises en place par son administration ont saisi le marché. Chez les investisseurs, l'aversion au risque a été exacerbée ces derniers jours par le tollé qui a suivi le décret anti-immigration, puis le limogeage de la ministre américaine de la Justice. Conséquence, ils sont revenus sur le marché de l'or, attirés par l'image « refuge » régulièrement prêtée au métal en temps de désarroi. Les cours de l'or ont ainsi pris plus de 2 %, rien que sur les trois dernières séances de janvier.

Baisse récente du dollar

Les investisseurs ont aussi retrouvé le chemin des fonds indiciels cotés adossés à l'or, les ETP (pour « exchange traded products »), qu'ils avaient délaissé fin 2016. Les dix fonds les plus recherchés en janvier ont attiré près de 1,6 milliard de dollars, selon Bloomberg. La baisse récente du dollar (devise dans laquelle la matière première est libellée) contre un panier de devises joue aussi en faveur de l'or. « Trump a fait savoir que le dollar américain était trop fort par rapport au yuan chinois, souligne Robindranath Bhar, analyste à la Société Générale, tandis que Janet Yellen [la présidente de la banque centrale américaine, NDLR] a laissé entendre que le resserrement monétaire de la Réserve fédérale devrait se faire "progressivement dans le temps". Deux commentaires qui soutiennent le métal », explique l'expert.

Pour leur part, les grands pays consommateurs d'or que sont la Chine et l'Inde gardent les yeux rivés sur l'évolution des cours. L'an passé, avec la hausse de près de 10 % du métal précieux, ils ont déjà réduit leurs achats. En Inde particulièrement, où la démonétisation a chamboulé le pays, la demande d'or a plongé au plus bas depuis treize ans, d'après Thomson Reuters GFMS. Conséquence de la perte d'appétit de ces deux géants, la fabrication de bijoux en or au niveau mondial - le premier segment de la demande physique du métal -, a chuté de plus de 20 % en un an.

envoyer un email envoyer un email

Découvrez les articles sur le même sujet

Le 20.12.2016 par logo les échos

Ce qui va guider la Bourse en 2017

Trump a suscité beaucoup d'espoir. Les banques centrales s'effacent peu à peu. Le risque politique persiste. L'année 2017 pourrait encore réserver son lot de surprises, bonnes ou mauvaises,...

Le 13.06.2017 par logo les échos

L'or profite des incertitudes géopolitiques

Brexit, Moyen-Orient… l'instabilité favorise l'actif refuge. L'once d'or était la semaine dernière au plus haut depuis novembre.

Le 31.05.2017 par logo les échos

Zone euro : Bruxelles propose des pistes pour relancer la convergence des économies

L'objectif est d'achever l'Union économique et monétaire d'ici 2025. Parmi les propositions les plus fortes, la création d'un nouvel instrument de dette commune et une capacité budgétaire...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une navigation optimale et bénéficier de contenus et services adaptés.

×