Le marché minier à l'aube d'un big bang

Le 16.02.2017 par LAURENCE BOISSEAU

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Selon McKinsey, le progrès générera des économies de coûts entre 900 et 1.600 milliards de dollars.

La technologie va bouleverser le monde des ressources naturelles. C'est toute l'industrie minière qui va être refaçonnée aussi bien au niveau de l'offre (la production) que de la demande (consommation). Telle est la conclusion d'une étude de McKinsey Global Institute publiée ce jeudi. Le cabinet de conseil aux entreprises estime que l'innovation technologique va générer, de fortes économies de coût au niveau mondial. Ces dernières seraient comprises, selon la rapidité avec laquelle ces progrès seront intégrés, entre 900 milliards de dollars et 1.600 milliards de dollars d'ici 2035, soit l'équivalent du PIB de l'Indonésie ou du Canada en fonction du scénario retenu.

Comment l'innovation permettra-t-elle concrètement de réaliser de telles économies ? D'abord, par la réduction de la consommation d'énergie. Grâce à de nouveaux outils intelligents, les hommes vont pouvoir agir sur leurs habitudes de consommation. Exemple parlant, celui de l'interrupteur intelligent qui va permettre d'éteindre l'électricité dès lors qu'il n'y aura plus personne dans la pièce. La réduction d'énergie passera aussi par de nouvelles manières d'utiliser des transports. Aujourd'hui, les transports représentent la moitié de la demande de pétrole. D'ici 2030, la mobilité sera autre : 15 % des nouveaux véhicules vendus dans le monde circuleront en produisant leur propre énergie.

Demande en cuivre

Autre voie par laquelle le progrès permettra de réaliser des économies de coûts, la baisse du prix des énergies renouvelables (éolien, solaire). En 2017, l'énergie solaire ne vaut déjà plus que 0,03 dollar par kWh, un 10e du prix d'il y a six ans. D'ici 2025, solaire et éolien devraient être compétitifs. Ils pourraient du coup représenter 36 % de l'offre totale d'électricité contre 4 % en 2017.

Dernière voie, la technologie va aider les producteurs miniers à améliorer leur productivité. Et ce, grâce notamment à l'utilisation des Big Data qui permettent de mieux repérer les sources d'énergie et de mieux les extraire, ou encore par le recours à des machines plutôt qu'à des hommes pour des tâches répétitives.

Du coup, ces avancées technologiques auront un impact important sur l'utilisation à venir des matières premières. « La demande en cuivre, tirée par l'utilisation des composants électroniques, devrait augmenter de 2 % par an. D'ici 2035, elle pourrait représenter 31 millions de tonnes contre 22 millions aujourd'hui », explique Jonathan Woetzel, directeur chez McKinsey. A l'inverse, la demande en pétrole et en charbon vont se tasser à l'avenir.

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