La tactique pour échapper au futur malus de 10 %

Le 25.11.2016 par ROSELYNE POZNANSKI

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A compter de 2019, les générations nées à partir de 1957 pourront voir leur retraite complémentaire minorée pendant trois ans. Explications.

On le sait désormais : les salariés cadres (4 millions de personnes, fin 2015) et non cadres (18 millions de personnes, fin 2015) du secteur privé (commerce, services et industrie) verront leurs retraites complémentaires Arrco et Agirc minorées de 10 % durant trois ans, à compter du 1er janvier 2019.

Pénalisant pour les cadres

Certes, ce « malus » ne va s'appliquer qu'aux générations nées en 1957 ou après. Certes, il ne sera effectif que temporairement… Mais il sera d'autant plus pénalisant que la part des complémentaires dans la pension de retraite globale est très importante : de 30 % à 35 % pour les non-cadres, mais pas moins de 55 % à 60 % pour les cadres (source : Agirc-Arrco, 2016) !

Pour y échapper, la première solution sera de travailler au-delà de sa date de taux plein, de façon à cotiser 4 trimestres calendaires en plus : les retraites complémentaires seront alors versées non pas à 90 %, mais à 100 %, sans minoration ou majoration, comme c'est le cas aujourd'hui pour n'importe quel salarié qui liquide ses retraites à taux plein. La seconde option consiste à accepter de liquider ses retraites avec une décote (retraite de base) et une minoration (retraites complémentaires) « car abstraction faite des salaires que l'on peut continuer de percevoir tant que l'on est dans l'emploi, plus on liquide tôt, plus le temps d'amortissement des retraites perçues avant l'âge du taux plein ou un an après cet âge du taux plein, si l'on souhaite échapper au malus temporaire de 10 %, est long », souligne Pascale Gauthier, directrice associée chez Novelvy Retraite.

Décote en pratique

Pour bien comprendre, prenons l'exemple de Dominique, ingénieur cadre né en septembre 1957, auquel il manquera 4 trimestres à l'âge légal.

S'il demande ses pensions à 62 ans, en octobre 2019, il percevra de façon viagère 3.831 euros par mois, du fait de la décote et du coefficient de minoration, car il n'a pas liquidé à taux plein. S'il décale d'un an cette liquidation, il liquide alors à taux plein. Sa retraite nette passera à 3.859 euros par mois les trois premières années (compte tenu du malus temporaire sur ses retraites Agirc/Arrco, égal à 302 euros par mois), puis à 4.133 euros par mois de façon viagère. Si l'on suppose qu'il décède juste après ses soixante-dix ans, il aura perçu un total de 367.776 euros durant huit ans dans la première hypothèse, et un total de 337.308 euros (138.924 euros durant trois ans + 198.384 euros durant quatre ans) dans la seconde.

S'il décède juste après soixante-quinze ans, ces totaux passent respectivement à 597.636 euros durant treize ans et à 585.288 euros (138.924 euros durant trois ans + 446.364 euros durant neuf ans) durant douze ans.

Enfin, s'il décède à quatre-vingts ans, il aura perçu d'une part un total de 827.496 euros durant dix-huit ans et d'autre part un total de 833.268 euros (138.924 euros durant trois ans + 694.344 euros durant quatorze ans) durant dix-sept ans, soit seulement… 5.772 euros en plus !

Dernier point à prendre en compte pour se décider, surtout si l'on envisage de travailler à nouveau : dans le premier cas (62 ans mais retraite avec décote), les nouveaux revenus seront plafonnés, car les retraites n'ont pas été liquidées à taux plein, tandis que, dans le second cas (liquidation à l'âge légal et à taux plein), ils ne le seront pas !

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