Les entreprises du CAC 40 ont distribué aux actionnaires 56 milliards en 2016

Le 10.01.2017 par PIERRICK FAY

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Le CAC 40 a distribué pour 55,7 milliards de dividendes et de rachats d'actions, un montant presque record. Un mouvement qui témoigne de l'amélioration de leur santé financière, notamment de celle des banques.

Année faste pour la rémunération des actionnaires. En 2016, les entreprises du CAC 40 ont distribué pas moins de 55,7 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachat d'actions, selon les calculs de la lettre Vernimmen.net. Ce n'est pas un record mais presque puisqu'elles se sont rapprochées des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. En 2015, elles n'avaient distribué que 43 milliards, dans la moyenne de ces cinq dernières années. Dans le détail, les stars du CAC 40 ont distribué 46,2 milliards de dividendes, en hausse de 13 % sur un an (une fois neutralisé le dividende exceptionnel de 3,7 milliards de Vivendi). « Cette progression est le reflet d'un meilleur niveau des résultats en 2015. Il n'y a plus qu'un groupe en perte (ArcelorMittal) contre quatre l'année précédente (ArcelorMittal, Alstom, Peugeot et Alcatel-Nokia) », constate Pascal Quiry. « Ces entreprises vont mieux qu'il y a quelques années, même si leur forme n'est pas éblouissante », les bénéfices 2016 restant encore en retrait de 7 % depuis 2010. Total, Sanofi et Vivendi restent les plus gros contributeurs en termes de dividende, alors que « ArcelorMittal rejoint Peugeot dans le club des abstinents du dividende au titre de 2015 ». Par ailleurs, les entreprises du CAC 40 ont fortement augmenté leurs rachats d'actions, de 5,2 milliards à 9,5 milliards d'euros.

Sanofi reste le plus gros contributeur avec 6,66 milliards d'euros, devant Total (5,9 milliards) et Vivendi (5,57 milliards). A eux trois, ils représentent un tiers des versements. Derrière, le trou est fait puisque BNP Paribas n'a rendu « que » 2,877 milliards. En 2007, le trio de tête se composait de Total (6 milliards), BNP (5 milliards) et AXA (4,3 milliards). Un changement de leadership qui traduit le déclassement des banques, au coeur de la crise financière et contraintes par un mouvement croissant de régulation. Elles ont en partie cédé leur place à L'Oréal, LVMH, Schneider et Airbus, passés en neuf ans de 6 à 14 % du volume distribué, « du fait d'une progression régulière de leurs activités dans la profitabilité ».

Des capitaux réinvestis

 BNP Paribas et AXA restent quand même dans le Top 5. « Elles sont en fin de phase de reconstitution de leur capacité financière et devraient pouvoir augmenter leur distribution à l'avenir », estime Pascal Quiry. Mais elles auront peut-être du mal à retrouver leur générosité d'avant-crise. « Cela dépendra des résultats, qui ont été plutôt bons. La croissance de l'activité des banques est une bonne chose pour l'économie et les banques doivent, en face de cette activité de crédit, augmenter leurs capitaux propres. Cela pourrait entraîner une modération par rapport à ce qu'elles sont capables de verser en dividendes ou rachats d'actions. »

En 2017, les dividendes distribués par le CAC 40 au titre de 2016 pourraient encore progresser, au vu de la hausse de 11 % des profits au premier semestre. Mais le niveau de « pay out » (taux de distribution des bénéfices) atteint un niveau déjà extrêmement élevé : 57 % contre 51 % l'an dernier. Ce qui peut interpeller sur l'utilisation que ces entreprises font de leur bénéfice. Pascal Quiry rappelle le « rôle sain » des retours aux actionnaires qui permettent « à l'argent de circuler depuis les entreprises qui ont suffisamment de capitaux propres vers celles qui ont besoin de se financer et notamment les PME et ETI. Car la plupart des actionnaires réinvestissent cet argent une fois leurs impôts payés. Ils n'achètent pas de gros cigares avec… ». Et de citer l'exemple de la famille Bettencourt, qui a créé un fonds de 500 millions d'euros qui réinvestit les dividendes de la famille dans des PME. Seul bémol, près de la moitié des dividendes sont versés aux investisseurs étrangers.

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