Les pharmaciens négocient leur nouveau modèle économique

Le 23.02.2017 par SOLVEIG GODELUCK

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L'Assurance-maladie veut ponctionner la marge réglementée pour financer les nouveaux honoraires.

Après les médecins et les dentistes, c'est au tour des pharmaciens de négocier leur rémunération avec l'Assurance-maladie. La convention pharmaceutique arrive à échéance début mai et un nouvel accord pour cinq ans doit être trouvé d'ici là. L'objectif partagé avec les syndicats représentatifs est de limiter l'impact de la baisse du prix des médicaments (orchestrée par les pouvoirs publics) sur la marge des officines. Lors de la première séance de discussion, mercredi, l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie (Uncam) a tracé les grandes lignes d'une réforme du mode de rémunération des professionnels.

Selon l'Uncam - mais ses chiffres sont contestés par les syndicats -, la marge des pharmaciens a cessé de se dégrader en 2016. Elle a crû au total de 1,2 %, après deux années de baisse, pour atteindre 6,67 milliards d'euros, son niveau de 2013. La nouveauté, c'est que la rémunération perçue sur les médicaments remboursables remonte de 1 % à 5,30 milliards. C'est la conséquence de l'introduction d'honoraires dans la rémunération des pharmaciens en 2015, afin que leur revenu dépende moins du prix des médicaments. Une nécessité pour continuer à faire des économies sur le dos des laboratoires sans détruire le maillage des 22.000 officines. Le ministère a donné pour instruction à l'Uncam d'accentuer ce changement de modèle économique et - cela va de pair - de renforcer les missions de conseil et d'accompagnement des pharmaciens, tout en ciblant une partie de l'aide vers les officines en zone sous-dense.

Prudence des syndicats

Le nouvel honoraire de dispensation (1,02 euro par boîte), qui pèse déjà 2,68 milliards d'euros, pourrait être de nouveau renforcé, en prélevant à son profit 10 % de la marge réglementée (500 millions d'euros), 15 %, voire 20 % (1 milliard), a exposé l'Uncam. Prudents, les syndicats préfèrent qu'on ne réduise pas leur marge traditionnelle, mais qu'on se contente de compenser sa fonte incoercible. Pour Nicolas Revel, le patron de l'assurance maladie, il faut au contraire un vrai changement de modèle. « Notre premier objectif est de stopper la chute des revenus, et dans un deuxième temps de créer un potentiel de hausse sur lequel je ne pense pas que nous ayons vocation à nous engager sur des objectifs financiers a priori », explique-t-il. Nicolas Revel n'a pas fermé la porte à la création d'un honoraire minimum, que les syndicats réclament dans les cas où la marge plus l'honoraire perçus à l'occasion d'une dispensation de médicament sont inférieurs à 3-3,50 euros. Un filet de sécurité. Mais le patron de l'Assurance-maladie veut en profiter pour mettre en avant les objectifs de santé publique : « Pour nous, il est intéressant de valoriser la dispensation de médicaments sensibles à des patients fragiles, âgés ou chroniques. »

De nouveaux honoraires pourraient cibler les « médicaments spécifiques » chers ou dangereux (chimiothérapies orales, stupéfiants, etc.)… mais Nicolas Revel est prêt à aller encore plus loin, en ajoutant les médicaments que consomment les malades chroniques, les antibiotiques, les antidépresseurs, etc.

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