Le débat s'ouvre à l'Assemblée sur un budget à l'équilibre contesté

Le 17.10.2017 par INGRID FEUERSTEIN

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L'examen du premier projet de loi de finances du quinquennat Macron commence ce mardi à l'Assemblée. Pour mieux cerner les enjeux, le cabinet Fidal a réalisé pour « Les Echos » des simulations sur l'impact à l'horizon 2020 de l'ensemble des mesures fiscales pour différents types de ménages.

« Budget de riches », « budget injuste » ou « de transformation » ? Le premier projet de loi de finances de l'ère Macron entame son parcours dans l'hémicycle à l'Assemblée sous le feu des critiques. « C'est un cadeau fiscal de 5 à 7 milliards d'euros qui ne rapportera rien au pays », dénonce Olivier Faure, chef de file des députés socialistes. A droite, Eric Woerth, président LR de la commission des Finances dénonce une « attaque en règle contre les retraités ».

Face à ces critiques, les députés de la majorité veulent dépasser le clivage entre ménages modestes et aisés et mettent en avant « l'équilibre » de ce budget et ses mesures pour relancer l'investissement tout en valorisant le travail. « C'est le budget de ceux qui travaillent et gagnent entre 1.200 et 2.500 euros par mois. C'est aussi le budget de ceux qui investissent dans l'économie française », affirme Olivia Grégoire, porte-parole du groupe La République En marche (LREM) à l'Assemblée et membre de la commission des Finances.

Pour mieux cerner les enjeux, le cabinet Fidal a réalisé pour « Les Echos » des simulations sur l'impact à l'horizon 2020 de l'ensemble de ces mesures fiscales pour différents types de ménages. Elles montrent en effet le gain massif pour les détenteurs d'actifs financiers.

C'est le cas de ce cadre dirigeant, qui pourrait gagner plus de 13.000 euros grâce à ces réformes. « Sur les rémunérations élevées, l'effet est monumental, souligne Gaëlle Menu-Lejeune, associée chez Fidal. Le prélèvement forfaitaire unique est pour certains même plus avantageux que la suppression de l'impôt sur la fortune. »

A l'inverse, les retraités ayant investi dans l'immobilier sont moins bien lotis, surtout pour ceux qui resteront dans le champ de l'impôt sur la fortune immobilière. Pour les classes moyennes et les plus modestes, c'est surtout la suppression de la taxe d'habitation qui joue à plein.

Une lisibilité brouillée

Quant aux classes moyennes supérieures, l'effet du programme de Macron est plus diffus. « Certaines mesures se compensent à la hausse ou à la baisse, ce qui nuit à leur lisibilité », relève Gaëlle Menu-Lejeune. Ces ménages ne seront plus éligibles à l'exonération de la taxe d'habitation mais pourront tirer parti du transfert de cotisations salariales sur la CSG. A condition d'être salarié du privé, car les fonctionnaires ne gagneront pas en pouvoir d'achat, ni les indépendants gagnant plus de 4.000 euros par mois.

L'autre ligne de faille, que l'opposition ne manquera pas de souligner, c'est que les mesures visant les ménages modestes seront mises en oeuvre sur trois ans, alors que les baisses d'impôts profitant aux plus aisés interviendront dès 2018. C'est le cas de la réforme de l'ISF, pour la première fois sur la table depuis sa réintroduction en 1989.

Comment convaincre qu'il ne s'agit pas uniquement d'un « cadeau fiscal » et qu'à terme, ces sommes seront bien réinjectées dans l'économie française ? « Il faut assumer un budget de confiance », défend le député LREM, Stanislas Guerini, tout en rejetant l'idée de « flécher » cette épargne. « J'assume le fait d'arrêter d'orienter l'épargne des Français à coups de niches fiscales. Il faut sortir de la logique de fléchage systématique », explique-t-il. Quant aux indicateurs permettant de mesurer le succès de cette politique, Stanislas Guerini cite en exemple la part des fonds propres des entreprises sur le PIB. « Elle est de 50 % en France, contre 120 % aux Etats-Unis. Cela signifie que nous sommes dans une économie de rattrapage, pas d'innovation. Ce sont ces indicateurs qui marqueront le succès de notre politique. »

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