La Bourse de New York fait les yeux doux aux entreprises européennes

Le 08.02.2017 par ELSA CONESA

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Reprise par ICE en 2013, la Bourse de New York espère profiter du Brexit pour attirer les sociétés européennes.

Le 24 juin, jour du Brexit, l'ambiance dans l'immense salle à structure métallique de la Bourse de New York était calme. Les 700 traders en veston bleu qui officient sur le « floor » de l'une des plus anciennes Bourses du monde étaient « inquiets, mais pas paniqués », raconte a posteriori Kenny Polcari, courtier au New York Stock Exchange (NYSE) et chroniqueur sur CNBC. « Le NYSE était prêt pour ce qui s'annonçait comme un jour difficile », conclut-il fièrement. De fait, moins d'un an après le référendum britannique, les dirigeants de la Bourse new-yorkaise se rappellent moins l'événement comme un séisme que comme une opportunité. « Le Brexit est clairement une chance pour nous », explique John Tuttle, le responsable des cotations au NYSE, qui espère inciter les entreprises européennes à venir lever de l'argent outre-Atlantique. « Ce que les investisseurs et les entreprises veulent, c'est une certitude sur l'environnement réglementaire au cours des quatre prochaines années. Il y a de l'incertitude aux Etats-Unis, mais, par rapport à ce qui se passe ailleurs, c'est beaucoup plus stable. »

New York est de fait l'une des seules places financières disposant des infrastructures nécessaires pour concurrencer Londres. « Pour les entreprises cherchant une place de cotation internationale, on ne fait pas beaucoup mieux que Londres, New York ou Hong Kong, explique Michael Wong, analyste chez Morningstar. Le Brexit va provoquer beaucoup d'incertitudes sur les marchés, et il pourrait y avoir des difficultés techniques ponctuelles. Cela peut jouer en faveur du NYSE. »

Sur près de 2.500 entreprises cotées à la Bourse de New York, environ 20 % sont étrangères. Le Canada, la Chine, le Royaume-Uni et le Brésil sont les pays les plus représentés - seules six entreprises françaises sont cotées à New York. « L'Europe est la région la plus présente après le Canada, insiste Alexandre Ibrahim, responsable des marchés internationaux. Nous avons attiré beaucoup d'entreprises européennes et nous en avons d'autres dans les tuyaux. »

Pas de concurrence frontale

Si le NYSE n'entend pas concurrencer frontalement les Bourses européennes, qui resteront les places de cotation naturelles pour les entreprises du Vieux Continent, il espère devenir l'endroit privilégié pour une deuxième cotation. « Les places européennes ont une grande liquidité, mais le marché américain est bien plus profond, fait valoir Alexandre Ibrahim. Les volumes que nous traitons ici sont sans commune mesure avec ceux qu'on voit en Europe. » Une cotation à Wall Street permet aussi de « diversifier la base d'actionnaires, poursuit-il. A Paris, une entreprise se retrouve immanquablement entre les mains des mêmes quelques grands investisseurs ».

Attirer des entreprises étrangères est devenu un axe de développement stratégique pour le NYSE, dont la part de marché sur les actions aux Etats-Unis s'est effondrée dans un environnement devenu très concurrentiel. Comme le Nasdaq, son grand rival, il espère aussi séduire les entreprises chinoises rebutées par la lourdeur et la complexité d'une cotation domestique. Le NYSE a ouvert un bureau de représentation à Pékin en 2008 et gagné un premier trophée, resté dans toutes les mémoires : la cotation d'Alibaba en 2014, plus grosse introduction en Bourse de tous les temps, pour 25 milliards de dollars.

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