L'or profite des incertitudes géopolitiques

Le 13.06.2017 par MURYEL JACQUE

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Brexit, Moyen-Orient… l'instabilité favorise l'actif refuge. L'once d'or était la semaine dernière au plus haut depuis novembre.

L'or a flirté la semaine dernière avec les 1.300 dollars. C'est un niveau que le métal précieux n'avait pas fréquenté depuis le mois de novembre. En un seul mois, à Londres et à New York, le prix de l'once a grimpé de près de 5 %. Les spécialistes de l'analyse graphique ont fait un constat clair : l'or a même réussi à s'extraire d'une zone. Désormais, avec un gain de 11 % depuis le début de l'année, le métal jaune s'impose comme l'un des grands gagnants au sein du secteur des matières premières (aux côtés du palladium, qui a touché vendredi un plus haut depuis 2001).

L'incertitude sur le Brexit et ses conséquences pour l'Europe, les doutes sur la présidence américaine de Donald Trump ou, depuis quelques jours, l'escalade de la crise dans le Golfe… Le fameux statut de valeur refuge de l'or a joué pleinement. « La demande de métal en tant qu'outil de diversification et de couverture contre les risques politiques et économiques demeure », appuie Ole Hansen, le responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank. Les investisseurs ont donc à nouveau misé sur les fonds indiciels cotés adossés au métal précieux : en milieu de semaine dernière, le volume d'or détenu via les ETP (pour « Exchange Traded Products » a augmenté de 14,5 tonnes, un bond sans égal en une seule journée depuis juillet 2016. Le plus gros de ces fonds, le SPDR Gold, lui, est désormais au plus haut de l'année.

Un Brexit encore flou

Vendredi, le résultat mitigé des élections législatives au Royaume-Uni est venu donner un coup de pouce supplémentaire à l'or en livres sterling, qui a grimpé de 2 % alors que la monnaie britannique décrochait. « La confiance du marché dépend maintenant de la rapidité avec laquelle un nouveau gouvernement peut être formé. Or, avec une autorité réduite, il sera difficile pour le gouvernement de faire beaucoup et l'incertitude risque de dominer aussi longtemps que la situation reste incertaine », estime Mark Burgess, Chief Investment Officer Emoa et responsable marché actions de Columbia Threadneedle Investments. « L'incertitude politique s'est accrue, confirme l'économiste Fabrice Montagné chez Barclays, les négociateurs britanniques iront à Bruxelles sans un agenda clair car le consensus au sein du Parlement quant au type de Brexit reste vague. Sans un mandat clair, le Brexit demeure toujours aussi "indécis". »

En dollars, l'or avait touché son niveau le plus élevé depuis novembre trois jours plus tôt, en pleine accélération de la crise qui secoue le Moyen-Orient : les investisseurs s'inquiètent de l'accélération du conflit diplomatique entre le Qatar et plusieurs de ses voisins du Golfe ainsi que l'Egypte et le Yémen. Accusant Doha de complaisance envers les groupes terroristes, ils ont fermé toutes leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres. « Deux attaques terroristes se sont produites dans la capitale iranienne, ajoutent les analystes de Commerzbank. Même si le groupe Etat islamique était probablement derrière ces attentats, l'Iran tient aussi l'Arabie saoudite en partie responsable. Il existe par conséquent un risque d'escalade des tensions entre ces deux puissances dominantes de la région, au-delà de la crise latente qui touche l'émirat du Golfe et le Qatar. »

Encore un bel avenir

Après la récente forte hausse des cours de l'or, Commerzbank fait remarquer que les investisseurs spéculatifs ont pris leurs bénéfices sur le marché depuis jeudi. « Il n'y a pas eu de réelle surprise de la part de la Banque centrale européenne (BCE) » lors de sa dernière réunion, justifient les analystes de la banque allemande. A court terme, la Réserve fédérale (Fed) pourrait aussi jouer les trouble-fête dans l'ascension de l'or, alors que la banque centrale américaine pourrait relever ses taux mercredi.

Mais les derniers sondages réalisés par Bloomberg auprès des professionnels du marché prédisent un beau second semestre au métal. Sur 15 personnes interrogées, 12 imaginent un cours plus élevé encore d'ici à la fin de l'année, avec une moyenne de 1.350 dollars. Les producteurs se montrent également optimistes, à l'instar de l'australien Westgold Resources, qui voit l'once atteindre 1.400 dollars.

Fonds indiciels cotés adossés à l'or
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