Matières premières : un rebond inattendu après cinq années de débâcle

Le 26.12.2016 par MURYEL JACQUE

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L'accord de l'Opep et l'élection de Donald Trump ont fait du pétrole et des métaux de base les vedettes de 2016. La remontée de l'or s'est dégonflée avec la perspective de hausse des taux et l'envolée du dollar.

C'est une reprise sur laquelle très peu auraient parié au début de l'année. La plupart des marchés des matières premières ont entamé en 2016 une remontée, parfois impressionnante. Pourtant, chacun des segments - énergie, métaux ou agriculture - comptait dans ses rangs des « commodities » au tapis, avec des cours au plus bas depuis cinq, sept, voire dix ans. Au final, seule une poignée d'entre elles ont baissé, toutes des matières premières agricoles : le maïs, le blé à Paris comme à Chicago, le riz à Chicago (un petit marché), le bétail, également coté aux Etats-Unis, et le cacao. Les prix mondiaux de l'ingrédient phare du chocolat , tout autant que ceux des céréales, sont sous pression. La raison ? Des récoltes ou des perspectives de récolte particulièrement bonnes, alors que les stocks sont déjà bien remplis.

Au-delà de ces rares baisses, le tableau annuel montre un vrai regain d'intérêt des investisseurs pour les matières premières, après cinq années de déshérence. Plusieurs grandes banques sont même redevenues positives sur le secteur, Goldman Sachs et Citigroup, notamment, recommandent de nouveau à leurs clients de s'intéresser au sujet, estimant que ces marchés sont désormais « à un tournant ». Le pire serait donc passé, même si on demeure loin d'une redite de ce que certains ont appelé le « supercycle » des matières premières des années 2000. Après avoir chuté de 17 % en 2014 puis de 25 % encore en 2015, l'indice Bloomberg des matières premières (« total return ») affiche un rebond de près de 10 %, à quelques jours de la fin de 2016.

Le pétrole a occupé le devant de la scène. L'accord arraché par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour réduire leur production et rééquilibrer le marché, et le soutien affiché de plusieurs grands producteurs non membres, Russie en tête, ont fait progresé les cours de l'or noir de près de 50 %… loin de leur plus bas niveau depuis douze ans touché en février. Et 2017 sera sans nul doute une nouvelle année « pétrole », pour le meilleur ou pour le pire, en fonction de la concrétisation ou non de cet accord à laquelle certains spécialistes ne croient guère .

2016 a aussi vu le retour en grâce des métaux, en particulier industriels. Cuivre, zinc, étain, nickel, plomb et aluminium, les six métaux cotés sur le London Metal Exchange (LME) ont gagné entre 14 % et plus de 60 %. « L'optimisme sur la demande future, qui a eu pour conséquence d'alimenter les achats spéculatifs, s'est avéré une force motrice du rally des prix de nombreux métaux industriels », explique Caroline Bain, économiste chez Capital Economics. Et si le Brexit, l'un des grands « chocs » de l'année, n'a pas marqué les marchés des « commodities », l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis - et son ambition pour les infrastructures du pays avec un programme à 1.000 milliards de dollars - a servi de tremplin aux métaux et aux minerais. Les cours du cuivre et du fer ont ainsi bondi de plus de 20 % en novembre , tandis que le zinc était propulsé à un pic depuis neuf ans. 2016 se termine toutefois mal pour l'or. Depuis la victoire de Trump, il a chuté de plus de 10 % . La remontée du dollar et la perspective des hausses de taux d'intérêt outre-Atlantique l'ont nettement freiné. Les investisseurs, eux, ont commencé à retirer l'argent qu'ils avaient placé dans les ETF adossés au métal précieux. Un mouvement qui pourrait se poursuivre en 2017.

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