Les 3 mauvaises raisons de ne pas investir en actions

Le 20.07.2017 par MARIE-CHRISTINE SONKIN

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Mais pourquoi diable les Français sont-ils allergiques au placement en actions ? L'autorité des marchés financiers (AMF) s'est penchée sur leurs réticences… Pour éventuellement y remédier.

Après l'ère de « l'ennemi, c'est la finance », l'enjeu est semble-t-il, aujourd'hui, de détourner les Français de la « rente immobilière » pour les diriger vers une épargne considérée comme plus productive, en d'autres termes les actions. « Alors même que les besoins de constituer une épargne longue sont de plus en plus forts (anticipation de la retraite, dépendance, etc.), les placements en actions, qui constituent un choix avisé d'investissement long-terme, sont encore largement déconsidérés par les épargnants », souligne l'AMF.

Mais les épargnants, habitués à se contenter des placements dits sûrs, ne sont pas prêts à changer de cap.

Certes, selon l'enquête annuelle de Kantar TNS*, le taux de détention d'actions en direct et de placements collectifs a augmenté depuis un an. Mais cette augmentation est légère et elle intervient alors que ce taux était en baisse depuis plusieurs années.

Le taux de détention d'actions

  • Le taux de détention directe s'est établi à 7,6% en mars 2017 après avoir touché un point bas en 2016 (6,2%). Il représentait 13,8% fin 2008.
  • Le taux de détention globale d'actions, en direct ou dans des placements collectifs, a baissé continuellement entre 2008 et 2016 (7,6%). Mais il est remonté à 8,7% en 2017.

Les Français restent donc majoritairement rétifs à l'investissement en actions. L'AMF a mené des entretiens auprès de 18 épargnants âgés de 30 à 45 ans pour mieux comprendre leurs freins psychologiques.

1. Les épargnants surestiment les risques

Selon l'AMF, les épargnants sont averses au risque et surestiment les risques extrêmes de pertes. Elle remarque aussi que les dernières crises boursières et financières suscitent un surcroît de méfiance. En outre, les Français ne croient pas à la supériorité des placements en actions sur le long terme.

Or, l'AMF a calculé le rendement moyen de placements diversifiés en actions internationales constitués progressivement au moyen de versements mensuels.

Il ressort de ces calculs sur la période allant de janvier 1988 à février 2017 que le rendement annualisé de ces placements progressifs diversifiés a été, en moyenne, de 5,3% sur 20 ans, avant frais et fiscalité. Un bon argument, mais comme le rappelle l'AMF dans d'autres documents d'information pour le grand public, « les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».

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2. Ils pensent que l'épargne est bloquée

« Les sommes investies restent disponibles en cas de nécessité », rappelle l'AMF. C'est vrai car les valeurs mobilières sont particulièrement liquides. Reste que pouvoir retirer de l'argent à tout moment ou presque ne signifie pas que ces retraits sont sans risques. Si la vente de titres ou de parts de FCP s'effectue à un moment défavorable, l'épargnant peut certes toujours disposer de son argent mais il se verra contraint de prendre ses pertes.

Par ailleurs, pour échapper à une fiscalité actuellement dissuasive sur les valeurs mobilières, l'épargne en action est souvent placée via un contrat d'assurance-vie, un PEA ou PEA-PME. Dans le cadre du PEA ou de son petit frère pour PME, les retraits entraînent la clôture du plan si celui-ci a moins de huit ans. S'il a plus de huit ans, ces retraits ne provoquent plus la clôture mais interdisent de nouveaux versements. En termes de souplesse, on a vu mieux.

3. Ils croient qu'il faut disposer de grosses sommes et être expert

« Il est possible en pratique d'épargner régulièrement, avec de très petits montants, sur des fonds diversifiésen actions », rappelle l'AMF. En outre, les placements collectifs diversifiés (fonds et SICAV), gérés par des professionnels, offrent des solutions « clé en main » aux épargnants n'ayant ni le temps ni les connaissances pour investir eux-mêmes sur les marchés financiers.

« Dire que les actions offrent de bonnes garanties sur le long terme, sans pour autant cacher leur risque, est un exercice périlleux. Pour être crédible, le discours pédagogique doit être solide et prudent », conclut l'AMF.

 *Enquête annuelle, menée par voie postale. Plus de 12.000 Français de 15 ans et plus sont interrogés sur leur détention de produits financiers.

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