Les banques européennes moins exposées au risque souverain domestique

Le 01.03.2017 par ISABELLE COUET

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Les banques ont réduit leur exposition à la dette émise par leur propre Etat. En cas de tensions, elles ont un peu de marge pour apporter leur soutien.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mardi la conduite de « stress tests » pour mesurer l'incidence des variations de taux d'intérêt sur les banques. L'exercice conduit par la BCE, qui est chargée de la supervision des 110 plus gros établissements bancaires de la zone euro, « ne devrait pas entraîner de modification de la demande agrégée de fonds propres » et n'a d'autre but que d'évaluer pour chaque banque sa capacité de résistance aux chocs : violente hausse ou, au contraire, chute des taux. Dans tous les cas, l'institution souligne qu'elle ne s'appuie pas sur des « projections réalistes ».

Dans le contexte de marché actuel, se pose surtout la question de l'exposition des banques au risque souverain. Durant la crise de la dette de la zone euro, la détention d'emprunts d'Etat par les banques avait été un canal de transmission des turbulences, particulièrement lorsqu'elles étaient très exposées à la dette émise par leur propre Etat (on parle de « biais domestique »). L'augmentation des coûts de financement des Etats - qui induit une baisse de la valeur des obligations souveraines - et l'existence d'une prime de risque politique en France ou en Italie ne sont pas une bonne nouvelle.

2 % de leurs actifs

D'après un rapport d'UniCredit, basé sur les données de janvier produites par la BCE, les banques françaises détiennent 167 milliards d'euros d'emprunts d'Etat français, soit 10 % de l'encours (l'Agence France Trésor indique 7,7 % au troisième trimestre 2016). Ce montant représente une baisse d'environ 30 milliards en deux ans. Le biais domestique, c'est-à-dire la proportion de dette française sur le total de dette souveraine détenue dans leurs livres, s'élève à 70 %. Par ailleurs, les emprunts d'Etat français pèsent seulement 2 % de la totalité de leurs actifs.

Le biais domestique est plus élevé en Italie (92 % de l'exposition aux emprunts d'Etat) et en Espagne (83 %). En outre, la dette de l'Etat italien représente 10 % des actifs des banques transalpines, celle de l'Espagne, 8 % du portefeuille d'actifs de ses établissements, selon UniCredit. Le Portugal n'est pas loin derrière.

 « Sur les six derniers mois, la tendance a été à une réduction de l'exposition des banques à la dette émise par leur Etat, en particulier pour l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne », résume Luca Cazzaluni, chez UniCredit. « On peut aussi considérer que si les tensions de marché augmentaient, les banques auraient un peu de marge pour apporter un soutien. » C'est particulièrement le cas pour les établissements des pays du coeur et « semi-coeur » de la zone euro, dont la France. Un renforcement qui pourrait s'avérer bienvenu lorsque la BCE commencera à réduire ses achats de dette, à partir d'avril. A ce jour, la Banque de France (qui agit pour la BCE) détient environ 15 % du stock d'emprunts d'Etat français.

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